"Il est absolument indispensable de faire revenir tous les élèves en présentiel pour des raisons à la fois pédagogiques et psychologiques, notamment pour les plus jeunes, les plus vulnérables, ceux qui ont décroché passivement ou activement, les élèves fréquentant l'enseignement qualifiant", a indiqué Mme Désir.

La ministre francophone de l'Education, ainsi que ses collègues des autres Communautés, auraient souhaité en réalité que cette rentrée puisse se faire le 3 mai déjà. Mais sur base de l'avis des experts sanitaires, prudents face à la lente diminution des transmissions en Belgique, il a finalement été décidé de reporter ce retour à 100% en présentiel d'une semaine.

"D'ici à la date du 10 mai, à cadence inchangée, nous aurons vacciné au moins 600.000 personnes supplémentaires, soit certainement une large majorité des plus de 55 ans et une partie des plus de 45 ans et nous aurons protégé les plus vulnérables. Par ailleurs, nous aurons à ce moment-là déployé des autotests pour prévenir mieux les clusters, en plus du testing PCR classique", selon Caroline Désir.

Ces éléments seront transmis mercredi aux membres du Comité de concertation (CodeCo) qui doivent se réunir électroniquement à 16h00.

Depuis fin octobre dernier déjà, lors de la seconde vague de la pandémie, tous les élèves à partir de la 3e secondaire sont soumis à un enseignement dit "hybride", fait d'une moitié de cours à distance et d'une autre moitié en classe.

Destiné à n'être que provisoire, cet enseignement hybride aura finalement été mené pendant plus de 18 semaines, accroissant la démotivation des élèves, minant leur moral tout en creusant davantage les inégalités sociales.

Ce décalage d'une semaine d'un retour à 100% en présentiel permettra également aux écoles de n'avoir à organiser qu'une demi-semaine, puisqu'elle inclut deux jours de congés pour l'Ascension. Il n'y aura donc que deux jours et demi de cours.

La première semaine complète de cours à 100% en présentiel sera donc celle du 17 mai.

Ce retour à la normale était préconisé depuis des mois déjà par les pédiatres et pédo-psychiatres, ainsi que diverses associations.

Les syndicats enseignants très mitigés

"Je suis mitigé", a réagi mercredi Roland Lahaye (CSC-Enseignement), interrogé par Belga. "D'un côté, on peut évidemment se réjouir qu'on constate un plateau au niveau des contaminations qui permet un retour en présentiel, mais d'un autre côté, on reste dans une situation où les enseignants manquent de confiance. Les mesures de sécurité ne sont pas appliquées correctement dans toutes les écoles. Et nous regrettons aussi que le politique n'ait pas fait des enseignants une priorité de vaccination. On administre librement des vaccins à Ronquières, mais, à nous, on nous dit qu'on n'a pas assez de vaccins pour les profs!", tonne le syndicaliste.

Du côté de la CGSP-Enseignement, on n'est guère plus positif. " Je ne pense pas du bien de cette reprise", confie son président, Joseph Thonon. "Nous aurions préféré que l'hybridation se poursuive jusqu'au 30 juin. En reprenant le 10 mai, on va avoir au total 17 jours de cours en présentiel pour les élèves. Pour eux, c'est bien, mais pour les enseignants, c'est prendre un risque sanitaire important pour 17 jours à peine. On va remettre jusqu'à 25 ados dans une même classe, côte à côte. Or, plus on est âgé, plus on peut être contaminant"", souligne M. Thonon.

Celui-ci n'exclut d'ailleurs pas des actions de mécontentement des enseignants, sans aller jusqu'à la grève toutefois.

Au Setca-SEL, le syndicat socialiste pour tout l'enseignement libre, l'inquiétude est aussi de mise après l'annonce d'une reprise complète le 10 mai.

"Deux experts sanitaires, à savoir Geert Molenbergs et Erika Vlieghe, ont participé à la réunion de ce mercredi, et ceux-ci ont bien souligné la nécessité absolue de bien respecter les mesures sanitaires dans les écoles. Or, dans certaines d'entre elles, il n'y a toujours pas de gel hydroalcoolique, ou pas la possibilité d'ouvrir des fenêtres, soit parce qu'elles sont trop vétustes, soit parce qu'elles ont été condamnées. Or, l'aération, c'est la clé de la sécurité sanitaire. Il faut absolument éviter que des classes deviennent des bombes épidémiologiques", fait valoir Emmanuel Fayt, le président du Setca-SEL.

Le front commun syndical des enseignants doit se concerter dans les prochaines heures pour arrêter une position commune.

"Il est absolument indispensable de faire revenir tous les élèves en présentiel pour des raisons à la fois pédagogiques et psychologiques, notamment pour les plus jeunes, les plus vulnérables, ceux qui ont décroché passivement ou activement, les élèves fréquentant l'enseignement qualifiant", a indiqué Mme Désir. La ministre francophone de l'Education, ainsi que ses collègues des autres Communautés, auraient souhaité en réalité que cette rentrée puisse se faire le 3 mai déjà. Mais sur base de l'avis des experts sanitaires, prudents face à la lente diminution des transmissions en Belgique, il a finalement été décidé de reporter ce retour à 100% en présentiel d'une semaine. "D'ici à la date du 10 mai, à cadence inchangée, nous aurons vacciné au moins 600.000 personnes supplémentaires, soit certainement une large majorité des plus de 55 ans et une partie des plus de 45 ans et nous aurons protégé les plus vulnérables. Par ailleurs, nous aurons à ce moment-là déployé des autotests pour prévenir mieux les clusters, en plus du testing PCR classique", selon Caroline Désir. Ces éléments seront transmis mercredi aux membres du Comité de concertation (CodeCo) qui doivent se réunir électroniquement à 16h00. Depuis fin octobre dernier déjà, lors de la seconde vague de la pandémie, tous les élèves à partir de la 3e secondaire sont soumis à un enseignement dit "hybride", fait d'une moitié de cours à distance et d'une autre moitié en classe. Destiné à n'être que provisoire, cet enseignement hybride aura finalement été mené pendant plus de 18 semaines, accroissant la démotivation des élèves, minant leur moral tout en creusant davantage les inégalités sociales. Ce décalage d'une semaine d'un retour à 100% en présentiel permettra également aux écoles de n'avoir à organiser qu'une demi-semaine, puisqu'elle inclut deux jours de congés pour l'Ascension. Il n'y aura donc que deux jours et demi de cours. La première semaine complète de cours à 100% en présentiel sera donc celle du 17 mai. Ce retour à la normale était préconisé depuis des mois déjà par les pédiatres et pédo-psychiatres, ainsi que diverses associations."Je suis mitigé", a réagi mercredi Roland Lahaye (CSC-Enseignement), interrogé par Belga. "D'un côté, on peut évidemment se réjouir qu'on constate un plateau au niveau des contaminations qui permet un retour en présentiel, mais d'un autre côté, on reste dans une situation où les enseignants manquent de confiance. Les mesures de sécurité ne sont pas appliquées correctement dans toutes les écoles. Et nous regrettons aussi que le politique n'ait pas fait des enseignants une priorité de vaccination. On administre librement des vaccins à Ronquières, mais, à nous, on nous dit qu'on n'a pas assez de vaccins pour les profs!", tonne le syndicaliste.Du côté de la CGSP-Enseignement, on n'est guère plus positif. " Je ne pense pas du bien de cette reprise", confie son président, Joseph Thonon. "Nous aurions préféré que l'hybridation se poursuive jusqu'au 30 juin. En reprenant le 10 mai, on va avoir au total 17 jours de cours en présentiel pour les élèves. Pour eux, c'est bien, mais pour les enseignants, c'est prendre un risque sanitaire important pour 17 jours à peine. On va remettre jusqu'à 25 ados dans une même classe, côte à côte. Or, plus on est âgé, plus on peut être contaminant"", souligne M. Thonon. Celui-ci n'exclut d'ailleurs pas des actions de mécontentement des enseignants, sans aller jusqu'à la grève toutefois. Au Setca-SEL, le syndicat socialiste pour tout l'enseignement libre, l'inquiétude est aussi de mise après l'annonce d'une reprise complète le 10 mai. "Deux experts sanitaires, à savoir Geert Molenbergs et Erika Vlieghe, ont participé à la réunion de ce mercredi, et ceux-ci ont bien souligné la nécessité absolue de bien respecter les mesures sanitaires dans les écoles. Or, dans certaines d'entre elles, il n'y a toujours pas de gel hydroalcoolique, ou pas la possibilité d'ouvrir des fenêtres, soit parce qu'elles sont trop vétustes, soit parce qu'elles ont été condamnées. Or, l'aération, c'est la clé de la sécurité sanitaire. Il faut absolument éviter que des classes deviennent des bombes épidémiologiques", fait valoir Emmanuel Fayt, le président du Setca-SEL. Le front commun syndical des enseignants doit se concerter dans les prochaines heures pour arrêter une position commune.