Les parents des adolescents, deux jeunes de 15 ans, et cinq de 14 ans, dénoncent le comportement de la police et du parquet, qu'ils jugent disproportionné par rapport aux faits. Il existe cependant "des directives claires" du ministère public et la police les applique, explique Luk Versteylen, également juge de la jeunesse à Anvers. "Le procureur peut envoyer les jeunes devant le juge de la jeunesse quand ils sont interpellés lors d'une 'lockdown party', s'il y a eu des problèmes lors de l'arrestation ou si les jeunes étaient en état de récidive."
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Les parents des adolescents, deux jeunes de 15 ans, et cinq de 14 ans, dénoncent le comportement de la police et du parquet, qu'ils jugent disproportionné par rapport aux faits. Il existe cependant "des directives claires" du ministère public et la police les applique, explique Luk Versteylen, également juge de la jeunesse à Anvers. "Le procureur peut envoyer les jeunes devant le juge de la jeunesse quand ils sont interpellés lors d'une 'lockdown party', s'il y a eu des problèmes lors de l'arrestation ou si les jeunes étaient en état de récidive."Kris Luyckx, l'avocat des parents de l'un des jeunes interpellés, ne l'entend pas de cette oreille. Pour lui, il ne s'agissait pas d'une "lockdown party". "Quatre jeunes s'étaient réunis dehors. Leurs parents étaient au courant. Comme il faisait froid, ils sont entrés dans la maison. D'autres amis sont passés, et ils étaient sept. C'est évidemment une transgression. Mais à moment donné, quatre autres amis ont sonné à la porte, et ils ont été priés de partir. Quand la police est arrivée et a interpellé les mineurs, ils étaient en train de 'chiller' comme ils disent. Il n'était pas question de nuisance", déclare-t-il sur Radio 2.Criminels endurcis Les mineurs ont d'abord été interrogés par la police durant la nuit, puis renvoyés devant le juge de la jeunesse dimanche matin. "Sept jeunes qui ont dû être entendus, tout comme leurs parents, cela peut facilement prendre quelques heures", ajoute Luk Versteylen.Selon l'avocat des parents, les mineurs ont été traités comme des criminels endurcis. "Ils ont pour ainsi dire pleuré du début à la fin. L'un des garçons devait se rendre aux toilettes, mais on n'a pas répondu à sa demande. Alors, vous avez le choix de faire dans votre pantalon ou dans la cellule. Ce n'est pas ainsi que l'on traite des enfants en train de 'chiller'. C'est inacceptable et risque de les traumatiser", s'indigne Luyckx.Le juge a finalement décidé d'une assignation à résidence des mineurs pendant un mois, entre 18h et 7h du matin. Selon le parquet, "les jeunes ont été entendus dans deux locaux différents, où ils ont eu l'occasion de boire et de manger. Aucun d'entre eux n'a passé la nuit en cellule, mais au poste de police". Les jeunes ont été entendus en présence d'un avocat et ont été présentés dimanche matin à un juge de la jeunesse. "En attendant leur audition, ils ont dû patienter dans une cellule de transition pour mineurs d'âge", indique le parquet. "Nous comprenons que l'impact peut être important sur les jeunes impliqués et sur leurs parents", a réagi le parquet. Le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne défend le parquet anversois, même s'il en se prononce pas sur le fond du dossier. "En décembre, le parquet d'Anvers a émis une série de directives qui stipulent que les mineurs pris en flagrant délit de lockdown party doivent être arrêtés et amenés devant le juge de la jeunesse. J'ai l'impression que les procédures ont été suivies correctement, mais je peux m'imaginer que c'est assez drastique pour ces jeunes", déclare-t-il à la VRT.PolarisationCaroline Vrijens, la Commissaire flamande aux droits de l'enfant, a réagi à l'interpellation. "Sur base des informations dont nous disposons aujourd'hui, cette approche semble disproportionnée. Je ne veux certainement pas dire que leur comportement doit rester impuni, mais je m'étonne d'une approche aussi forte", déclare-t-elle à la VRT. Elle souligne que les parents sont également responsables du comportement de leurs enfants.Vrijens ne cache pas son inquiétude à l'égard de réactions haineuses de certains adultes envers les jeunes, accusés parfois de ne pas respecter les mesures sanitaires. "J'entends des réactions de gens de qui trouvent qu'il faut punir les jeunes encore plus sévèrement. Cette polarisation est très inquiétante, et nous surveiller ce phénomène de près", dit-elle. Les parents des jeunes concernés envisagent de porter plainte auprès du Commissariat aux droits de l'enfant. Sur Twitter, la députée et chef de groupe cdH à la Chambre, Catherine Fonck exprime également son indignation. "Ce n'est pas comme cela que nous gagnerons ensemble contre le Covid", estime-t-elle.Avec Belga