Les membres du personnel des éditions de L'Avenir sont partis en grève lundi soir, après l'annonce de trois licenciements de journalistes qu'ils estiment "ciblés". Le quotidien n'est pas paru ni mardi ni mercredi. En outre, la Société des Rédacteurs du journal (SDR) a indiqué mardi que le système informatique de l'entreprise avait été verrouillé et que plus rien ne pouvait être publié sur le site de L'Avenir ou sur les réseaux sociaux. Une assemblée générale du personnel est en cours.

"Interpellé par l'Association des Journalistes Professionnels (AJP) à la suite du nouveau conflit intervenu au sein de la rédaction des Editions de l'Avenir, le ministre des Médias, Jean-Claude Marcourt, instruit le dossier", annonce son cabinet dans un communiqué. "Il est important de rappeler que la Fédération Wallonie-Bruxelles n'est pas amenée à s'immiscer dans les mécanismes de restructuration ni dans la procédure sociale qui l'accompagne qui relèvent de la compétence et de la responsabilité des gouvernements fédéral et wallon. Par contre, toute question relative à la liberté de la presse, pilier essentiel de notre démocratie, interpelle au premier chef. C'est pourquoi le ministre demande à la direction des Editions de l'Avenir de faire toute la clarté sur l'existence ou non d'une liste noire."

Jean-Claude Marcourt invite les différentes parties "à nouer ou à renouer au plus vite le fil d'un dialogue constructif nécessaire à la poursuite et au développement de L'Avenir".

Le personnel décide de la reprise du travail pendant deux jours

La reprise du travail pendant deux jours a été décidée "en signe d'ouverture", de manière à ce que l'AJP et la SDR puissent être associées aux négociations menées par ailleurs par la direction et la délégation syndicale. Ces derniers doivent en effet se rencontrer jeudi.

"La négociation doit porter sur la réintégration des journalistes licenciés", précisent la SDR et l'AJP. "Cette reprise du travail est liée à la levée du lock out numérique et à la garantie que de telles mainmises sur l'outil de travail des journalistes ne se produiront plus à l'avenir", ajoutent-elles.

L'AG a voté une grève ce vendredi si les revendications ne sont pas rencontrées, préviennent les deux associations.