À l'occasion de cette rentrée académique, la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) annonce vouloir réformer le décret Paysage. Après un semestre marqué par le corona, qui a particulièrement mis en évidence les inégalités entre étudiants, la ministre vient avec une réforme importante qui vise à exclure les étudiants en difficultés sous prétexte de les "responsabiliser". Au lieu de répondre aux causes réelles de l'échec, à savoir le sous-financement de l'enseignement supérieur, la précarité étudiante et le caractère inégalitaire de notre enseignement, la ministre Glatigny tente surtout de se déresponsabiliser elle-même de la situation.

Entré en vigueur en 2014, le décret Paysage a pour conséquence d'augmenter le nombre d'échecs et d'années d'étude pour les étudiants. Dès 2013, Comac avait prédit cette dérive et s'était donc opposé au décret Paysage, expliquant que pour s'attaquer à l'échec scolaire, il fallait absolument refinancer l'enseignement supérieur[1]. Au lieu de s'attaquer aux vraies causes de l'échec, la réponse de la ministre Glatigny consiste à sanctionner les étudiants qui ne parviendraient pas à valider leurs 60 crédits de Bac 1 en deux années académiques ou à terminer leur bachelier en 5 ans.

La crise du corona a montré l'ampleur des inégalités dans l'enseignement supérieur, avec 1 étudiant sur 4 qui ne possède pas d'endroit pour étudier chez lui. Pourtant, la ministre semble n'en tirer aucune leçon.

Attaquons-nous aux vraies causes de l'échec

Tous les acteurs du secteur sont unanimes : il faut refinancer l'enseignement supérieur. Mais la ministre ne promet que 50 millions pour 2024 alors que la Fédération des étudiant.e.s francophones calcule que 150 millions par an sont nécessaires dès maintenant pour répondre aux besoins[2]. L'ex-recteur de l'ULB Yvon Englert affirme à ce propos "qu'on est en train de laisser couler les universités."[3]

Au lieu de tenter de rejeter la faute sur les étudiants, nous appelons la ministre à prendre ses responsabilités en investissant dans l'aide à la réussite

L'explosion de la précarité étudiante a également un impact sur la réussite. Jober et étudier en même temps signifie souvent devoir rater des cours, avec évidemment des conséquences sur les chances de réussite. Or, à l'heure actuelle, 1 étudiant sur 3 doit travailler pour payer leurs études[4]. La crise sanitaire a encore aggravé la précarité étudiante et beaucoup d'étudiants craignent avoir plus de difficultés pour trouver un job étudiant. Pourtant, pour lutter contre la précarité étudiante, la ministre se contente de promettre une campagne d'information sur les aides existantes et de vagues promesses[5] mais aucune mesure ambitieuse et concrète pour prendre ce problème réellement en main.

Dans un contexte où l'enseignement obligatoire belge francophone est reconnu comme un des plus inégalitaires de l'OCDE (enquêtes PISA) et où beaucoup d'élèves n'ont pas reçu les codes nécessaires à la réussite dans l'enseignement supérieur, il est crucial d'investir dans l'aide à la réussite. Mais la ministre a encore confirmé en commission ce 8 septembre qu'elle ne donnerait aucune directive ou investissement supplémentaires en ce sens[6]. Dans les faits, elle choisit de chasser ces étudiants plutôt que d'assurer les aides nécessaires pour leur réussite.

Prenez vos propres responsabilités madame Glatigny !

En 2013, nous indiquions déjà qu'il fallait refinancer l'enseignement supérieur pour répondre à l'important taux d'échec des étudiants. Entre temps, le financement par étudiant n'a cessé de diminuer. Au lieu de tenter de rejeter la faute sur les étudiants, nous appelons la ministre à prendre ses responsabilités en investissant dans l'aide à la réussite, en prenant de réelles mesures pour lutter contre la précarité étudiante et en refinançant l'enseignement supérieur à hauteur de ses besoins.

La crise du coronavirus a mis à nu les inégalités dans l'enseignement supérieur. Avec l'annonce de cette réforme, il est assez clair que le changement ne viendra pas de lui-même, et encore moins de la ministre. Nous devrons nous mobiliser pour garantir le droit à un enseignement de qualité pour tous.

Le COMAC, mouvement étudiant du PTB

À l'occasion de cette rentrée académique, la ministre de l'enseignement supérieur Valérie Glatigny (MR) annonce vouloir réformer le décret Paysage. Après un semestre marqué par le corona, qui a particulièrement mis en évidence les inégalités entre étudiants, la ministre vient avec une réforme importante qui vise à exclure les étudiants en difficultés sous prétexte de les "responsabiliser". Au lieu de répondre aux causes réelles de l'échec, à savoir le sous-financement de l'enseignement supérieur, la précarité étudiante et le caractère inégalitaire de notre enseignement, la ministre Glatigny tente surtout de se déresponsabiliser elle-même de la situation.Entré en vigueur en 2014, le décret Paysage a pour conséquence d'augmenter le nombre d'échecs et d'années d'étude pour les étudiants. Dès 2013, Comac avait prédit cette dérive et s'était donc opposé au décret Paysage, expliquant que pour s'attaquer à l'échec scolaire, il fallait absolument refinancer l'enseignement supérieur[1]. Au lieu de s'attaquer aux vraies causes de l'échec, la réponse de la ministre Glatigny consiste à sanctionner les étudiants qui ne parviendraient pas à valider leurs 60 crédits de Bac 1 en deux années académiques ou à terminer leur bachelier en 5 ans.La crise du corona a montré l'ampleur des inégalités dans l'enseignement supérieur, avec 1 étudiant sur 4 qui ne possède pas d'endroit pour étudier chez lui. Pourtant, la ministre semble n'en tirer aucune leçon.Attaquons-nous aux vraies causes de l'échecTous les acteurs du secteur sont unanimes : il faut refinancer l'enseignement supérieur. Mais la ministre ne promet que 50 millions pour 2024 alors que la Fédération des étudiant.e.s francophones calcule que 150 millions par an sont nécessaires dès maintenant pour répondre aux besoins[2]. L'ex-recteur de l'ULB Yvon Englert affirme à ce propos "qu'on est en train de laisser couler les universités."[3]L'explosion de la précarité étudiante a également un impact sur la réussite. Jober et étudier en même temps signifie souvent devoir rater des cours, avec évidemment des conséquences sur les chances de réussite. Or, à l'heure actuelle, 1 étudiant sur 3 doit travailler pour payer leurs études[4]. La crise sanitaire a encore aggravé la précarité étudiante et beaucoup d'étudiants craignent avoir plus de difficultés pour trouver un job étudiant. Pourtant, pour lutter contre la précarité étudiante, la ministre se contente de promettre une campagne d'information sur les aides existantes et de vagues promesses[5] mais aucune mesure ambitieuse et concrète pour prendre ce problème réellement en main.Dans un contexte où l'enseignement obligatoire belge francophone est reconnu comme un des plus inégalitaires de l'OCDE (enquêtes PISA) et où beaucoup d'élèves n'ont pas reçu les codes nécessaires à la réussite dans l'enseignement supérieur, il est crucial d'investir dans l'aide à la réussite. Mais la ministre a encore confirmé en commission ce 8 septembre qu'elle ne donnerait aucune directive ou investissement supplémentaires en ce sens[6]. Dans les faits, elle choisit de chasser ces étudiants plutôt que d'assurer les aides nécessaires pour leur réussite.Prenez vos propres responsabilités madame Glatigny !En 2013, nous indiquions déjà qu'il fallait refinancer l'enseignement supérieur pour répondre à l'important taux d'échec des étudiants. Entre temps, le financement par étudiant n'a cessé de diminuer. Au lieu de tenter de rejeter la faute sur les étudiants, nous appelons la ministre à prendre ses responsabilités en investissant dans l'aide à la réussite, en prenant de réelles mesures pour lutter contre la précarité étudiante et en refinançant l'enseignement supérieur à hauteur de ses besoins.La crise du coronavirus a mis à nu les inégalités dans l'enseignement supérieur. Avec l'annonce de cette réforme, il est assez clair que le changement ne viendra pas de lui-même, et encore moins de la ministre. Nous devrons nous mobiliser pour garantir le droit à un enseignement de qualité pour tous.Le COMAC, mouvement étudiant du PTB