La décision du tribunal du travail de Bruxelles sur le port du voile à la STIB a déjà fortement divisé la majorité régionale bruxelloise (PS, Ecolo, DeFI) en relançant un débat tendu sur la neutralité au sein de la fonction publique. L'équipe emmenée par Rudi Vervoort (PS) doit trouver un compromis et décider si elle va en appel contre cette ordonnance judiciaire. Ecolo s'y oppose, le PS bruxellois jusqu'ici aussi (contre l'avis de son président Paul Magnette), seul DeFI appelle ce recours de ses voeux.
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La décision du tribunal du travail de Bruxelles sur le port du voile à la STIB a déjà fortement divisé la majorité régionale bruxelloise (PS, Ecolo, DeFI) en relançant un débat tendu sur la neutralité au sein de la fonction publique. L'équipe emmenée par Rudi Vervoort (PS) doit trouver un compromis et décider si elle va en appel contre cette ordonnance judiciaire. Ecolo s'y oppose, le PS bruxellois jusqu'ici aussi (contre l'avis de son président Paul Magnette), seul DeFI appelle ce recours de ses voeux.Voilà désormais qu'un autre dossier, urbanistique cette fois, témoigne du fait que le gouvernement bruxellois est au bord de la crise de nerf. Il oppose cette fois frontalement les socialistes et les écologistes.Le bras de fer concerne la friche Josaphat, un vaste espace vert située le long de la gare du même nom. L'enjeu, c'est de décider de le lotir, alors que la capitale manque cruellement d'espace et a besoin de logements - mais aussi d'espaces verts.Ecolo, qui n'y était pas opposé, s'est tendu sur le sujet. Rajae Maouane, sa coprésidente, estimait dans une interview accordée à La Libre jeudi matin qu'il "faut sauvegarder la friche Josaphat et sa biodiversité urbaine". Car il s'agit d'un espace vert de 24 hectares - pas moins - au coeur de la ville."Un environnement sain, un logement adéquat sont des droits, loin d'être toujours rencontrés, précise le ministre bruxellois Ecolo Alain Maron. Il n'y a pas lieu de les opposer, mais de trouver le meilleur chemin pour les rencontrer, avec les citoyennes et citoyens, les acteurs, les opérateurs publics et autres."Réplique sèche d'Ahmed Laaouej, patron du PS bruxellois: "Plus de 47 000 personnes sur liste d'attente pour un logement social à Bruxelles...et les mêmes avancent toujours une raison pour entraver des projets de construction de logements. Le droit et l'accès au logement sont pourtant essentiels comme réponses au risque de pauvreté." Le projet, rappellent les socialistes, ce sont 1600 logements, des écoles, un espace vert de 4 hectares. "Une amélioration concrète de la vie de milliers des Bruxellois." Cette tension entre PS et Ecolo se greffe à une autre: Ecolo est ulcéré par l'attitude des libéraux, dans l'opposition, à leur égard. Ceux-ci ne cessent d'attaquer les verts pour, selon eux, tenter leur tailler des croupières électorales dans le sud-est de la Région. Dans ce dossier précis, le MR a déposé une proposition d'ordonnance au parlement régional pour demander que l'on préserve cette friche Josaphat. "Ravie de voir qu'Ecolo semble changer d'avis", ironisait d'ailleurs la cheffe de groupe libérale, Alexia Bertrand, après l'interview de Rajae Maouane. David Leisterh, président du MR bruxelloise, ironise aussi en proposant.... une médiation.En coulisses, les écologistes dénoncent d'ailleurs un sacré double jeu du MR qui est toujours le premier à soutenir le développement de projets immobiliers et, sur ce dossier, prône une approche écologiste. Certains représentants d'Ecolo mettent aussi en lumière un conflit d'intérêt au sein même du dossier, impliquant les libéraux, concernant une société prête à investir dans le projet d'urbanisation.Il n'y a pas à dire, à Bruxelles, avec des partis en rivalité directe, on s'aime.