Interrogés dans le cadre du documentaire In de greep van het virus,diffusé sur la VRT, l'infectiologue Erika Vlieghe et le virologue Marc Van Ranst indiquent qu'ils se sont adressés à toutes les instances susceptibles d'avoir une influence pour l'achat de masques, mais qu'ils n'ont pas été entendus et qu'il a fallu attendre mi-mars pour que le gouvernement se décide à commander des masques. Dès la mi-janvier, "la question de commander des masques, de les chercher, de les faire fabriquer, peu importe, j'ai commencé...

Interrogés dans le cadre du documentaire In de greep van het virus,diffusé sur la VRT, l'infectiologue Erika Vlieghe et le virologue Marc Van Ranst indiquent qu'ils se sont adressés à toutes les instances susceptibles d'avoir une influence pour l'achat de masques, mais qu'ils n'ont pas été entendus et qu'il a fallu attendre mi-mars pour que le gouvernement se décide à commander des masques. Dès la mi-janvier, "la question de commander des masques, de les chercher, de les faire fabriquer, peu importe, j'ai commencé à la poser", explique l'infectiologue Erika Vlieghe. "C'est ce que Marc Van Ranst et moi avons fait, avec d'autres personnes, à partir de la fin janvier, mais cela a tout simplement été balayé".Van Ranst confirme qu'il n'a pas seulement contacté les instances responsables, mais qu'il a déclaré à plusieurs reprises, lors de réunions, que c'était le moment de commander des masques. "Si vous ne le faites pas maintenant, vous raterez l'occasion de le faire par le biais de firmes réputées. Vous serez condamnés aux circuits de revendeurs", leur a-t-il dit.Cela coûte beaucoup d'argentVan Ranst comprend que le début d'année n'était pas facile, que les ministres étaient démissionnaires, que les cabinets ne travaillaient pas à pleine capacité, mais estime qu'il fallait tout de même prendre une décision. "On nous disait : 'cela coûte beaucoup d'argent, nous n'allons pas faire comme en 2009, acheter une réserve, dont seule une petite partie a été utilisée et dont le reste a périmé. Nous allons essayer de travailler avec une réserve tournante'. C'est d'ailleurs une excellente idée, mais il faut la mettre en oeuvre", déclare Marc Van Ranst à la VRT.Invitée à réagir, la ministre de la Santé publique Maggie De Block (Open VLD) nie avoir balayé les demandes des experts. "Ce n'est pas vrai. Au sein du SPF Santé, un certain nombre de personnes s'en occupaient. Mais les choses n'avançaient pas, c'est vrai", dit-elle. Elle explique que des livraisons de masques avaient été promises aux hôpitaux, mais que ces derniers n'ont jamais été livrés.Quant à la réserve de masques, elle a été détruite, parce qu'elle était périmée. "Ces masques nous auraient peut-être aidés pendant quelques jours, peut-être une semaine, mais certainement pas beaucoup plus longtemps. Le problème se serait quand même posé. Je pense que personne ne doute de la nécessité d'un stock stratégique. Nous sommes d'ailleurs en train de le constituer, pour faire face à une éventuelle deuxième vague", ajoute De Block.