Le virologue Marc Van Ranst est un homme menacé. Et un homme caché, dans une "safe house", à l'abri du militaire Jürgen Conings, le temps que la traque porte enfin ses fruits. En attendant, l'homme de science reste un homme engagé, qui poursuit son combat de longue date: contre l'extrémisme, le flamingantisme exacerbé et le complotisme qui menacent la Flandre.
...

Le virologue Marc Van Ranst est un homme menacé. Et un homme caché, dans une "safe house", à l'abri du militaire Jürgen Conings, le temps que la traque porte enfin ses fruits. En attendant, l'homme de science reste un homme engagé, qui poursuit son combat de longue date: contre l'extrémisme, le flamingantisme exacerbé et le complotisme qui menacent la Flandre.Dans la nuit de mercredi à jeudi, il s'est infiltré dans un groupe Telegram pour donner la répartie au sein d'un groupe de soutien au militaire d'extrême droite. En soulignant combien des propos n'étaient "pas intelligents", en dénonçant les fautes d'orthographe et en soulignant, ironique: "Je voulais observer le niveau de créativité: je dois dire que je suis déçu".La diffusion de cette information a donné lieu à une passe d'armes hallucinante avec Tom Van Grieken, président du Vlaams Belang. Narquois, le leader d'extrême droite se demùande si "Marc Van Ranst était encore saoul" pour débarquer sur un groupe Telegram à 2h48 du matin. Réponse du virologue: "Quelqu'un doit quand même remettre vos partisans de Jurgen et d'extrême droite à leur place, parce que vous n'allez pas le faire vous-mêmes. Votre insinuation sur l'ivresse est nauséuse, je ne vous souhaite pas de découvrir comment une safehouse fonctionne."Dans plusieurs entretiens accordés depuis sa cachette, Marc Van Ranst ne cache pas sa lassitude, mais aussi sa volonté d'en découvre. "La situation est évaluée au jour le jour par les services de sécurité, confie-t-il à La Libre. Mais je ne suis pas optimiste quant à une sortie prochaine. C'est surtout dur de voir Milo, mon fils de 12 ans, vivre ça."Au sujet de son incursion dans le groupe, il souligne: "Il rassemble ceux qui supportent celui qui veut me tuer, et donc cela m'intéresse beaucoup! Si tout le monde a le droit de s'exprimer, pourquoi pas moi? Ce que j'ai pu lire m'interpelle, mais je crois que j'y suis un peu habitué. Maintenant, ça m'énerve un peu quand même, ces gens pensent que Jürgen Conings est un héros et Marc Van Ranst un salopard."Il ne se dit "pas étonné" de voir la virulence à son encontre, vu son histoire avec le Vlaams Belang, qui rassemble plus de 25% des voix au nord du pays. Régulièrement, le virologue a dénoncé le poids de l'extrême droite. A l'instar d'un Theo Francken (N-VA), le scnetifique concède que tous les membres du Vlaams Belang ne sont pas racistes ou opposés aux mesures sanitaires. "Par contre, ce que je constate, c'est que le Vlaams Belang ne veut pas désavouer cet individu", dit-il.Et Marc Van Ranst d'appeler à "minimiser" ce qui se dit sur les réseaux sociaux et à "interdire les profils anonymes, ils sont toxiques".Van Ranst ne laisse personne indifférent. Stijn De Paepe, poète flamand, auteur d'un chrooique régulière dans le Morgen, souligne qu'il faut être "comme 1 derrière lui", en référence au groupe de soutien du militaire d'extrême droite. D'autres moquent ceux qui estiment que Marc Van Ranst devrait se taire. Les deux expressions ont été retweetées... par Van Ranst lui-même."Tous les politiques doivent continuer à soutenir Marc Van Ranst sans relâche", a déclaré ce vendredi matin Frank Vandebroucke (Voortuit), ministre fédéral de la Santé, dans l'émission De Ochtend, sur Radio 1. "Il doit être soutenu pour son rôle en tant que virologue, mais également en tant qu'individu et pour son droit à exprimer son opinion", a-t-il insisté. Et ce, peu importe si ses déclarations et son avis scientifique dérangent: "Je soutiens sans réserve le rôle de Marc Van Ranst, ajoute Frank Vandenbroucke. Que je sois ou non toujours d'accord avec ses conseils. C'est une question complètement différente".