Appelés pour épauler le gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, les "experts" (virologues, épidémiologistes...) ont joué un rôle crucial. Certains sont même devenus de véritables "stars" médiatiques. Mais la place qu'ils ont prise et les divergences de sensibilité ont provoqué des tensions, notamment chez les représentants politiques. L'apport des experts constitue-t-il une plus-value pour la démocratie et comment faire en sorte d'encadrer mieux cette relation utile? Ce débat est profondément d'actualité à l'heure où la deuxième vague submerge notre pays.

Un moment crucial

Pour Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc et professeure à l'UCLouvain, la situation sanitaire que l'on connait aujourd'hui est préoccupante. Les hôpitaux doivent réorganiser, à nouveau, dans un contexte difficile, avec un personnel fatigué. "Il y a de l'inquiétude et du découragement, car on est nous-même surpris de l'ampleur que c'est en train de prendre. (...) on ne veut pas à nouveau déprogrammer les autres soins, mais je crains que cela n'arrive."

Débat : les experts, une plus-value pour la démocratie?

Confrontés au coronavirus, les politiques ont fait appel à des spécialistes. De leur collaboration naissent des tensions inévitables. Le Vif/L'Express et l'UCLouvain réunissent les deux parties pour débattre "en vrai" de la place des experts dans une démocratie.

Geplaatst door Le Vif op Donderdag 15 oktober 2020

Tout n'est cependant pas négatif. "On voit un sursaut de la motivation du citoyen, heureusement", note tout de même Olivier Luminet, directeur de Recherche au Fonds belge de la recherche scientifique (FRS-FNRS) et professeur de psychologie à l'UCLouvain. Une adhésion citoyenne, souvent en dent de scie et qui est pourtant la clé de voûte de la lutte contre le coronavirus.

Quelle place pour les experts ?

La prise de décisions, de mesures, se fait en concertation entre politiques et experts. Mais ces derniers ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde. "On peut avoir toute l'expertise du monde, parfois les experts ne sont pas tous du même avis, c'est comme ça dans toutes les disciplines", explique Georges-Louis Bouchez, président du MR. "Mais à la fin, il faut trancher, et ça c'est la responsabilité politique. De plus, selon qu'on soit virologue, psychologue ou économiste, on peut avoir des avis différents sur la même situation." Le rôle du politique est, selon lui, d'écouter tous ces avis et de prendre des décisions : "personne n'a la certitude de ce qu'il faut faire."

Il évoque également un enjeu, lui aussi crucial, qu'on laisse souvent de côté : le rôle psychologique. "On a eu des espoirs, qui ont été déçus, il faut adhérer et avoir un discours rassembleur. On doit délivrer le message le plus clair, au-delà des divergences entre experts et politique", note encore le président du MR.

On oppose aujourd'hui les experts "alarmistes" et "rassuristes". Et les débats entre les experts ont souvent lieu sur la place publique. Qu'est-ce qui pose problème ? "C'est multifactoriel", répond Leila Belkhir. S'il est difficile de tomber d'accord, c'est aussi parce que la situation est inédite. "L'expertise vient de l'expérience et on en manque clairement sur ce virus. Il faut avoir l'humilité de le dire quand on ne sait pas. La science s'est toujours construite sur des débats et hypothèses, mais qui se font au sein d'universités, de réunions... Ici des opinions se sont affichées via médias interposés. (...) Les médias ont aussi joué un rôle, en insistant sur les divergences plutôt que les points d'accord."

Ce qui crée parfois des tensions, c'est quand certains experts sortent de leur rôle. "Quand on s'exprime publiquement, il faut parler de son domaine de compétence. Parfois, certains donnent des avis qui sont trop tranchés et qui sortent de leur domaine de compétence. Mais ce n'est pas non plus la généralité", affirme encore l'experte. Pour elle, la plupart essaient de trouver le bon ton. On entend beaucoup parler les épidémiologistes et autres virologues. Et les autres experts ? Le psychologue, par exemple, peut jouer un rôle important, notamment pour l'adhésion, note Olivier Luminet. "C'est une question de temps. Aujourd'hui, des psychologues et spécialistes des sciences humaines ont intégré les groupes de réflexion." Cela induit une approche pluri-disciplinaire, note-t-il.

Des tensions avec les politiques

On a remarqué de nombreuses tensions entre le politique et certains experts dans la gestion de la crise sanitaire. Mais c'est un débat plus large. "La politique, ce n'est pas appliquer un savoir scientifique. On peut être le meilleur de son domaine, ce n'est pas pour ça que les choix ne sont basés que sur cette expertise. Il y a une série de paramètres politiques et sociétaux qu'il faut prendre en compte", explique Georges-Louis Bouchez. "Le problème dans notre démocratie, c'est qu'on essaie d'influencer le débat public avec quelques phrases ou quelques symboles".

Il estime également que chacun doit rester dans son rôle. Quand l'expert est appelé par les politiques, il doit accepter que c'est le politique qui doit prendre la décision, note-t-il. "Son rôle c'est de nous aider à trouver la solution et de garder une réserve." Avec parfois, de part et d'autre, de l'incompréhension. "Moi aussi, il y a eu des décisions politiques que je ne comprenais pas", précise Leïla Belkhir. "Parfois on se dit que certaines choses ne collent pas. Il y a parfois un décalage entre la réalité et certaines décisions politiques", dit-elle. "Mais il faut en effet que quelqu'un tranche, et ça c'est le rôle du politique."

La difficile adhésion des citoyens

Mais quand ces mesures sont prises, le citoyen doit en être informé...et les appliquer. Ce qui n'est pas toujours évident. Parce que les mesures sont mal expliquées ? "Les gens sont fatigués, tout le monde en a marre. Le rôle du politique aujourd'hui c'est d'expliquer les enjeux. Sur les réseaux sociaux, les gens disent : 'il n'y a plus de malade, tout va bien'. Il faut qu'un leader politique, quel qu'il soit, explique le contexte", ajoute Belkhir. "On manque toujours de personnel soignant, les hôpitaux essaient de rattraper le retard... si on veut l'adhésion, il faut que les gens comprennent qu'on ne veut pas soigner que le Covid, mais tout le monde." Et pour cela, il faut explique ce que l'on veut, où on va, quel est l'objectif... "Il faut une ligne conductrice, et ça manque. Mais cela va peut-être arriver avec le nouveau baromètre".

"Les gens réagissent quand il y a une perception du risque", confirme Olivier Luminet. "Il faut donner cette perspective sur le long terme. Il ne faut pas avoir peur de dire aux gens que ça va durer encore 12 mois. Le baromètre devrait aider, car les gens vont pouvoir se construire de scénario". Le baromètre a été évoqué fin mai et voilà seulement qu'il arrive. Mais pour le lancer, il faut que tout ait été réfléchi. "Il est capital que ça ait du sens pour que les gens aient l'impression de reprendre le contrôle sur leur vie". Il conseille, par exemple, de noter ses comportements de la semaine, d'autoévaluer ses activités et le risque pris, et d'adapter son comportement futur : cela peut aider à se responsabiliser.

Pédagogie et récit médiatique

Comment bien communiquer envers le citoyen ? "L'enjeu de la pédagogie est fondamental. Avec celui de la parole politique", juge Georges-Louis Bouchez. "Aux États-Unis, un médecin, le Dr Anthony Fauci, a été désigné pour suivre l'épidémie. Il participait aux conférences de presse, avec le président Trump, et l'adhésion envers lui était bonne. La parole politique doit être réhabilitée, surtout dans une époque où le conspirationnisme a un grand succès."

Mais si le politique doit expliquer, les médias doivent aussi aider, note le président du MR, très critique. "Quand deux spécialistes du même domaine disent deux choses différentes dans le même journal, ça n'aide pas la population." Un constat que rejoint Leila Belkhir, qui estime que les médias peuvent jouer le rôle de factchecker pour démêler les contradictions ou expliquer ce qui se passe dans d'autres pays, par exemple. Olivier Luminet plaide aussi pour des aspects plus "ludiques" et créatifs dans le récit médiatique. "Il y a des choses à faire, donner des conseils pratiques, pédagogiques et moins anxiogènes. Cela responsabiliserait de manière positive les citoyens. Il ne faut pas augmenter l'angoisse". Et pour cela, il faut aussi de la bienveillance entre tous ces différents acteurs.

La crise corona, laboratoire du futur ?

Va-t-on trouver des manières de fonctionner pour être plus efficaces, entre experts et politiques ? "On a tout intérêt à tirer les leçons de ce qu'on aura vécu", notamment au niveau stratégie, mise en place de groupe de réflexion... dit Leila Belkhir. "Mais chacun doit quand même rester dans son rôle." C'est également l'avis d'Olivier Luminet, pour qui tout le monde a un rôle à jouer, sans exception. "On est tous acteurs. C'est ça qui est particulier. L'expert ou le politique est aussi un citoyen qui rencontre la crise dans sa vie quotidienne. On peut changer les choses tous ensemble, avoir un projet commun sur un enjeu majeur peut faire changer les choses. Comme avec la crise climatique. On s'inscrit dans le long terme."

Le président du MR précise par ailleurs que le recours aux experts n'est pas nouveau dans la politique. Mais la crise l'a rendu plus visible. "On a toujours avancé comme ça. Il faudra profiter de cette occasion pour que les trois piliers (politique-média-citoyen) se comprennent mieux et se parlent mieux." Opposer experts et politiques est une erreur, "on est des partenaires."

Cette crise va-t-elle amener des choses positives ? "Peut-être, mais c'est d'abord un révélateur des disparités sociales. Les personnes précarisées sont plus touchées par la crise. J'espère qu'on va tirer des leçons positives, comme la revalorisation du personnel soignant et la solidarité. On ne pourra s'en sortir sans, chacun doit faire un effort", conclut Leila Belkhir.

Appelés pour épauler le gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, les "experts" (virologues, épidémiologistes...) ont joué un rôle crucial. Certains sont même devenus de véritables "stars" médiatiques. Mais la place qu'ils ont prise et les divergences de sensibilité ont provoqué des tensions, notamment chez les représentants politiques. L'apport des experts constitue-t-il une plus-value pour la démocratie et comment faire en sorte d'encadrer mieux cette relation utile? Ce débat est profondément d'actualité à l'heure où la deuxième vague submerge notre pays.Pour Leïla Belkhir, infectiologue aux Cliniques universitaires Saint-Luc et professeure à l'UCLouvain, la situation sanitaire que l'on connait aujourd'hui est préoccupante. Les hôpitaux doivent réorganiser, à nouveau, dans un contexte difficile, avec un personnel fatigué. "Il y a de l'inquiétude et du découragement, car on est nous-même surpris de l'ampleur que c'est en train de prendre. (...) on ne veut pas à nouveau déprogrammer les autres soins, mais je crains que cela n'arrive." Tout n'est cependant pas négatif. "On voit un sursaut de la motivation du citoyen, heureusement", note tout de même Olivier Luminet, directeur de Recherche au Fonds belge de la recherche scientifique (FRS-FNRS) et professeur de psychologie à l'UCLouvain. Une adhésion citoyenne, souvent en dent de scie et qui est pourtant la clé de voûte de la lutte contre le coronavirus. La prise de décisions, de mesures, se fait en concertation entre politiques et experts. Mais ces derniers ne sont pas toujours sur la même longueur d'onde. "On peut avoir toute l'expertise du monde, parfois les experts ne sont pas tous du même avis, c'est comme ça dans toutes les disciplines", explique Georges-Louis Bouchez, président du MR. "Mais à la fin, il faut trancher, et ça c'est la responsabilité politique. De plus, selon qu'on soit virologue, psychologue ou économiste, on peut avoir des avis différents sur la même situation." Le rôle du politique est, selon lui, d'écouter tous ces avis et de prendre des décisions : "personne n'a la certitude de ce qu'il faut faire."Il évoque également un enjeu, lui aussi crucial, qu'on laisse souvent de côté : le rôle psychologique. "On a eu des espoirs, qui ont été déçus, il faut adhérer et avoir un discours rassembleur. On doit délivrer le message le plus clair, au-delà des divergences entre experts et politique", note encore le président du MR. On oppose aujourd'hui les experts "alarmistes" et "rassuristes". Et les débats entre les experts ont souvent lieu sur la place publique. Qu'est-ce qui pose problème ? "C'est multifactoriel", répond Leila Belkhir. S'il est difficile de tomber d'accord, c'est aussi parce que la situation est inédite. "L'expertise vient de l'expérience et on en manque clairement sur ce virus. Il faut avoir l'humilité de le dire quand on ne sait pas. La science s'est toujours construite sur des débats et hypothèses, mais qui se font au sein d'universités, de réunions... Ici des opinions se sont affichées via médias interposés. (...) Les médias ont aussi joué un rôle, en insistant sur les divergences plutôt que les points d'accord." Ce qui crée parfois des tensions, c'est quand certains experts sortent de leur rôle. "Quand on s'exprime publiquement, il faut parler de son domaine de compétence. Parfois, certains donnent des avis qui sont trop tranchés et qui sortent de leur domaine de compétence. Mais ce n'est pas non plus la généralité", affirme encore l'experte. Pour elle, la plupart essaient de trouver le bon ton. On entend beaucoup parler les épidémiologistes et autres virologues. Et les autres experts ? Le psychologue, par exemple, peut jouer un rôle important, notamment pour l'adhésion, note Olivier Luminet. "C'est une question de temps. Aujourd'hui, des psychologues et spécialistes des sciences humaines ont intégré les groupes de réflexion." Cela induit une approche pluri-disciplinaire, note-t-il. On a remarqué de nombreuses tensions entre le politique et certains experts dans la gestion de la crise sanitaire. Mais c'est un débat plus large. "La politique, ce n'est pas appliquer un savoir scientifique. On peut être le meilleur de son domaine, ce n'est pas pour ça que les choix ne sont basés que sur cette expertise. Il y a une série de paramètres politiques et sociétaux qu'il faut prendre en compte", explique Georges-Louis Bouchez. "Le problème dans notre démocratie, c'est qu'on essaie d'influencer le débat public avec quelques phrases ou quelques symboles". Il estime également que chacun doit rester dans son rôle. Quand l'expert est appelé par les politiques, il doit accepter que c'est le politique qui doit prendre la décision, note-t-il. "Son rôle c'est de nous aider à trouver la solution et de garder une réserve." Avec parfois, de part et d'autre, de l'incompréhension. "Moi aussi, il y a eu des décisions politiques que je ne comprenais pas", précise Leïla Belkhir. "Parfois on se dit que certaines choses ne collent pas. Il y a parfois un décalage entre la réalité et certaines décisions politiques", dit-elle. "Mais il faut en effet que quelqu'un tranche, et ça c'est le rôle du politique."Mais quand ces mesures sont prises, le citoyen doit en être informé...et les appliquer. Ce qui n'est pas toujours évident. Parce que les mesures sont mal expliquées ? "Les gens sont fatigués, tout le monde en a marre. Le rôle du politique aujourd'hui c'est d'expliquer les enjeux. Sur les réseaux sociaux, les gens disent : 'il n'y a plus de malade, tout va bien'. Il faut qu'un leader politique, quel qu'il soit, explique le contexte", ajoute Belkhir. "On manque toujours de personnel soignant, les hôpitaux essaient de rattraper le retard... si on veut l'adhésion, il faut que les gens comprennent qu'on ne veut pas soigner que le Covid, mais tout le monde." Et pour cela, il faut explique ce que l'on veut, où on va, quel est l'objectif... "Il faut une ligne conductrice, et ça manque. Mais cela va peut-être arriver avec le nouveau baromètre". "Les gens réagissent quand il y a une perception du risque", confirme Olivier Luminet. "Il faut donner cette perspective sur le long terme. Il ne faut pas avoir peur de dire aux gens que ça va durer encore 12 mois. Le baromètre devrait aider, car les gens vont pouvoir se construire de scénario". Le baromètre a été évoqué fin mai et voilà seulement qu'il arrive. Mais pour le lancer, il faut que tout ait été réfléchi. "Il est capital que ça ait du sens pour que les gens aient l'impression de reprendre le contrôle sur leur vie". Il conseille, par exemple, de noter ses comportements de la semaine, d'autoévaluer ses activités et le risque pris, et d'adapter son comportement futur : cela peut aider à se responsabiliser. Comment bien communiquer envers le citoyen ? "L'enjeu de la pédagogie est fondamental. Avec celui de la parole politique", juge Georges-Louis Bouchez. "Aux États-Unis, un médecin, le Dr Anthony Fauci, a été désigné pour suivre l'épidémie. Il participait aux conférences de presse, avec le président Trump, et l'adhésion envers lui était bonne. La parole politique doit être réhabilitée, surtout dans une époque où le conspirationnisme a un grand succès." Mais si le politique doit expliquer, les médias doivent aussi aider, note le président du MR, très critique. "Quand deux spécialistes du même domaine disent deux choses différentes dans le même journal, ça n'aide pas la population." Un constat que rejoint Leila Belkhir, qui estime que les médias peuvent jouer le rôle de factchecker pour démêler les contradictions ou expliquer ce qui se passe dans d'autres pays, par exemple. Olivier Luminet plaide aussi pour des aspects plus "ludiques" et créatifs dans le récit médiatique. "Il y a des choses à faire, donner des conseils pratiques, pédagogiques et moins anxiogènes. Cela responsabiliserait de manière positive les citoyens. Il ne faut pas augmenter l'angoisse". Et pour cela, il faut aussi de la bienveillance entre tous ces différents acteurs. Va-t-on trouver des manières de fonctionner pour être plus efficaces, entre experts et politiques ? "On a tout intérêt à tirer les leçons de ce qu'on aura vécu", notamment au niveau stratégie, mise en place de groupe de réflexion... dit Leila Belkhir. "Mais chacun doit quand même rester dans son rôle." C'est également l'avis d'Olivier Luminet, pour qui tout le monde a un rôle à jouer, sans exception. "On est tous acteurs. C'est ça qui est particulier. L'expert ou le politique est aussi un citoyen qui rencontre la crise dans sa vie quotidienne. On peut changer les choses tous ensemble, avoir un projet commun sur un enjeu majeur peut faire changer les choses. Comme avec la crise climatique. On s'inscrit dans le long terme."Le président du MR précise par ailleurs que le recours aux experts n'est pas nouveau dans la politique. Mais la crise l'a rendu plus visible. "On a toujours avancé comme ça. Il faudra profiter de cette occasion pour que les trois piliers (politique-média-citoyen) se comprennent mieux et se parlent mieux." Opposer experts et politiques est une erreur, "on est des partenaires." Cette crise va-t-elle amener des choses positives ? "Peut-être, mais c'est d'abord un révélateur des disparités sociales. Les personnes précarisées sont plus touchées par la crise. J'espère qu'on va tirer des leçons positives, comme la revalorisation du personnel soignant et la solidarité. On ne pourra s'en sortir sans, chacun doit faire un effort", conclut Leila Belkhir.