Les assouplissements décidés mardi par le Comité de concertation sont-ils viables? Cohérents? Comment va-t-on les évaluer? Vont-ils laisser des traces sur le plan politique, alors que le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, s'est quelque peu fait forcer la main, sur fond de tensions avec le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA)? Le sujet faisait l'objet d'une série de questions d'actualité à la Chambre, ce mercredi après-midi.
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Les assouplissements décidés mardi par le Comité de concertation sont-ils viables? Cohérents? Comment va-t-on les évaluer? Vont-ils laisser des traces sur le plan politique, alors que le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, s'est quelque peu fait forcer la main, sur fond de tensions avec le ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA)? Le sujet faisait l'objet d'une série de questions d'actualité à la Chambre, ce mercredi après-midi.Des nuances ont été perceptibles au sein de la majorité Vivaldi, notamment les craintes du parti de Frank Vandenbroucke ou les regrets libéraux au sujet des expressions matinales de certains experts.Patrick Prévot, député PS, ouvre le bal. "On ne va pas se mentir, c'est un vent de liberté qui a soufflé, se réjouit-il. Un été synonyme d'assouplissements. L'horizon s'éclaircit." Le respect des règles de base et la vaccination seront toutefois nécessaires, insiste-t-il. "Où en sont les concertations au sujet des protocoles mis en place? Et puis, il y a le Corononapass, enfin le Corona safety ticket pour faire plaisir à certains (Il vise le MR, qui refusait le Coronapass - Ndlr). Je sais que vous êtes fan de Tomorrowland, monsieur le Premier ministre: comment allez-vous garantir un accès égal à toutes et à tous?".Melissa Depraetere (Vooruit) se réjouit de ces "belles perspectives pour l'été" avec ce plan en étapes. Mais elle relaie les inquiétudes du ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke, du même parti qu'elle. "Il est conditionné, aussi, souligne-t-il. Nous n'y arriverons pas sans efforts." La socialiste reconnaît certaines craintes: " Comment va-t-on minimiser les risques? Comment va-t-on assurer la sécurité?" Il s'agirait, notamment, d'utiliser les tests. "Pourquoi le Comité de concertation n'a-t-il pas choisi de sécuriser les événements de l'été en misant sur ces tests?""Des mois durant, la plupart des citoyens ont respecté les mesures, dit Servais Verherstraeten (CD&V). les campagnes de vaccination sont bien organisées. C'est ce qui nous permet de retrouver notre liberté." Le social-chrétien se focalise sur la famille et les liens social. "Je plaide pour que plus grandes fêtes en famille puisse être possibles à l'intérieur, je pense aux communions", dit-il.Egbert Lachaert (Open VLD) évoque l'impact socio-économique important de cette pandémie et sur les difficiles restrictions des libertés. "Le Comité de concertation a pris les décisions pour nous permettre de sortir de cette crise, en préservant cette liberté", se félicite-t-il.Denis Ducarme (MR): "Au nom du MR, nous souhaitions vous dire notre satisfaction. Nous plaidions depuis de nombreuses semaines pour ce retour des libertés. Nous regrettons toutefoisles expressions de certains experts qui critiquent certaines mesures ce matin dans la presse, cela crée du flou. Il s'agira aussi pour la mise en pratique de davantage de concertations, pour éviter des couacs comme l'horeca. Allez-vous d'ailleurs revenir sur cette décision concernant le plexiglas, qui leur fait perdre 25% de la fréquentation?" Un autre bémol, ajoute encore Denis Ducarme: "Votre ministre de la Santé bloque la technique de l'UV. C'est un des outils qui peut nous aider."Peter De Roover (N-VA) souligne qu'il ne faut pas inverser la logique: les assouplissements ne doivent pas masquer que les libertés doivent être retrouvées. "Votre gouvernement part trop aisément du principe qu'une entreprise, c'est comme une ampoule que l'on allume et que l'on étend", regrette-t-il encore Le chef de file nationaliste critique lui aussi la mesure "plexiglas" concernant l'horeca.Alexander De Croo (Open VLD), se félicite que l'on a franchit un cap: on passe d'une approche collective à une approche individuelle avec une "gestion du risque". "On sait bien qu'une société à zéro risque, cela n'existe pas, mais on prend des mesures pour faire en sorte que cela se fasse de manière sûre.""Ce n'est pas un moment d'euphorie, c'est un moment de responsabilité, de prudence et de confiance", souligne le Premier ministre.Les assouplissements se font pas à pas, dit Alexander De Croo. La prochaine étape d'assouplissement a lieu le 9 juin, avec deux millions de personnes vaccinées en plus. Le libéral se félicite de l'accélération de la campagne de vaccination. "On le fera progressivement, pas à pas, avec une méthode sûre, dit-il, comme pour rassurer son ministre de la Santé. "Nous sommes conscients de la nécessité d'assurer un suivi de la situation."La responsabilité, insiste-t-il, ne concerne pas que les politiques, mais aussi les employeurs, les l'horeca, les salles de fitness, les organisateurs d'événements "de toutes tailles". Le "corona safe ticket", insiste-t-il, doit être temporaire, décidé par les autorités et concernant l'accès à ces événements. "Il ne concernera pas l'accès aux restaurants ou aux coiffeurs, conclut-il, ce n'est pas la société que nous voulons avoir."