MR, Open VLD, Ecolo et Groen ne veulent pas être le jouet du tandem De Wever-Magnette. Les partis l'ont dénoncé dans un communiqué de presse surprenant qu'ils ont envoyé conjointement. D'un seul coup, les plans communautaires de la "bulle des cinq" (N-VA, CD&V, CDH, PS et sp.a) sont vus avec suspicion.
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MR, Open VLD, Ecolo et Groen ne veulent pas être le jouet du tandem De Wever-Magnette. Les partis l'ont dénoncé dans un communiqué de presse surprenant qu'ils ont envoyé conjointement. D'un seul coup, les plans communautaires de la "bulle des cinq" (N-VA, CD&V, CDH, PS et sp.a) sont vus avec suspicion."C'est une décision stratégiquement intelligente", analyse le politologue flamand Dave Sinardet (VUB). "Ils avaient l'impression d'être montés les uns contre les autres et d'être utilisés par la bulle des cinq."Le virage vers un gouvernement sans la N-VA a commencé, selon certains membres de la N-VA.Dave Sinardet : Pour l'instant, il n'y a pas de coalition Vivaldi en place (composé des familles socialistes, libérales, vertes et chrétiennes-démocrates, ndlr). Le CD&V est trop collé à la N-VA. Mais dans tous les cas, c'est l'occasion pour l'Open VLD de se profiler. C'est uniquement grâce au nouveau virage de la N-VA.De quel virage parlez-vous ?En 2014, il y a le "virage de Bracke" (nom donné au changement de cap de la N-VA en vue des élections de la même année, ndlr). Le parti a laissé tomber le communautaire en échange d'une politique socio-économique de droite. Maintenant, ils font à nouveau demi-tour, si l'on en croit l'accord fait avec le PS. En échange de concessions socio-économiques, ils obtiennent des éléments communautaires.Alors pourquoi est-ce tentant pour l'Open VLD ?Les libéraux peuvent maintenant se présenter comme la garantie d'une politique plus libérale. Pendant des années, la N-VA a été un concurrent majeur dans ce domaine, mais avec cet accord, elle le cède.Cependant, la N-VA souhaite intégrer l'Open VLD - sans le MR.De Wever a commis une grosse erreur d'appréciation. Il pensait qu'il allait réussir à attirer l'Open VLD. Peut-être visait-il à créer des divisions dans le parti pour qu'ils soient prêt à abandonner le MR. Mais cela n'a pas fonctionné. Le fait qu'il ait commencé à faire pression sur eux a dégradé les relations personnelles. C'était une mauvaise intuition. Mais il y a un élément plus essentiel qui rend la coalition bourguignonne (socialistes, libéraux et nationalistes, ndlr) compliquée. C'est-à-dire ?L'accord entre la N-VA et le PS se résume grosso modo à une politique socio-économique de gauche et à une réforme de l'État. Les trois partis sp.a, CD&V et cdH sont d'accord avec cela. Mais cela ne fait que 70 sièges. Avec la participation d'un nouveau partenaire, le "château de cartes" risque de s'effondrer. Des ajustements seront en effet nécessaires, au détriment de la N-VA ou du PS.Quelle est la prochaine étape ?Il est clair que le travail ne peut pas continuer comme ça. Il y a 70 sièges, mais en même temps, il n'y a pas d'alternative immédiate. Bien que le terrain de jeu puisse s'ouvrir à nouveau. Pendant un an, on a dit que les deux plus grands partis devaient trouver un accord. Cela s'est maintenant réellement produit dans une large mesure. Si cela échoue à nouveau, cela ouvre la voie à d'autres coalitions.