Mortalité

A en croire les chiffres provisoires de l'Office de belge statistique Statbel, la Belgique est en sous-mortalité pour les trois premiers mois de 2021. Pour l'année 2020, les chercheurs de l'UCLouvain dénombrent une hausse de 17% des décès par rapport à la moyenne des années 2016-2019, soit le niveau de surmortalité le plus élevé observé depuis la Seconde Guerre mondiale. En revanche, pour la période du 1er janvier au 31 mars 2021, Statbel dénombre 28 926 décès, soit 2 469 de moins qu'à la même période en 2020 (qui comptait toutefois un jour de plus, 2020 étant une année bissextile) qui marque le début de la pandémie de Covid-19 en Belgique. Pour les années 2017 à 2019, l'institut compte également moins de décès par rapport aux trois premiers mois de 2021.
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A en croire les chiffres provisoires de l'Office de belge statistique Statbel, la Belgique est en sous-mortalité pour les trois premiers mois de 2021. Pour l'année 2020, les chercheurs de l'UCLouvain dénombrent une hausse de 17% des décès par rapport à la moyenne des années 2016-2019, soit le niveau de surmortalité le plus élevé observé depuis la Seconde Guerre mondiale. En revanche, pour la période du 1er janvier au 31 mars 2021, Statbel dénombre 28 926 décès, soit 2 469 de moins qu'à la même période en 2020 (qui comptait toutefois un jour de plus, 2020 étant une année bissextile) qui marque le début de la pandémie de Covid-19 en Belgique. Pour les années 2017 à 2019, l'institut compte également moins de décès par rapport aux trois premiers mois de 2021. Meurt-on donc moins du Covid ? La mortalité attribuée au Covid est en effet moins importante que durant les deux premières vagues. La semaine la plus mortelle de la première vague comptabilisait 1980 décès, tandis que celle de la deuxième vague en comptait 1435. Si on meurt toujours du Covid, pas plus de 290 personnes en sont décédées sur une semaine durant la troisième vague. Mais cela n'explique pas que la mortalité soit en-deça de la moyenne estimée. L'explication la plus probable serait que des personnes décédées en 2020 l'ait été prématurément, de quelques mois voire un an. Ces personnes, à risque et fragiles, ont gonflé les chiffres des deux premières vagues, où une surmortalité a clairement été observée. Si en termes d'hospitalisation les choses s'améliorent doucement avec une lente diminution des nouvelles hospitalisations depuis 3 semaines, la situation dans les services de soins intensifs reste tendue avec 925 lits occupés par des patients covid, dont 534 sont sous ventilation mécanique. A titre de comparaison, lors de la première et deuxième vague, les pics aux soins intensifs étaient de 1286 patients en avril 2020 (dont 1013 sous ventilation) et 1474 patients en novembre 2020 (dont 907 sous ventilation).On est donc encore éloigné de la saturation rencontrée lors des premières vagues. Dans ce contexte, le fait que lors des précédentes vagues le nombre de personnes hospitalisées dans les unités de soins intensifs a diminué plus rapidement que ce que l'on constate actuellement, serait presque une bonne nouvelle. Cette lente diminution indique que les patients qui se retrouvent aux soins intensifs ont plus de chance de survivre au virus. Du coup, les lits dans ces services se libèrent moins rapidement. "Les chiffres sont stables, mais on observe une stagnation depuis 3 semaines. C'est dû à la chronicité des patients Covid, ils restent longtemps en soins intensifs et libèrent lentement les lits, explique Cynthia Colson, porte-parole CHU Tivoli. "C'est de plus en plus difficile pour le personnel, car cela devient long".Tout porte à croire que les vaccins actuellement administré à la population belge est efficace contre le variant britannique. Début janvier, certains experts estimaient cependant que le nouveau variant britannique du Covid-19 était une "une bombe à retardement". Depuis, l'on sait que le vaccin contre le coronavirus développé par Pfizer/BioNtech offre une bonne protection contre les variants britanniques et sud-africains. Idem pour le vaccin d'AstraZeneca qui ne serait pas moins efficace contre le "variant anglais" devenu majoritaire en Belgique. Et après le variant anglais, brésilien, sud-africain,... c'est le variant indien suscite désormais l'inquiétude. Selon les scientifiques, il semblerait plus contagieux que le virus d'origine. Mais pour le Pr Goldman immunologiste et président de l'Institut pour l'innovation en santé (ULB), interrogé par La Libre, le fait que ces mutations se retrouvent ensemble sur le même variant fait effectivement craindre une moins bonne efficacité des vaccins. "Mais une moins bonne efficacité ne veut pas dire que les vaccins ne protègent plus. C'est ce que l'on a déjà vu avec le variant sud-africain B.1.351. Les personnes vaccinées avec les vaccins à ARN restent protégées contre les formes de Covid les plus graves causées par ce variant", déclare le spécialiste. Et pour éviter la multiplication des variants de plus en plus contagieux qui trouverait leur creuset de développement dans les pays ou le virus circulent rapidement, il serait bon de gagner la course à la vaccination partout dans le monde. Comme l'OMS le signale : "Personne n'est protégé tant que tout le monde n'est pas protégé". Avec un peu de chance, le virus va nous obliger à vraiment jouer la solidarité planétaire.Comment évolue donc l'épidémie en Belgique ? Notre pays a entamé une troisième vague début 2021. Mais lorsqu'on regarde les différents indicateurs, c'est surtout aux soins intensifs que cette courbe est marquée en tant que telle. On se situe pour l'instant sur un plateau, plutôt élevé. Pourtant, des mesures mises en place par le gouvernement (réduction de la bulle extérieur, fermeture des métiers de contacts, commerces "non essentiels" sur rendez-vous, fermeture de l'école une semaine de plus) devaient permettre de casser cette progression, afin de pouvoir respecter les engagements, notamment vis-à-vis du secteur de l'horeca. Mais l'efficacité de cette "pause de Pâques" est moins visible qu'espéré. Lors de la conférence de presse de mardi, le porte-parole de la lutte anti-Covid Yves Van Laethem a confirmé cette pause de quatre semaine avait eu moins d'impact que prévu. C'est aussi l'avis de Niel Hens, biostatisticien de l'UAntwerpen et de l'UHasselt, interrogé dans l'émission De Afspraak. Il craint par ailleurs que les effets néanmoins observés, avec un ralentissement de la progression, ne soient que de courte durée. Avec un paramètre crucial : le comportement de chacun. "Le baromètre de la motivation montre que le nombre de contacts à risque a augmenté. Cela explique pourquoi nous n'obtenons pas de signaux clairs dans les différents chiffres". Selon lui, il est donc encore trop tôt pour parler d'assouplissement. "Sur la base du comportement que les gens ont manifesté en septembre 2020, nous avons calculé de nouveaux modèles de simulation autour des admissions à l'hôpital avec des assouplissements à partir du 7 mai (restauration ouverte, cinq contacts rapprochés par personne, événements à audience limitée)." Selon ces modèles, reculer ces mesures de 2 semaines pourrait avoir un impact important sur la courbe des admissions à l'hôpital.