Le QVax est pris d'assaut. La liste d'attente pour espérer obtenir un vaccin était saturée ce mardi matin, avec une liste d'attente dépassant les cent mille personnes. Entendez: une liste d'attente.... pour espérer s'inscrire sur ce site. Obtenir le précieux vaccin, c'est encore une autre histoire. Pour espérer voir le bout du tunnel, il convient donc de se battre pour tenter de remplir une formalité administrative, comme dans un mauvais film digne de la série Hunger games.
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Le QVax est pris d'assaut. La liste d'attente pour espérer obtenir un vaccin était saturée ce mardi matin, avec une liste d'attente dépassant les cent mille personnes. Entendez: une liste d'attente.... pour espérer s'inscrire sur ce site. Obtenir le précieux vaccin, c'est encore une autre histoire. Pour espérer voir le bout du tunnel, il convient donc de se battre pour tenter de remplir une formalité administrative, comme dans un mauvais film digne de la série Hunger games.Si certains saluent l'initiative de QVax et soulignent combien il faut avoir de la patience, d'autres internautes se demandent pourquoi une telle initiative fut aussi tardive. En règle générale, le mécontement prévaut, à juste titre. Bien sûr, cette cohue induit une raison de satisfaction: un grand nombre de Belges a hâte de se faire vacciner, alors qu'il s'agit de la clé pour retrouver la liberté. Mais pour y arriver, quel parcours du combattant!Vous vous souvenez des Hunger Games? Dans cet excellent film de science-fiction, dont le premier épisode date de 2012,les tributs doivent s'affronter lors d'un jeu organisé par les dirigeants lors d'un combat à mort au terme duquel il ne peut y avoir qu'un seul vainqueur. La métaphore est, certes, un peu forte, mais entre cette liste d'attente sur laquelle tout le monde se presse, les catégories préférentielles pour la vaccination décidées par les gouvernants et les combats menés par certaines catégories pour en faire partie (voyez les menaces de grève des enseignants ou les requêtes des puéricultrices), on a tout de même l'impression d'assister à un mauvais remake de ce film dans la réalité. Et vous, pauvre quidam, quand recevrez-vous votre vaccin? Il ne vous reste qu'à attendre la fin de la loterie, des pénuries de dose, en regardant régulièrement les portes des centres s'ouvrir et se fermer au rythme des arrivages. Et l'on ne parle même pas des débats autour de la nécessité de vacciner les jeunes en priorité, pour leur permettre de retrouver cette vie dont on les prive...Faut-il donc que le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit, ex-S.PA) choisisse ce moment pour se poser la question de savoir s'il serait judicieux de donner des privilèges aux personnes qui ont déjà été vaccinées? Quelle maladresse. Bien sûr, il ne s'agit que d'une question posée aux experts en matière de Covid, de leur demander de se pencher sur un rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies qui suggère que les personnes ayant été vaccinées peuvent se rencontrer à l'intérieur, sans porter de masque. Mais alors que le combat fait rage, que ceux souhaitant se faire vacciner ne peuvent l'être, cela résonne comme une provocation. Au sein de la majorité fédérale, les libéraux flamands ont déjà exprimé leur opposition. Ce n'est pas une bonne idée, estime Egbert Lachaert, président de l'Open VLD. Nous sommes ensemble dans cette crise, nous devons en sortir ensemble." D'autres soulignent combien ce serait un mauvais signal envoyé pour l'adhésion de tous aux mesures sanitaires, déjà bien malmenées.En songeant à Hunger Games, on fait également référence à cette "guerre mondiale des vaccins" à laquelle on assiste. Les Etats-Unis gardent des vaccins dont ils n'ont pas besoin, l'Union européenne et la Grande-Bretagne se déchirent trois mois après que le Brexit a été entériné, les pays les plus démunis sont délaissés... Bientôt, l'Union européenne devrai reconquérir cette autonomie industrielle en matière de production de vaccins qu'elle avait perdue. Ce sera une victoire à la Pyrrhus. Et alors que la campagne de vaccination aura débuté de façon bien trop lente.Soyons clair, il ne s'agit pas de prétendre que la gestion de la sortie de crise du Covid est simple et l'on en sourira peut-être quand tout sera terminé, cet été au plus tôt. Mais le spectacle auquel on assiste, par moments, a de quoi faire sursauter.