Le pic de la troisième vague est peut-être derrière nous. "La tendance positive qui se dessine depuis quelques jours se poursuit, soulignait ce vendredi matin Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral. Les contaminations baissent, et les nouvelles admissions diminuent pour la première fois depuis de nombreuses semaines." Politiquement, cette évolution n'est pas neutre et est observée attentivement dans chaque camp de la majorité.
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Le pic de la troisième vague est peut-être derrière nous. "La tendance positive qui se dessine depuis quelques jours se poursuit, soulignait ce vendredi matin Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral. Les contaminations baissent, et les nouvelles admissions diminuent pour la première fois depuis de nombreuses semaines." Politiquement, cette évolution n'est pas neutre et est observée attentivement dans chaque camp de la majorité.Depuis plusieurs jours, il apparaît que cette nouvelle vague sera différente des deux précédentes. Même si l'inquiétude demeure pour l'occupation des lits en soins intensifs, qui pourrait franchir la barre des 1000. Et que le discours de Sciensano reste alarmiste, Yves Van Laethem mettant déjà en doute de possibles assouplissements le 1er mai prochain, tandis que des restaurateurs, notamment, menacent de rouvrir dans tous les cas de figure. Le débat, c'est une certitude, va se réveiller.Politiquement, des lignes bougent, d'ailleurs. Un Comité de concertation aura lieu la semaine prochaine - la date n'est pas encore fixée - pour évaluer la situation et confirmer les modalités de la reprise des écoles, le 19 avril. Dans la foulée, le bras de fer entre les alarmistes et les rassuristes - pour faire court - va retrouver de la vigueur.Le premier élément de ce débat reposera d'ailleurs sur... l'impact - ou non - des mesures décidées lors du dernier Comité de concertation, le 24 mars, notamment la refermeture des métiers de contact et des commerces non-essentiels (sauf rendez-vous). Un échange a donné le ton, ce jeudi."Ceci n'est pas une critique politique, mais une constatation: étant donné que le fléchissement avait commencé avant les mesures, il n'est pas du tout évident à l'heure actuelle de voir un réel effet de la mise en application des dernières mesures", commentait Xavier Lambert, éditeur à la RTBF. Réplique de Georges-Louis Bouchez, président du MR: "J'ai l'impression que je l'avais dit... mais bon, mieux vaut faire une polémique politique que de réfléchir aux propos qui sont tenus et à la raison pour laquelle ils sont tenus." Le libéral fait une allusion voilée aux critiques libérales émises après le dernier Comité de concertation.Au journaliste qui lui reprécise qu'il ne s'agit pas d'une critique politique, Bouchez prolonge: "Disons que j'en ai marre de me faire passer pour un hooligan politique alors que je pense qu'à chaque fois que j'avance un propos, je l'argumente. Je peux avoir tort mais je ne dis pas les choses par distraction ou impulsion, contrairement au personnage que l'on tente de créer." Le "hooligan politique" laisse entendre que lors de sa dernière intervention télévisée, sur Jeudi en prime à la RTBF, il avait volontairement évité d'exprimer son soutien à des mesures moins drastiques pour ne pas polémiquer.En clair: la thèse moins alarmiste du MR se confirmerait, si le fléchissement n'était pas dû aux mesures complémentaires. Comme un pied de nez au "recadrage" de son président par le Premier ministre, alexander De Croo (Open VLD), et par le PS, en raison de son ton dissonant.Cela donnerait aussi des arguments à ceux qui prônent un relâchement, comme promis initialement, au début du mois de mai. Le MR réitère d'ailleurs des propositions - avec le CDH! -, sous forme de concerts ou de restos test. Il s'agit aussi de rouvrir les métiers de contacts et les commerces "le plus vite possible". Mot d'ordre: "La liberté n'est pas un droit qui est conditionné. La liberté doit être une réalité, quelle que soit l'importance de l'enjeu poursuivi. Pour cela, il faut tester des protocoles, avoir des idées novatrices."Même si, fondamentalement, la situation sanitaire reste (très) fragile.Au même moment, le revirement de Frank Vandenbroucke (Vooruit, nouveau nom du SP.A) sur le vaccin AstraZeneca affaiblirait quelque peu sa position au sein de la majorité. Jeudi, sous la pression des dernières informations de l'Agence européenne des médicaments (EMA), selon lesquelles il y aurait un lien avec les thromboses chez des plus jeunes, il a été décidé, à l'issue d'une conférence interministérielle, que ce vaccin ne serait plus administré en_dessous de 56 ans. Selon Le Soir de ce vendredi, "ça gronde dans la majorité fédérale". "Est-ce à dire que la donne scientifique a changé dans ce délai de deux mois, entre le 8 février et le 7 avril?, s'interroge le quotidien. Ceci aussi: pourquoi le seuil des 56 ans? Pourquoi pas 60 ans, comme en France ou en Allemagne? Juste parce que cela aurait ralenti gravement notre campagne de vaccination, qui a retrouvé du rythme après des débuts poussifs?". Inutile de dire que ces questions ne manquent pas d'être relayée par ceux qui contestent la mainmise de Frank Vandenbroucke sur la gestion de la crise.Conclusion: il faut s'attendre à de nouvelles passes d'armes, si pas la semaine prochaine, au moins après la fin des vacances de Pâques.