Il n'y a plus de demi-mesure possible. Pour quelques semaines, du moins. Le Comité de concertation, qui rassemble le gouvernement fédéral et les Régions/Communautés, est en cours. A l'issue de cette rencontre sous haute tension, de nouvelles mesures restrictions dans la vie quotidienne des Belges sont inéluctables.
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Il n'y a plus de demi-mesure possible. Pour quelques semaines, du moins. Le Comité de concertation, qui rassemble le gouvernement fédéral et les Régions/Communautés, est en cours. A l'issue de cette rencontre sous haute tension, de nouvelles mesures restrictions dans la vie quotidienne des Belges sont inéluctables."Le nombre de cas a augmenté de façon exponentielle, soulignait jeudi à la Chambre le Premier ministre Alexander De Croo. Des mesures supplémentaires sont nécessaires." "La situation est plus grave qu'en France et aux Pays-Bas, surenchérissait Frank Vandenbroucke (SP.A), ministre des Affaires sociales. Le temps est à l'action, mais pas à l'improvisation." De toutes parts, les hôpitaux commencent à se plaindre d'un afflux de patients, y compris en soins intensifs, tout aussi important qu'au printemps.Christie Morreale (PS), ministre wallonne de la Santé, a été claire ce matin sur la Première: "Ce sera un reconfinement, on va limiter le plus possible les liens sociaux pour préserver l'éducation de nos enfants et l'accès aux soins de santé". Pour l'heure, pas encore de signes d'une conférence de presse à l'issue de ce comité de concertation. Les discussions semblent s'éterniser. En cause notamment, selon plusieurs médias, la fermeture ou non de l'horeca, qui divise les différents intervenants. Selon Le Soir, des bilatérales sont organisées pour déminer le terrain sur le sujet. Les chiffres du jour ne mentent pas, tous sont dans le rouge vif. Le nombre de personnes hospitalisées en raison du Covid s'élève à près de 2000 et la hausse quotidienne en moyenne sur une semaine s'élevait à 193, dont 288 pour la journée de jeudi. Un nouveau record de contaminations a été établi avec plus de 8500 la journée de lundi. Le Premier ministre a insisté hier: tout le territoire doit être en état d'alerte, même si la "seconde vague" touche davantage la Belgique francophone pour l'instant. Une des questions sera bien de savoir si les mesures décidées seront bien simples, fortes et homogènes, après la nouvelle confusion des derniers jours en raison d'une décentralisation parfois chaotique - à l'image des couvre-feux instaurés uniquement dans les provinces de Brabant wallon et de Luxembourg.Après le confinement pur et dur de mars-avril, il est a priori convenu que la société ne pourra pas s'arrêter complètement. Les écoles resteront ouvertes, même si des modalités peuvent être aménagées (le fameux code orange) et la prolongation du congé de Toussaint jusqu'au 11 novembre n'a... rien à voir avec la lutte contre la Covid, mais bien avec la volonté de soulager les équipes enseignantes. L'économie ne peut pas être figée comme elle l'a été au printemps: les commerces devraient rester ouverts.Alors, de quoi parle-t-on?Comme en France ou ailleurs, il est question d'un couvre-feu pour limiter les sorties le soir, mais, il reste à voir la plage horaire: le président voisin Emmanuel Macron a annoncé un couvre-feu de 21h à 6h dans les grandes villes où la situation est critique, les provinces wallonnes ont réduit cela à 1h-6h du matin, on parle beaucoup d'une tranche 23h-6h, pour ne pas étouffer les restaurants, mais est-ce suffisant? Le débat aura sans doute lieu en Comité de concertation.Les contacts sociaux seront limités, c'est sûr. Le gouvernement De Croo avait proposé une "règle des quatre" à son arrivée, on évoque désormais une "bulle" de... une personne par personne, pas davantage. Cette mesure pourrait être valable partout ou dans les zones critiques - on songe aux villes, essentiellement.Enfin, le télétravail ne deviendrait plus "fortement conseillé", mais "obligatoire, sauf si impossible": une forme de reconfinement des entreprises préservant l'activité. A cet égard, l'acquis du premier confinement dans le mode de fonctionnement de la vie économique est précieux.Il est également question de limiter les déplacements non-essentiels, ce qui a aussi un petit goût de confinement.En plus de tout cela, le Comité de concertation devrait présenter le fameux baromètre que l'on attend depuis un mois. L'idée n'est autre que de baliser plus clairement la vie sous l'ère Covid avec des codes couleurs ou des chiffres liés à la température sanitaire du moment. Il sera présenté à l'heure où cette température est torride: dès ce week-end, notre vie va devoir se réadapter fortement.