Actuellement, la communauté scientifique s'accorde pour dire que le vaccin ne suffit plus pour se protéger contre la transmission. Ce mercredi encore, le biostatisticien Geert Molenberghs a expliqué devant le Parlement flamand que la troisième dose ne permettrait pas de stopper complètement les infections. "Nous n'allons pas réussir à stopper complètement les infections avec les boosters", a-t-il déclaré. "Mais vous pouvez constater les effets très importants sur l'hospitalisation, les soins intensifs et la mortalité. C'est de ça qu'il s'agit. Pour le reste, nous avons besoin de mesures supplémentaires." "Dans la situation actuelle, la vaccination seule ne nous permettra pas d'empêcher l'impact du variant Omicron, car il n'y a pas le temps pour combler les déficits de vaccination toujours existants", a de son côté déclaré la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon.

Les experts s'accordent également pour dire qu'il diminue considérablement la possibilité de développer une forme grave du Covid. Les vaccins auraient ainsi permis d'éviter 30 000 hospitalisations en Belgique en 2021.

Uniquement les personnes vulnérables?

Des conclusions qui poussent Nathan Clumeck à se focaliser sur les personnes à risque. "Imposer la vaccination obligatoire pour tous risque de provoquer une incompréhension auprès de la population, et c'est d'ailleurs un des points de ceux qui manifestent" expliquait au Vif le chef de service honoraire des maladies infectieuses à l'Hôpital universitaire Saint-Pierre à Bruxelles. "Par contre si on le rend obligatoire pour les personnes fragiles, les personnes âgées et, j'insiste, les jeunes qui ont des facteurs de risques comme l'obésité ou des traitements pour une greffe, qui sera contre, franchement ? Si on applique la stratégie à la protection des gens plutôt qu'à chercher à éliminer la circulation du virus, on a de réelles chances d'avoir une plus grande adhésion de la population. Mais il s'agit là d'un changement complet de paradigme et ce n'est pas ce qu'on fait en ce moment."

Il faut viser une "immunité collective de protection" - Nathan Clumeck

Dans son récent livre, "La Menace virale", le professeur en maladies infectieuses expliquait ceci: "Plutôt qu'une problématique "immunité de groupe" qui, pour espérer bloquer la transmission du virus, impliquerait la vaccination de très jeunes enfants ou une vaccination généralisée obligatoire qui se heurtera toujours à la résistance d'un pourcentage non négligeable de la population, il faut viser une "immunité collective de protection". Une immunité qui, pour permettre à notre société et à son système de santé de fonctionner le plus normalement possible, vise avant tout à protéger contre les formes sévères du Covid-19 de la manière la plus extensive possible les personnes vulnérables par leur âge ou leurs comorbidités et les personnes à risque en raison de leur activité professionnelle. (...) Ceci reste vrai tant que n'apparaîtra pas un variant qui aurait une virulence capable de provoquer des manifestations graves du Covid-19 quel que soit l'âge, auquel cas la vaccination même des plus jeunes pourrait devenir alors une nécessité."

Se protéger tout seul?

Interrogé dans l'émission Déclic(RTBF) ce mardi, l'épidémiologiste Marius Gilbert rejoint Nathan Clumeck sur une partie de ses propos. "La stratégie du tout-vaccinal est trop courte face aux variants éventuels. Tout investir dans la stratégie de la vaccination a un certain nombre de limites et de risques. Il faut peut-être découpler le mode de pensées. Regarder d'une part ce qu'on peut faire pour ralentir et limiter au maximum la transmission. Et là on voit bien que le vaccin n'est pas suffisant et qu'à côté du vaccin, il faut maintenir et développer un certain nombre d'instruments. Et à côté de cela, il y a la vaccination dont la fonction première est une fonction de protection."

Par contre, il se montre plus nuancé quant au fait de ne vacciner que les personnes à risque. "C'est un argument qu'on entend depuis très longtemps: que les personnes à risque se protègent. Soit avant les vaccins, que les personnes à risque restent chez elles et limitent leurs contacts sociaux. Et maintenant qu'il y a le vaccin, qu'elles se vaccinent et limitent leurs contacts sociaux. Et là, ça part d'un présuposé, qui à mon avis est faux, qui est de dire que tout personne est capable de se protéger. Or on sait très bien que cette protection, certaines personnes la refusent. On voit bien qu'il y a un certain nombre de personnes qui ont accès à l'information mais qui font le choix délibéré de ne pas se faire vacciner. Et puis il y a d'autres catégories de la population pour lesquelles il y a d'autres obstacles, qui sont des obstacles par rapport à l'information. Qui sont des population précarisées. Et chez ces populations-là, les personnes à risque seraient les premières touchées par le fait qu'on laisse la transmission se dérouler. Et puis il y a encore une troisième catégorie de personnes qui sont des personnes qui sont à risque sans le savoir. Parce qu'on sait qu'une certaine proportion des personnes qui font des formes sévères n'ont pas nécessairement les facteurs de risques que l'on connait de comorbidité, d'obésité, d'âge..."

L'efficacité du vaccin n'est pas ailleurs pas totale. Ce qui est un autre argument selon Marius Gilbert pour continuer à limiter la transmission. "L'efficacité vaccinale par rapport au risque d'hospitalisation n'est pas complète. C'est- à-dire qu'il y a encore un certain pourcentage de personnes qui peuvent se retrouver à faire des formes sévères, même lorsqu'elles sont vaccinées. On le voit, en chiffres absolus, il y a pas mal de personnes vaccinées qui sont hospitalisées. Si on laisse monter la transmission, on en aurait plus aussi."

Actuellement, la communauté scientifique s'accorde pour dire que le vaccin ne suffit plus pour se protéger contre la transmission. Ce mercredi encore, le biostatisticien Geert Molenberghs a expliqué devant le Parlement flamand que la troisième dose ne permettrait pas de stopper complètement les infections. "Nous n'allons pas réussir à stopper complètement les infections avec les boosters", a-t-il déclaré. "Mais vous pouvez constater les effets très importants sur l'hospitalisation, les soins intensifs et la mortalité. C'est de ça qu'il s'agit. Pour le reste, nous avons besoin de mesures supplémentaires." "Dans la situation actuelle, la vaccination seule ne nous permettra pas d'empêcher l'impact du variant Omicron, car il n'y a pas le temps pour combler les déficits de vaccination toujours existants", a de son côté déclaré la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon.Les experts s'accordent également pour dire qu'il diminue considérablement la possibilité de développer une forme grave du Covid. Les vaccins auraient ainsi permis d'éviter 30 000 hospitalisations en Belgique en 2021.Des conclusions qui poussent Nathan Clumeck à se focaliser sur les personnes à risque. "Imposer la vaccination obligatoire pour tous risque de provoquer une incompréhension auprès de la population, et c'est d'ailleurs un des points de ceux qui manifestent" expliquait au Vif le chef de service honoraire des maladies infectieuses à l'Hôpital universitaire Saint-Pierre à Bruxelles. "Par contre si on le rend obligatoire pour les personnes fragiles, les personnes âgées et, j'insiste, les jeunes qui ont des facteurs de risques comme l'obésité ou des traitements pour une greffe, qui sera contre, franchement ? Si on applique la stratégie à la protection des gens plutôt qu'à chercher à éliminer la circulation du virus, on a de réelles chances d'avoir une plus grande adhésion de la population. Mais il s'agit là d'un changement complet de paradigme et ce n'est pas ce qu'on fait en ce moment."Dans son récent livre, "La Menace virale", le professeur en maladies infectieuses expliquait ceci: "Plutôt qu'une problématique "immunité de groupe" qui, pour espérer bloquer la transmission du virus, impliquerait la vaccination de très jeunes enfants ou une vaccination généralisée obligatoire qui se heurtera toujours à la résistance d'un pourcentage non négligeable de la population, il faut viser une "immunité collective de protection". Une immunité qui, pour permettre à notre société et à son système de santé de fonctionner le plus normalement possible, vise avant tout à protéger contre les formes sévères du Covid-19 de la manière la plus extensive possible les personnes vulnérables par leur âge ou leurs comorbidités et les personnes à risque en raison de leur activité professionnelle. (...) Ceci reste vrai tant que n'apparaîtra pas un variant qui aurait une virulence capable de provoquer des manifestations graves du Covid-19 quel que soit l'âge, auquel cas la vaccination même des plus jeunes pourrait devenir alors une nécessité."Interrogé dans l'émission Déclic(RTBF) ce mardi, l'épidémiologiste Marius Gilbert rejoint Nathan Clumeck sur une partie de ses propos. "La stratégie du tout-vaccinal est trop courte face aux variants éventuels. Tout investir dans la stratégie de la vaccination a un certain nombre de limites et de risques. Il faut peut-être découpler le mode de pensées. Regarder d'une part ce qu'on peut faire pour ralentir et limiter au maximum la transmission. Et là on voit bien que le vaccin n'est pas suffisant et qu'à côté du vaccin, il faut maintenir et développer un certain nombre d'instruments. Et à côté de cela, il y a la vaccination dont la fonction première est une fonction de protection."Par contre, il se montre plus nuancé quant au fait de ne vacciner que les personnes à risque. "C'est un argument qu'on entend depuis très longtemps: que les personnes à risque se protègent. Soit avant les vaccins, que les personnes à risque restent chez elles et limitent leurs contacts sociaux. Et maintenant qu'il y a le vaccin, qu'elles se vaccinent et limitent leurs contacts sociaux. Et là, ça part d'un présuposé, qui à mon avis est faux, qui est de dire que tout personne est capable de se protéger. Or on sait très bien que cette protection, certaines personnes la refusent. On voit bien qu'il y a un certain nombre de personnes qui ont accès à l'information mais qui font le choix délibéré de ne pas se faire vacciner. Et puis il y a d'autres catégories de la population pour lesquelles il y a d'autres obstacles, qui sont des obstacles par rapport à l'information. Qui sont des population précarisées. Et chez ces populations-là, les personnes à risque seraient les premières touchées par le fait qu'on laisse la transmission se dérouler. Et puis il y a encore une troisième catégorie de personnes qui sont des personnes qui sont à risque sans le savoir. Parce qu'on sait qu'une certaine proportion des personnes qui font des formes sévères n'ont pas nécessairement les facteurs de risques que l'on connait de comorbidité, d'obésité, d'âge..." L'efficacité du vaccin n'est pas ailleurs pas totale. Ce qui est un autre argument selon Marius Gilbert pour continuer à limiter la transmission. "L'efficacité vaccinale par rapport au risque d'hospitalisation n'est pas complète. C'est- à-dire qu'il y a encore un certain pourcentage de personnes qui peuvent se retrouver à faire des formes sévères, même lorsqu'elles sont vaccinées. On le voit, en chiffres absolus, il y a pas mal de personnes vaccinées qui sont hospitalisées. Si on laisse monter la transmission, on en aurait plus aussi."