La Belgique a, une fois de plus, su montrer qu'elle était une éternelle mauvaise élève en matière de lutte contre le corona. Alors que l'on pensait le plus gros de la crise derrière nous, voilà que l'épidémie nous percute de plein fouet, pour la deuxième fois. Et c'est là tout le problème : peut-être avons-nous relâché trop vite notre vigilance ?
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La Belgique a, une fois de plus, su montrer qu'elle était une éternelle mauvaise élève en matière de lutte contre le corona. Alors que l'on pensait le plus gros de la crise derrière nous, voilà que l'épidémie nous percute de plein fouet, pour la deuxième fois. Et c'est là tout le problème : peut-être avons-nous relâché trop vite notre vigilance ?Pour répondre rapidement à cette hausse des indicateurs, le gouvernement prend alors la décision de fermer bars et restaurants pendant un mois. Mais beaucoup estiment que s'attaquer au secteur horeca n'était pas la priorité absolue. C'est au niveau du testing que la stratégie belge coince. Car la multiplication des tests en plein coeur de l'épidémie crée vite un embouteillage dans les centres de prélèvement et dans les laboratoires. La chaîne "Isoler-Tester-Tracer", un ingrédient anti-Covid pourtant indispensable, n'est pas efficace. Résultat : pour un test sur deux, le résultat arrive en retard. D'où la nécessité de réformer la stratégie de tests du pays.Une conférence interministérielle doit avoir lieu aujourd'hui afin d'annoncer une nouvelle stratégie, qui reposerait sur deux piliers, selon les informations du Soir.On le constate : le système de testing actuel n'est pas efficace. Un Belge sur deux n'obtient pas ses résultats dans les 24H, délai pourtant essentiel pour lutter efficacement contre la Covid. Laboratoires et médecins généralistes sont submergés par la demande et même les centres de tests n'arrivent plus à suivre. Certains sont obligés de fermer temporairement afin de résorber leur retard, mais cela ne fait que déplacer le problème vers d'autres centres de tests, qui sont à leur tour débordés.Pour réguler cet afflux massif de Belges dans les centres de dépistage, la Belgique entend "tester mieux". À l'heure actuelle, on teste beaucoup de personnes "pour rien", estiment certains experts. Il faut se concentrer sur les groupes prioritaires et non pas tester les citoyens anxieux, ou les asymptomatiques qui auraient couru peu de risques.Doivent donc se faire tester, en priorité :Dans les deux cas, il est obligatoire de contacter son médecin traitant avant de se rendre dans un centre de dépistage.Le test de dépistage le plus utilisé en Belgique est le fameux PCR : un coton-tige est inséré dans le nez, jusqu'au pharynx, pour prélever les échantillons qui concentrent le virus. C'est aujourd'hui le test le plus fiable puisqu'il détecte tous les cas positifs, que les personnes testées soient malades ou asymptomatiques.Le problème est que cette méthode est lente et la procédure à suivre est complexe. Et c'est sans doute une des raisons de l'échec de la stratégie belge en matière de testing. L'analyse de l'échantillon prend en effet plusieurs heures et nécessite du personnel formé. De plus, le test est coûteux et les résultats peinent à parvenir aux médecins et patients.Le manque de robots nécessaires à l'analyse des échantillons est également un problème. Les nouvelles machines commandées par le Fédéral pour augmenter la capacité de tests ne sont pas encore arrivées. Certains robots n'arriveront pas avant début janvier, indique même Le Soir.Plutôt que de compter sur un seul et unique test, il faudrait multiplier les méthodes. Première piste des autorités : les tests antigènes, dont la rapidité n'est plus à prouver. Si ce test est moins fiable que le test PCR, car moins sensible, il a l'avantage de livrer un résultat en quelques minutes seulement, et non plus 6 à 8 heures. Ces tests ne nécessitent pas de laboratoire ou de machine pour le traitement, et leur coût est limité.Autre piste ? Les tests salivaires. Ces tests nécessitent aussi plusieurs heures d'analyse avant d'obtenir les résultats, mais l'avantage ici est que tout le monde peut le faire chez soi. Il suffit de cracher de la salive dans un petit pot, qui est ensuite envoyé en laboratoire. L'échantillon de salive sera alors analysé. Si l'utilisation des tests salivaires s'étend, elle permettra essentiellement de soulager les centres de dépistage.Pointer les failles du système et taper sur le clou est essentiel pour éviter de reproduire certaines erreurs. Le fiasco du testing est certainement une leçon à retenir. On espère que les décisions prises aujourd'hui par les autorités constitueront une base solide pour une nouvelle politique de testing plus efficace. Pour désengorger les centres de dépistage mais également soulager les laboratoires et médecins généralistes. Car la menace d'un burn-out plane sur ces piliers de la crise, sans qui le combat est perdu d'avance...