Pour enrayer la propagation du coronavirus en Belgique, de nombreuses stratégies, souvent liées, sont mises en place : réduction de contacts sociaux, geste barrière, responsabilité du citoyen, tracing et testing. Or, ces deux derniers paramètres ont été complètement oubliés lors de la conférence de presse de mardi, menée par le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. Ils font pourtant partie des piliers et doivent fonctionner correctement pour participer à la lutte contre le virus.
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Pour enrayer la propagation du coronavirus en Belgique, de nombreuses stratégies, souvent liées, sont mises en place : réduction de contacts sociaux, geste barrière, responsabilité du citoyen, tracing et testing. Or, ces deux derniers paramètres ont été complètement oubliés lors de la conférence de presse de mardi, menée par le Premier ministre Alexander De Croo et le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke. Ils font pourtant partie des piliers et doivent fonctionner correctement pour participer à la lutte contre le virus.C'est le clou sur lequel martèle l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) depuis des mois : il faut isoler les malades, mettre sur pied une stratégie de testing et rechercher les contacts. Si ce n'est pas fait, "les chaînes de transmission peuvent se maintenir à un faible niveau, puis resurgir une fois que les mesures d'éloignement physique sont levées", explique l'OMS. C'est donc assez logiquement que la Belgique, comme la plupart des pays, s'est dotée d'une stratégie en la matière. Mais la réalité est parfois plus compliquée que la théorie. Ainsi, le tracing est encore aujourd'hui en quête d'efficacité. Retards d'appels à Bruxelles et à Wallonie, trop peu d'agents par rapport à l'augmentation du nombre de tests positifs, et donc de personnes à contacter, problèmes techniques... Notre pays, qui vient en outre de lancer son application Coronalert, peut faire mieux. Mais que serait le tracing sans le testing ? Les deux sont intimement liés et, ici aussi, on note quelques difficultés. Philippe De Backer, alors en charge de la capacité de testing, avait fixé comme objectif une capacité de 90.000 tests par jour pour le mois d'octobre. Mais, si de plus en plus de tests sont réalisés chaque jour, on en est loin. On dépasse à peine 45.000, certains jours. Il faut dire que, sur le terrain, l'organisation est loin d'être évidente. C'est notamment le cas à Liège, où trois centres de tests sont temporairement fermés pour résorber les retards, mais cela ne fait que déplacer le problème vers d'autres centres de tests, qui sont à leur tour débordés, provoquant notamment des embarras de circulation. Le CHR de la Citadelle ne peut, par exemple, déjà plus garantir le résultat d'un test PCR à 24h, et si les délais ne cessent d'augmenter. Le responsable déplore le manque de réaction du gouvernement : "on est très surpris. Encore hier en conférence de presse, au niveau du testing il n'y a pas eu un mot. On ne sait pas du tout comment se positionner, comment les choses vont évoluer. On court dans tous les sens et on appelle vraiment à l'aide maintenant. On est vraiment dans le rouge là", indiquait-il ce mercredi à RTL-TVi. Mais le cas de Liège est loin d'être isolé. Dans le Brabant Wallon également, on craint le débordement. "Nous absorbons le trop-plein des personnes qui ne parviennent pas à se faire dépister à Bruxelles. Ils viennent chez nous, car, auparavant, les délais étaient moins longs. À cela s'ajoutent de nombreux étudiants de l'UCLouvain qui viennent se faire dépister", explique ainsi un médecin généraliste du centre de dépistage de Lasne à La Libre. Selon HLN, la Belgique est sur le point de modifier sa stratégie de lutte contre le coronavirus en déployant les tests rapides sur le pays. Car les tests PCR, même s'ils sont plus précis, nécessitent parfois 48h, ou même davantage, pour révéler leur résultat. De plus, leur sensibilité peut aussi détecter une infection passée, qui n'est plus d'actualité. Révélant la positivité en 15 minutes, ces tests révolutionneraient notamment la gestion de crises dans les maisons de retraite ou encore les écoles. Mais la Belgique est à la traîne : aux Pays-Bas, en Italie, au Royaume-Uni et en Allemagne, l'utilisation de tests rapides est à l'examen depuis le mois d'août, et des décisions ont même été prises. Chez nous, ce processus de réflexion n'a commencé que récemment. Cependant, les tests rapides sont actuellement moins sensibles que les tests PCR, mais ils pourraient aider à désengorger les centres de tests et affiner la stratégie belge de testing.