Pour Vincent Yzerbyt, il était "surprenant" que les autorités n'ont pas davantage fait appel "aux univers de recherche et de savoir en matière social et humaine." Résultat : la santé mentale n'a à leurs yeux pas été suffisamment prise en compte. "Arrêter l'enseignement physique doit être la dernière mesure à prendre", ont-ils notamment fait valoir.

La commission spéciale chargée d'examiner la gestion de l'épidémie de Covid-19 par la Belgique a entendu vendredi matin la pédopsychiatre Sofie Crommen, la psychiatre et membre de l'Équipe Mobile de Crise de la Région du Centre Frédérique Van Leuven et le professeur ordinaire en psychologie sociale de UCLouvain Vincent Yzerbyt. Ils ont, tous les trois, déploré l'absence de prise en compte de la santé mentale, principalement lors de la première vague de la pandémie au printemps 2020.

"De telles mesures (sanitaires) pèsent deux fois plus sur les enfants et les jeunes, qui sont toujours en développement", a relevé Sofie Crommen. "Les familles ont été énormément chargées par cette situation et des enfants ont été abandonnés à leur sort." Selon elle, "la meilleure prévention des problèmes psychiques chez les jeunes consiste à garder les écoles ouvertes". "Arrêter l'enseignement physique doit être la dernière mesure à prendre, lorsque les autres mesures ont été épuisées. Il doit toujours y avoir une offre sérieuse pour les enfants et les jeunes, même dans un contexte de pandémie", a-t-elle conclu en appelant à la mise en place d'un "plan de relance jeunesse".

Frédérique Van Leuven, qui a eu l'occasion, dans un deuxième temps, de participer au sous-groupe santé mentale établi par le Gees, a déploré des mesures prises dans une logique "top-down" (du haut vers le bas). "Les mesures n'étaient pas adaptées aux quartiers pauvres ou à la réalité des institutions. Dans de nombreux cas, l'arrêt du présentiel signifie l'arrêt des soins. La santé mentale tient aussi à une série d'acteurs de proximité, tels que les aides-ménagères."

Vincent Yzerbyt a de son côté constaté, grâce à une étude menée depuis le début de la crise en collaboration avec l'UGent, qu'il était possible de lier une baisse de la motivation de la population à une dégradation de la situation sanitaire 6 à 8 semaines plus tard. "Il ne faut pas seulement faire appel à une simple responsabilisation de la population. Il a manqué, outre une présentation claire et transparente de la situation épidémiologique, un style communicationnel qui rend compréhensible les balises mises en place. On a pêché par l'utilisation de dates plutôt que de critères."

Pour Vincent Yzerbyt, il était "surprenant" que les autorités n'ont pas davantage fait appel "aux univers de recherche et de savoir en matière social et humaine." Résultat : la santé mentale n'a à leurs yeux pas été suffisamment prise en compte. "Arrêter l'enseignement physique doit être la dernière mesure à prendre", ont-ils notamment fait valoir.La commission spéciale chargée d'examiner la gestion de l'épidémie de Covid-19 par la Belgique a entendu vendredi matin la pédopsychiatre Sofie Crommen, la psychiatre et membre de l'Équipe Mobile de Crise de la Région du Centre Frédérique Van Leuven et le professeur ordinaire en psychologie sociale de UCLouvain Vincent Yzerbyt. Ils ont, tous les trois, déploré l'absence de prise en compte de la santé mentale, principalement lors de la première vague de la pandémie au printemps 2020. "De telles mesures (sanitaires) pèsent deux fois plus sur les enfants et les jeunes, qui sont toujours en développement", a relevé Sofie Crommen. "Les familles ont été énormément chargées par cette situation et des enfants ont été abandonnés à leur sort." Selon elle, "la meilleure prévention des problèmes psychiques chez les jeunes consiste à garder les écoles ouvertes". "Arrêter l'enseignement physique doit être la dernière mesure à prendre, lorsque les autres mesures ont été épuisées. Il doit toujours y avoir une offre sérieuse pour les enfants et les jeunes, même dans un contexte de pandémie", a-t-elle conclu en appelant à la mise en place d'un "plan de relance jeunesse". Frédérique Van Leuven, qui a eu l'occasion, dans un deuxième temps, de participer au sous-groupe santé mentale établi par le Gees, a déploré des mesures prises dans une logique "top-down" (du haut vers le bas). "Les mesures n'étaient pas adaptées aux quartiers pauvres ou à la réalité des institutions. Dans de nombreux cas, l'arrêt du présentiel signifie l'arrêt des soins. La santé mentale tient aussi à une série d'acteurs de proximité, tels que les aides-ménagères." Vincent Yzerbyt a de son côté constaté, grâce à une étude menée depuis le début de la crise en collaboration avec l'UGent, qu'il était possible de lier une baisse de la motivation de la population à une dégradation de la situation sanitaire 6 à 8 semaines plus tard. "Il ne faut pas seulement faire appel à une simple responsabilisation de la population. Il a manqué, outre une présentation claire et transparente de la situation épidémiologique, un style communicationnel qui rend compréhensible les balises mises en place. On a pêché par l'utilisation de dates plutôt que de critères."