L'épidémie de coronavirus nous a appris ces derniers mois qu'il est toujours intéressant de surveiller de près ce qu'il se passe chez nos voisins frontaliers. Le RIVM, l'homologue néerlandais de l'institut de santé belge Sciensano, a annoncé dans ses derniers relevés épidémiques que le nombre d'infections aux Pays-Bas avait augmenté de 48 % au cours de la semaine écoulée pour atteindre une moyenne de 2.550 personnes contaminées par jour, rapporte De Morgen. Cette augmentation est en nette rupture avec la tendance des dernières semaines. Les responsables néerlandais surveillent de près cette évolution, car elle se traduira dans le nombre d'admissions à l'hôpital, qui augmentera dans les semaines à venir.
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L'épidémie de coronavirus nous a appris ces derniers mois qu'il est toujours intéressant de surveiller de près ce qu'il se passe chez nos voisins frontaliers. Le RIVM, l'homologue néerlandais de l'institut de santé belge Sciensano, a annoncé dans ses derniers relevés épidémiques que le nombre d'infections aux Pays-Bas avait augmenté de 48 % au cours de la semaine écoulée pour atteindre une moyenne de 2.550 personnes contaminées par jour, rapporte De Morgen. Cette augmentation est en nette rupture avec la tendance des dernières semaines. Les responsables néerlandais surveillent de près cette évolution, car elle se traduira dans le nombre d'admissions à l'hôpital, qui augmentera dans les semaines à venir.Cependant, il est toujours intéressant de relativiser ces chiffres, tempère le journal flamand. Par rapport à il y a un an, les données ne sont pas si alarmantes. En octobre 2020, sans aucune couverture vaccinale, le nombre d'infections flirtait avec les 6.000 par jour (5.850). De plus, analyse le journal, l'augmentation de la semaine dernière est nettement inférieure au pic de juillet, lorsque l'assouplissement des règles sanitaires avait provoqué une forte hausse. Pas de quoi (déjà) paniquer donc. Cependant, l'augmentation du nombre de patients observée dans les hôpitaux néerlandais inquiète les autorités, pointe De Morgen. En l'espace d'une semaine, le nombre de nouveaux patients a augmenté de 16 % pour atteindre une moyenne de 57 patients par jour. Parmi eux, neuf entrent désormais chaque jour en soins intensifs. Ce chiffre est également en hausse. Ces données chiffrées sont pertinentes pour les décisions politiques de prolonger ou non les mesures sanitaires. Le ministre de la Santé néerlandais Hugo de Jonge a déjà laissé entendre qu'il souhaitait maintenir le nombre de nouvelles admissions aux soins intensifs en dessous des 10 patients par jour. On en est pas loin. Malgré cette augmentation du nombre de patients, la situation dans les hôpitaux aux Pays-Bas est toutefois nettement meilleure qu'il y a un an. À la mi-octobre 2020, 1.500 patients étaient hospitalisés pour cause de coronavirus, dont 300 en soins intensifs. Actuellement, 512 lits sont occupés, dont 138 en soins intensifs.Des études internationales ont montré que la protection offerte par la vaccination contre les infections diminuait avec le temps. Selon ces études, le vaccin continue d'être particulièrement efficace contre les admissions à l'hôpital, car il évite de développer une forme grave de la maladie. La principale différence entre la vague actuelle et celle d'il y a un an devrait donc également être aussi visible dans les hôpitaux, qui devraient être beaucoup moins assaillis par des malades Covid.Aux Pays-Bas, le nombre d'infections est, sans surprise, particulièrement élevé dans les communes où les habitants sont moins vaccinés. La vague d'infections est donc clairement ralentie par la vaccination. Ce sont principalement les personnes non vaccinées qui se retrouvent actuellement à l'hôpital, selon les hôpitaux et le RIVM. À l'Erasmus MC, par exemple, 90 % des patients admis pour coronavirus ne sont pas vaccinés, et environ 10 % des patients présentent un trouble du système immunitaire qui rend la vaccination inefficace. En Belgique, la situation est pour le moment sous-contrôle, même si on observe que l'épidémie connait un léger rebond, surtout en Flandre, selon la mise à jour du tableau de l'institut de santé publique Sciensano ce mercredi matin. Le nombre de cas détectés a augmenté de 10% au niveau national. Cette hausse est plus marquée dans certaines provinces. En Limbourg et en Flandre occidentale (où la circulation était redescendue bien bas), l'augmentation est respectivement de 52,3% et de 43%. Elle est de 21% en Flandre orientale et de 18% à Anvers. En Wallonie, on observe aussi une augmentation importante en province de Luxembourg (+33%) et du Brabant wallon (+30%).Pour le moment, cette remontée des cas ne se marque pas par une hausse des admissions à l'hôpital. Cette moyenne est même en légère baisse (-6% sur une semaine). Il est toutefois important de souligner qu'il y a toujours un décalage entre la hausse des cas et celle des hospitalisations.Fin août, des mathématiciens des universités de Hasselt et d'Anvers avaient prédit une quatrième vague à Bruxelles au début du mois d'octobre. Le pic prédit après la rentrée des classes ne s'est donc pas fait sentir. "Pas encore" et "pas aussi fort" qu'annoncé pourrait-on préciser. Les chiffres du coronavirus en Région de Bruxelles-Capitale restent en effet élevés, mais la situation ne se détériore pas. Dans les hôpitaux bruxellois, les admissions stagnent depuis plusieurs semaines. L'augmentation des admissions a commencé à la fin du mois d'août et ne s'est pas atténuée depuis. Actuellement, il n'y a pas de transferts de patients bruxellois vers des hôpitaux hors de la région et le pic redouté de 400 admissions est encore loin dans la Capitale."Heureusement, le pic prévu ne s'est pas matérialisé", déclarait la semaine dernière au média bruxellois Bruzz le chercheur en biostatistiques Lander Willem (UAntwerpen) qui a contribué à l'élaboration des projections. "Nous pouvons dire que le nombre de nouveaux cas en septembre a été meilleur que prévu, et que la couverture vaccinale est maintenant plus élevée que pendant l'été. Les choses vont dans la bonne direction en ce moment", rassure-t-il.La couverture vaccinale a légèrement augmenté au cours du mois de septembre. Aujourd'hui, 55,1 % des Bruxellois ont été vaccinés au moins une fois contre le Covid-19. Pour l'ensemble du pays, 87% des adultes ont reçu au moins une dose de vaccin, tandis que 86% sont complètement vaccinés.Ces "bons" chiffres épidémiques résultent de plusieurs facteurs selon les épidémiologistes : outre la couverture vaccinale qui s'étend de jour en jour, le fait que les citoyens restent encore très prudents dans un contexte de relâchement des mesures sanitaires, que le port du masque qui est encore en vigueur dans les écoles à Bruxelles, ou encore, le beau temps des dernières semaines qui a permis de lutter contre les nouvelles infections et les admissions. Les chercheurs travaillent maintenant sur de nouveaux modèles actualisés pour calculer les admissions à l'hôpital pour les semaines à venir. Les résultats ne sont pas encore disponibles. "Le comportement à risque de septembre commence seulement maintenant à se traduire par de nouvelles hospitalisations", déclare le professeur Willem à Bruzz. "Cela inclut une grande part d'incertitude." Pour assouplir davantage les mesures à Bruxelles, il est de bon ton d'attendre les nouvelles projections, selon le docteur Willem. La rentrée de l'enseignement supérieur, entre autres, ne se fera sentir dans les chiffres des hôpitaux que dans quelques semaines. "L'année dernière, nous n'avons constaté ces effets que vers la fin du mois d'octobre", explique Willem.