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La Belgique est confinée depuis plus d'une semaine. Les hôpitaux sont sur le pied de guerre. Leurs responsables guettent toujours le pic de l'épidémie, les yeux rivés sur la fameuse courbe de progression. Et réclament du matériel en suffisance, devant même faire appel à la solidarité de la population pour obtenir de quoi protéger le personnel soignant. Dans les foyers, la vie s'organise tant bien que mal. A charge pour les parents de jongler entre leur rôle de père ou de mère, d'enseignant et de compagnon de jeux. Et de télétravailleur, souvent. De garde-chiourme aussi, pour que malgré le beau temps et la fausse impression de vacances impromptues, leur progéniture respecte les règles de confinement et de distanciation sociale. Tout en évitant le burnout. Les familles se demandent ce que sera l'après ? Les personnes isolées remercient chaque jour la technologie et les skyapéros. Tous commencent à trouver le temps long. Le monde politique continue de gérer l'urgence sanitaire, tout en sachant déjà qu'il devra rendre des comptes. Ne fût-ce que pour la déplorable saga des masques - ceux détruits, ceux commandés mais non livrés, ceux non remplacés - qui défraie la chronique. Ou pour expliquer à la population pourquoi on a coupé - ou pas - dans le budget des soins de santé. Ce gouvernement aux pouvoirs spéciaux tente aussi de circonscrire au maximum un désastre économique et avance les premières mesures d'aides pour le citoyen et les entreprises. L'Europe se divise sur la marche à suivre. Immunité collective versus stratégie de confinement. Chaque pays a sa vérité et applique sa stratégie. Donnant à l'ensemble une impression de manque de cohésion, dont le Vieux Continent se serait bien passé. Les scientifiques s'affairent à trouver vaccins et remèdes. Mais rappellent aussi qu'ils ont si souvent dénoncé le manque d'investissement dans la recherche fondamentale, " la meilleure assurance contre les épidémies ". Et qu'ils n'ont jamais été entendus. Le monde culturel regorge de créativité pour trouver la parade. Pour continuer à créer et à nourrir son public. A le divertir, l'amuser, l'emmener quelque temps dans un imaginaire, sans coronavirus, ni confinement. Les entreprises, celles qui le peuvent du moins, ont été contraintes d'opérer un rapide shift to digital. Pour assurer la poursuite de leur activité tout en veillant au bien-être de leur personnel. Une mutation à marche forcée, rendue d'autant plus complexe dans le contexte actuel. D'autres ont dû se résoudre à fermer boutique. Espérant que cette décision non volontaire ne devienne pas définitive. Car personne ne sait combien de temps cela va durer. Cette lutte contre la pandémie, ce télétravail, ce confinement, ces fermetures, cet enseignement à distance, cette distanciation sociale, ces applaudissements. Mais une chose importe aujourd'hui : tenir. Un jour après l'autre. Tenir. Pour le bien de tous. Tenir.