Jeudi, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) a fait le point sur les mesures destinées à endiguer la recrudescence du coronavirus en Belgique. Interrogé par Het Laatste Nieuws, le professeur en psychologie Maarten Vansteenkiste craint que la motivation de la population à suivre les règles baisse encore.
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Jeudi, la Première ministre Sophie Wilmès (MR) a fait le point sur les mesures destinées à endiguer la recrudescence du coronavirus en Belgique. Interrogé par Het Laatste Nieuws, le professeur en psychologie Maarten Vansteenkiste craint que la motivation de la population à suivre les règles baisse encore.Le Conseil national de sécurité a en effet décidé de maintenir la bulle sociale de cinq personnes. Pas grand-chose n' changé, si ce ne sont quelques aménagements pour le shopping, la possibilité pour les couples transfrontaliers de se revoir (à condition qu'ils aient une relation durable), et le relèvement du nombre de personnes autorisées à assister à un événement. Pas très authentiquePour le professeur en psychologie Maarten Vansteenkiste (Université de Gand), Sophie Wilmès n'a pas réussi à faire passer cette pilule auprès de la population. "À la toute fin, Wilmès a brièvement évoqué le fait que certains éprouvent des difficultés, mais elle aurait pu faire preuve de plus de gratitude. Un signal fort de reconnaissance aurait été le bienvenu. En outre, ce qu'elle a dit ne semblait pas très authentique", déclare-t-il au quotidien Het Laatste Nieuws. Pour lui, elle n'aurait pas dû lire son texte, mais parler de ses propres difficultés. Il estime que son discours manquait de sincérité et d'empathie, même si la Première ministre a fait preuve de compréhension envers les personnes qui s'étonnent que l'on soit autorisé à voir plus de personnes en public qu'en privé. Il reproche également au CNS de ne pas avoir fixé d'objectifs intermédiaires et de ne pas avoir créé des perspectives d'assouplissement. Il salue toutefois la décision d'apporter une attention accrue à l'impact psychologique des mesures.Plus tôt cette semaine, le baromètre de motivation de l'Université de Gand, chapeauté par Maarten Vansteenkiste, indiquait que la motivation de la population à respecter les mesures de lutte contre le coronavirus est tombée à son plus bas niveau. À peine 35% des personnes interrogées indiquent les suivre volontairement. L'obligation du port d'un masque buccal et la limitation des contacts sociaux sont les règles les moins suivies.Plus simple et plus vérifiableInvité à s'exprimer sur la RTBF, l'épidémiologiste Marius Gilbert (ULB), évoque également des soucis de contrôles et une forme de lassitude par rapport à la règle de la bulle de cinq. Comment peut-on vérifier qu'une personne respecte la bulle de cinq ? On va devoir modifier ce type de règles dans les prochains mois pour avoir quelque chose de plus simple et vérifiable", conclut-il.Quelques heures avant le CNS, son confrère épidémiologiste Yves Coppieters (ULB) avait également remis en question la règle de la bulle de cinq. "La bulle de cinq doit soit disparaître complètement, soit être élargie à une bulle de quinze comme nous l'avons connue auparavant. Il y a de moins en moins de personnes qui respectent la règle : cela seul signifie que le Conseil de sécurité doit intervenir", avait-il déclaré au quotidien De Morgen.