Comme annoncé, le gouvernement a rendu publics lundi les différents avis que les experts, dirigés par Erika Vlieghe, avaient préparés pour les réunions du Conseil de sécurité nationale. Les rapports étaient invariablement rédigés en anglais.
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Comme annoncé, le gouvernement a rendu publics lundi les différents avis que les experts, dirigés par Erika Vlieghe, avaient préparés pour les réunions du Conseil de sécurité nationale. Les rapports étaient invariablement rédigés en anglais.Le dernier Conseil de sécurité a confirmé le début de la troisième phase de la stratégie de sortie. En gros, cela signifie que "tout n'est plus interdit sauf", mais que désormais "tout est à nouveau permis sauf".Pourtant, l'avis contient un sérieux avertissement. Les experts soulignent que le nombre d'admissions à l'hôpital et d'infections confirmées dans notre pays est encore relativement élevé par rapport aux autres pays européens, en particulier les pays voisins. La phase 3 n'est pas sans risque d'une nouvelle flambée du virus. Comme dans les rapports précédents, les scientifiques soulignent l'importance d'une gestion rapide et ciblée des foyers du virus. Les tests individuels et la recherche des contacts constituent la première ligne de défense. Interrogé par le quotidien De Morgen, l'épidémiologiste Pierre Van Damme confirme que le contact tracing doit être optimisé. "Cela signifie que le médecin généraliste doit recevoir un résultat dans les 24 heures en cas de suspicion de coronavirus, que le patient doit être incité à se mettre en quarantaine et que l'on teste les contacts du patient. Je n'ai toujours pas lu à quoi ressemblera cette stratégie de test. Cela signifie qu'elle est toujours en discussion".Une tour de contrôleUne deuxième ligne de défense "critique" consiste à surveiller l'évolution du virus au niveau national et à coordonner les actions contre les groupes d'infections croissantes afin d'éviter une épidémie plus vaste et plus dangereuse. Le GEES préconise une "tour de contrôle" nationale.Les experts signalent également sept recommandations qui n'avaient pas encore été suivies à l'époque, mais qui sont nécessaires pour réduire le risque d'une deuxième vague. Quatre d'entre elles ont reçu le code orange, trois le code rouge. Ils estiment qu'il faut une meilleure gestion des data, qu'il faut qu'il soit plus clair quel organe est compétent pour quelle matière, des protocoles clairs pour que tout le monde sache ce qu'il faut faire en cas de nouvelles contaminations et plus d'argent pour éviter ou lutter contre une seconde vague. "Au fond, c'est un appel au gouvernement à prendre ces recommandations au sérieux", déclare le virologue Marc Van Ranst (KU Leuven) au Morgen. "Le gouvernement travaille déjà sur ce point. Mais d'un autre côté, il ne faut pas se méprendre sur l'avertissement".Tout au long des différents conseils, les experts insistent également sur une communication ciblée. "Des efforts supplémentaires sont encore nécessaires dans ce domaine. Cela nécessitera une campagne (nationale) concertée et les budgets correspondants".C'est dès le premier rapport que les experts avertissent que la lutte contre le coronavirus peut devenir un "marathon" et que la distanciation sociale et le télétravail feront partie de la nouvelle normalité. Dans le deuxième rapport, lorsque les différentes phases de la stratégie de sortie ont été mises en place, ils avertissent également que les assouplissements peuvent toujours être partiellement ou totalement annulés afin d'éviter une deuxième ou une troisième vague d'infection avec un confinement total.Une bulle de deux personnes Un assouplissement important a eu lieu à partir de la fête des Mères, le 10 mai. À partir de ce moment, la bulle domestique a pu être agrandie à quatre personnes. Avant cela, on pouvait voir deux personnes pour se promener ou faire du sport. Les experts voyaient les choses un peu différemment. Ils parlaient de deux personnes. Dans l'intervalle, la bulle a été élargie à dix personnes, ce qui figurait dans les recommandations.Il convient également de noter que le GEES continue d'insister sur le fait que les transports publics ne doivent pas être utilisés pour des trajets non essentiels aux heures de pointe, mais aussi pour des trajets d'une journée, par exemple vers la côte quand il fait beau. Cela semble contredire la décision du superkern le week-end dernier d'offrir à chacun dix voyages en train gratuits.