Faut-il alléger les mesures ou bien les durcir ? Depuis le début de la pandémie, cette question a dominé les discussions entre les experts, les décideurs et le grand public. Mais c'est une approche très binaire, qui débouche sur une politique inconsistante depuis des mois maintenant. L'exemple le plus frappant est le virage à 180 degrés que l'Organisation mondiale de la santé et les virologues locaux ont fait quant au rôle des masques de protection. Le débat plus large sur l'efficacité de la gestion des risques COVID-19 s'est soudain emparé du sujet, comme si seul le port d'un masque de protection déterminait si vous êtes protégé ou non. Et l'utilisation des masques fut à nouveau un sujet important lors de la dernière édition du Conseil national de sécurité, qui a fait machine arrière cette fois, malgré les derniers chiffres inquiétants de la COVID-19. Curieusement, nous n'avons pas entendu un seul mot sur un sujet très sensible ces jours-ci : les jeunes de plus de 12 ans et leurs professeurs doivent-ils encore porter des masques en classe ? Et d'autres mesures - bien meilleures - ont-elles été prises pour aider les écoles à ne pas devenir des lieux de super diffusion ? Je suppose que la réponse à la première question est "oui", et "non" à la seconde. Il est très regrettable d'avoir manqué cette occasion.

Pour être clair : l'épidémie de COVID-19 n'est pas un sujet de plaisanterie. Contrairement à ce que le grand public semble malheureusement croire de plus en plus, entre autres sous l'influence d'un nombre croissant de personnes influentes, ce virus est une véritable menace et nous devons le combattre pour ce qu'il est. Mais en même temps, tout le monde, donc aussi les experts et les décideurs politiques, doit faire preuve d'humilité et affronter l'indéniable vérité : nous avons encore beaucoup de choses à apprendre et à découvrir - par exemple, l'effet à long terme du virus sur la santé des patients en convalescence - et nous devons tenir compte d'un très grand nombre de variables. Et comme nous le constatons dans de nombreuses régions du monde, des mesures à grande échelle ont clairement un effet - à condition d'être suffisamment fortes. Mais en leur absence, la clé réside dans une approche granulaire et locale.

Un "cas d'école", ou pas

Les limites de l'approche binaire actuelle n'ont jamais été aussi évidentes que depuis le 1er septembre. Sur plus d'un million d'enfants, la majorité doit porter un masque de protection à l'école la plupart du temps. Toutefois, les masques ne sont pas la panacée mais une partie de la solution. Si vous restez longtemps dans un environnement fréquenté et mal ventilé, ils ne vous protègent pas. Certainement pas ceux en tissu, qui malgré leur popularité sont bien moins efficaces que les masques FFP2.

Le masque n'est qu'un des facteurs déterminant le risque de transmission. Il faut aussi tenir compte du nombre de personnes par mètre carré, du type de pièce, de la présence ou de l'absence de ventilation, du temps passé à proximité d'autres personnes, des handicaps et du comportement, du lavage des mains, ... La somme de tous ces facteurs importants rend un endroit plus risqué qu'un autre. Dans les lieux potentiels de "super diffusion" que sont les écoles, nous devons en tenir compte et analyser chaque endroit séparément.

Vous avez un enfant scolarisé ? Alors je suis sûr que vous vous reconnaîtrez dans cette expérience récente : une réunion d'information avec les parents dans la classe pendant plus d'une heure. Comment se sentiraient tous ces parents s'ils devaient porter un masque de protection en déposant leurs enfants dans un endroit spacieux à l'air libre, pour ensuite rester longtemps ensemble dans une salle de classe mal ventilée ? Et pourquoi tous les enfants de plus de 12 ans doivent-ils porter un masque de protection toute la journée en classe, alors que nous n'avons aucune idée des conséquences psychologiques et cognitives de cette obligation à long terme ? Nous pouvons éviter ces problèmes en examinant toutes les variables : un travail en groupe dans une petite salle de classe avec des fenêtres fermées en hiver n'a rien à voir avec un cours magistral de mathématiques donné dans une grande salle de classe bien ventilée en été.

Il faut abandonner la politique inconsistante de mesures imposées d'en haut

Ces problèmes peuvent facilement être évités grâce à une évaluation minutieuse de la sécurité et des exigences dans chaque école. Toutefois, le degré de granularité requis est impossible à atteindre en raison du type de mesures imposées d'en haut que nous observons aujourd'hui.

Nous voyons la même chose se produire dans d'autres endroits. Dans une salle de fitness, par exemple, vous ne devez pas porter votre masque pendant les exercices, alors même que vous respirez beaucoup plus fort et que vous dispersez d'énormes quantités d'aérosols. Il s'agit d'une mesure verticale illogique, qui s'applique en principe à toutes les salles de fitness du pays.

Au final, tout revient à ceci : tant que notre gouvernement ne disposera pas d'une solution vraiment efficace à grande échelle - tests de masse, suivi des cas contacts, vaccin, etc. - pour arrêter ce virus, nous devons prendre des mesures locales fortes. Mais elles ne fonctionneront que si les gens continuent à les accepter. C'est pourquoi nous devons aborder chaque problème aussi localement et individuellement que possible et fournir à chaque école ou institution l'aide de spécialistes pour réduire le risque de transmission dans leur propre établissement avec des moyens ciblés. À l'approche de l'hiver, il est plus urgent que jamais d'abandonner l'approche uniforme actuelle, imposée d'en haut.

Par Achraf Tiouali, Group Managing Director de NSF International Belgique

NSF International est une organisation internationale indépendante qui propose des solutions pour la gestion des risques en matière de santé publique et de sécurité alimentaire, tout en représentant les intérêts de toutes les parties prenantes, c'est-à-dire les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics. Actuellement, NSF International se concentre sur le conseil aux organisations en matière de COVID-19.

Faut-il alléger les mesures ou bien les durcir ? Depuis le début de la pandémie, cette question a dominé les discussions entre les experts, les décideurs et le grand public. Mais c'est une approche très binaire, qui débouche sur une politique inconsistante depuis des mois maintenant. L'exemple le plus frappant est le virage à 180 degrés que l'Organisation mondiale de la santé et les virologues locaux ont fait quant au rôle des masques de protection. Le débat plus large sur l'efficacité de la gestion des risques COVID-19 s'est soudain emparé du sujet, comme si seul le port d'un masque de protection déterminait si vous êtes protégé ou non. Et l'utilisation des masques fut à nouveau un sujet important lors de la dernière édition du Conseil national de sécurité, qui a fait machine arrière cette fois, malgré les derniers chiffres inquiétants de la COVID-19. Curieusement, nous n'avons pas entendu un seul mot sur un sujet très sensible ces jours-ci : les jeunes de plus de 12 ans et leurs professeurs doivent-ils encore porter des masques en classe ? Et d'autres mesures - bien meilleures - ont-elles été prises pour aider les écoles à ne pas devenir des lieux de super diffusion ? Je suppose que la réponse à la première question est "oui", et "non" à la seconde. Il est très regrettable d'avoir manqué cette occasion.Pour être clair : l'épidémie de COVID-19 n'est pas un sujet de plaisanterie. Contrairement à ce que le grand public semble malheureusement croire de plus en plus, entre autres sous l'influence d'un nombre croissant de personnes influentes, ce virus est une véritable menace et nous devons le combattre pour ce qu'il est. Mais en même temps, tout le monde, donc aussi les experts et les décideurs politiques, doit faire preuve d'humilité et affronter l'indéniable vérité : nous avons encore beaucoup de choses à apprendre et à découvrir - par exemple, l'effet à long terme du virus sur la santé des patients en convalescence - et nous devons tenir compte d'un très grand nombre de variables. Et comme nous le constatons dans de nombreuses régions du monde, des mesures à grande échelle ont clairement un effet - à condition d'être suffisamment fortes. Mais en leur absence, la clé réside dans une approche granulaire et locale.Les limites de l'approche binaire actuelle n'ont jamais été aussi évidentes que depuis le 1er septembre. Sur plus d'un million d'enfants, la majorité doit porter un masque de protection à l'école la plupart du temps. Toutefois, les masques ne sont pas la panacée mais une partie de la solution. Si vous restez longtemps dans un environnement fréquenté et mal ventilé, ils ne vous protègent pas. Certainement pas ceux en tissu, qui malgré leur popularité sont bien moins efficaces que les masques FFP2.Le masque n'est qu'un des facteurs déterminant le risque de transmission. Il faut aussi tenir compte du nombre de personnes par mètre carré, du type de pièce, de la présence ou de l'absence de ventilation, du temps passé à proximité d'autres personnes, des handicaps et du comportement, du lavage des mains, ... La somme de tous ces facteurs importants rend un endroit plus risqué qu'un autre. Dans les lieux potentiels de "super diffusion" que sont les écoles, nous devons en tenir compte et analyser chaque endroit séparément.Vous avez un enfant scolarisé ? Alors je suis sûr que vous vous reconnaîtrez dans cette expérience récente : une réunion d'information avec les parents dans la classe pendant plus d'une heure. Comment se sentiraient tous ces parents s'ils devaient porter un masque de protection en déposant leurs enfants dans un endroit spacieux à l'air libre, pour ensuite rester longtemps ensemble dans une salle de classe mal ventilée ? Et pourquoi tous les enfants de plus de 12 ans doivent-ils porter un masque de protection toute la journée en classe, alors que nous n'avons aucune idée des conséquences psychologiques et cognitives de cette obligation à long terme ? Nous pouvons éviter ces problèmes en examinant toutes les variables : un travail en groupe dans une petite salle de classe avec des fenêtres fermées en hiver n'a rien à voir avec un cours magistral de mathématiques donné dans une grande salle de classe bien ventilée en été.Ces problèmes peuvent facilement être évités grâce à une évaluation minutieuse de la sécurité et des exigences dans chaque école. Toutefois, le degré de granularité requis est impossible à atteindre en raison du type de mesures imposées d'en haut que nous observons aujourd'hui.Nous voyons la même chose se produire dans d'autres endroits. Dans une salle de fitness, par exemple, vous ne devez pas porter votre masque pendant les exercices, alors même que vous respirez beaucoup plus fort et que vous dispersez d'énormes quantités d'aérosols. Il s'agit d'une mesure verticale illogique, qui s'applique en principe à toutes les salles de fitness du pays.Au final, tout revient à ceci : tant que notre gouvernement ne disposera pas d'une solution vraiment efficace à grande échelle - tests de masse, suivi des cas contacts, vaccin, etc. - pour arrêter ce virus, nous devons prendre des mesures locales fortes. Mais elles ne fonctionneront que si les gens continuent à les accepter. C'est pourquoi nous devons aborder chaque problème aussi localement et individuellement que possible et fournir à chaque école ou institution l'aide de spécialistes pour réduire le risque de transmission dans leur propre établissement avec des moyens ciblés. À l'approche de l'hiver, il est plus urgent que jamais d'abandonner l'approche uniforme actuelle, imposée d'en haut.Par Achraf Tiouali, Group Managing Director de NSF International BelgiqueNSF International est une organisation internationale indépendante qui propose des solutions pour la gestion des risques en matière de santé publique et de sécurité alimentaire, tout en représentant les intérêts de toutes les parties prenantes, c'est-à-dire les citoyens, les entreprises et les pouvoirs publics. Actuellement, NSF International se concentre sur le conseil aux organisations en matière de COVID-19.