Les contrôles actuels ne suffisent plus, à ses yeux. Des mesures "fortes" seront prises, comme l'interdiction d'accéder à certains quartiers, aux chambres d'armes et, s'il apparaît que le comportement d'un militaire n'est pas compatible avec son statut, un licenciement pourra être décidé.

Il n'y a pas de place à la Défense pour les racistes et les fascistes

Ludivine Dedonder

La ministre a retracé le parcours de ce militaire aujourd'hui pourchassé par la police dans un domaine naturel du Limbourg.

Qui est Jürgen Conings

L'homme est entré à l'armée en 1992. Jusqu'en 2019, il a mené une carrière sans histoire comme fusilier et sniper. Il a été déployé en opération avant d'intégrer la police militaire.

À partir de 2019, il a progressivement été repéré par le Service général de Renseignement et de Sécurité (SGRS, les renseignements militaires), notamment pour sa proximité avec des mouvements d'extrême droite. Des propos racistes sur Facebook lui ont valu une plainte de l'État-major auprès de la police. Le dossier a été classé sans suite mais l'homme n'a pas échappé à une sanction interne, à savoir quatre jours d'arrêts simples.

En juin 2020, Jürgen Conings a été muté dans une fonction de support, en appui des instructeurs en charge de la préparation aux missions à l'étranger. Il avait accès à des armes et munitions pour les mettre à la disposition des militaires qui étaient formés. La même année, son habilitation de sécurité lui a été retirée pour des menaces proférées sur Facebook.

Cette histoire est invraisemblable: il est possible en 2021 d'être un militaire classé sur une liste de l'OCAM et d'avoir accès à des armes

François De Smet (DéFI)

Jusqu'aux évènements de ces derniers jours, le comportement de l'intéressé n'a par contre plus été jugé problématique par sa hiérarchie. Depuis le 17 février, l'individu se trouvait toutefois sur une liste de l'Organe de Coordination de l'Analyse de la Menace (OCAM).

"Dans ce cas-ci, l'individu était donc suivi et une enquête approfondie était en cours. Des mesures avaient été prises: plainte pénale, sanction disciplinaire, retrait de son habilitation. Force est de constater que ça n'a pas suffi", a souligné la ministre.

"Il n'est pas acceptable que ce type d'individu ait accès à des armes. Dès que ces comportements sont apparus, il aurait dû ne plus avoir accès à des armes et faire l'objet d'un suivi plus strict par sa hiérarchie militaire", a-t-elle ajouté.

Des contrôles de sécurités sont effectués lors du recrutement. La ministre étudie depuis plusieurs semaines une modification de la loi sur les habilitations de sécurité et des règles sur le screening des candidats militaires. Elle souhaite également multiplier les vérifications tout au long de la carrière. La possibilité de lier ces contrôles à l'accès aux armes et matériel dangereux sera examinée.

Dans l'opposition, plusieurs députés ont pointé du doigt la responsabilité de la ministre et de la hiérarchie militaire dans cette affaire, en particulier en raison de l'accès à des armes, que Jürgen Conings avait conservé alors que son habilitation de sécurité lui avait été retirée.

"Cette histoire est invraisemblable: il est possible en 2021 d'être un militaire classé sur une liste de l'OCAM et d'avoir accès à des armes", a souligné François De Smet (DéFI). "Ce qui frappe, c'est la passivité à l'égard de ce militaire très dangereux. Votre responsabilité en tant que ministre est engagée. Screener ne suffit plus", a averti Catherine Fonck (cdH).

La N-VA s'en est également prise à la ministre PS et jugé sa responsabilité "écrasante". Mme Dedonder a vertement répliqué en rappelant à la N-VA qu'elle détenait le portefeuille de la Défense dans le gouvernement précédent. "J'hérite du chaos dont vous êtes à l'origine", a-t-elle lancé aux nationalistes, en les accusant, entre autres choses, d'avoir "attisé la haine de l'autre" durant leurs années de gouvernement ou d'avoir repoussé les limites de ce qui était acceptable.

Le Premier ministre Alexander De Croo a également été interrogé. Il a reconnu qu'en quelques années, la menace d'extrême droite et d'extrême gauche s'était accrue dans le pays. Au-delà de la réponse sécuritaire, un travail plus profond en faveur d'une "société inclusive" est nécessaire, a-t-il expliqué.

Ces derniers mois, le cas d'une trentaine de militaires surveillés pour leur accointance avec l'extrême-droite a régulièrement été évoqué. Le problème inquiète jusque dans la majorité. Tant Khalil Aouasti (PS) que Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) l'ont rappelé. "Pour mon groupe, ils n'ont pas leur place au sein de l'armée et ne l'auront plus jamais", a lancé pour sa part Kattrin Jadin (MR).

Les contrôles actuels ne suffisent plus, à ses yeux. Des mesures "fortes" seront prises, comme l'interdiction d'accéder à certains quartiers, aux chambres d'armes et, s'il apparaît que le comportement d'un militaire n'est pas compatible avec son statut, un licenciement pourra être décidé. La ministre a retracé le parcours de ce militaire aujourd'hui pourchassé par la police dans un domaine naturel du Limbourg.L'homme est entré à l'armée en 1992. Jusqu'en 2019, il a mené une carrière sans histoire comme fusilier et sniper. Il a été déployé en opération avant d'intégrer la police militaire. À partir de 2019, il a progressivement été repéré par le Service général de Renseignement et de Sécurité (SGRS, les renseignements militaires), notamment pour sa proximité avec des mouvements d'extrême droite. Des propos racistes sur Facebook lui ont valu une plainte de l'État-major auprès de la police. Le dossier a été classé sans suite mais l'homme n'a pas échappé à une sanction interne, à savoir quatre jours d'arrêts simples. En juin 2020, Jürgen Conings a été muté dans une fonction de support, en appui des instructeurs en charge de la préparation aux missions à l'étranger. Il avait accès à des armes et munitions pour les mettre à la disposition des militaires qui étaient formés. La même année, son habilitation de sécurité lui a été retirée pour des menaces proférées sur Facebook. Jusqu'aux évènements de ces derniers jours, le comportement de l'intéressé n'a par contre plus été jugé problématique par sa hiérarchie. Depuis le 17 février, l'individu se trouvait toutefois sur une liste de l'Organe de Coordination de l'Analyse de la Menace (OCAM). "Dans ce cas-ci, l'individu était donc suivi et une enquête approfondie était en cours. Des mesures avaient été prises: plainte pénale, sanction disciplinaire, retrait de son habilitation. Force est de constater que ça n'a pas suffi", a souligné la ministre. "Il n'est pas acceptable que ce type d'individu ait accès à des armes. Dès que ces comportements sont apparus, il aurait dû ne plus avoir accès à des armes et faire l'objet d'un suivi plus strict par sa hiérarchie militaire", a-t-elle ajouté. Des contrôles de sécurités sont effectués lors du recrutement. La ministre étudie depuis plusieurs semaines une modification de la loi sur les habilitations de sécurité et des règles sur le screening des candidats militaires. Elle souhaite également multiplier les vérifications tout au long de la carrière. La possibilité de lier ces contrôles à l'accès aux armes et matériel dangereux sera examinée. Dans l'opposition, plusieurs députés ont pointé du doigt la responsabilité de la ministre et de la hiérarchie militaire dans cette affaire, en particulier en raison de l'accès à des armes, que Jürgen Conings avait conservé alors que son habilitation de sécurité lui avait été retirée. "Cette histoire est invraisemblable: il est possible en 2021 d'être un militaire classé sur une liste de l'OCAM et d'avoir accès à des armes", a souligné François De Smet (DéFI). "Ce qui frappe, c'est la passivité à l'égard de ce militaire très dangereux. Votre responsabilité en tant que ministre est engagée. Screener ne suffit plus", a averti Catherine Fonck (cdH). La N-VA s'en est également prise à la ministre PS et jugé sa responsabilité "écrasante". Mme Dedonder a vertement répliqué en rappelant à la N-VA qu'elle détenait le portefeuille de la Défense dans le gouvernement précédent. "J'hérite du chaos dont vous êtes à l'origine", a-t-elle lancé aux nationalistes, en les accusant, entre autres choses, d'avoir "attisé la haine de l'autre" durant leurs années de gouvernement ou d'avoir repoussé les limites de ce qui était acceptable. Le Premier ministre Alexander De Croo a également été interrogé. Il a reconnu qu'en quelques années, la menace d'extrême droite et d'extrême gauche s'était accrue dans le pays. Au-delà de la réponse sécuritaire, un travail plus profond en faveur d'une "société inclusive" est nécessaire, a-t-il expliqué.Ces derniers mois, le cas d'une trentaine de militaires surveillés pour leur accointance avec l'extrême-droite a régulièrement été évoqué. Le problème inquiète jusque dans la majorité. Tant Khalil Aouasti (PS) que Guillaume Defossé (Ecolo-Groen) l'ont rappelé. "Pour mon groupe, ils n'ont pas leur place au sein de l'armée et ne l'auront plus jamais", a lancé pour sa part Kattrin Jadin (MR).