Le blocage du pays depuis plus d'un an a de quoi susciter une irritation croissante face aux vrais enjeux de notre époque. Mais il y a aussi des matins - à répétition, avouons-le - où l'on se demande quand même si les francophones ne devraient pas balayer devant leur porte. Ceux qui disent vouloir sauver le pays et sa solidarité sont certainement de bonne foi, mais ils agissent trop souvent de façon à provoquer l'effet inverse.

Or donc, alors que Koen Geens mène une mission royale des plus délicates, le chef de file PS à Bruxelles et à la Chambre, Ahmed Laaouej, se présente-t-il en compagnie du président de la FGTB, Robert Verternueil, pour mener une campagne sur la précarité énergétique et laisser entendre qu'il pourrait trouver une majorité alternative. On voudrait court-circuiter la mission royale que l'on ne s'y prendrait pas autrement (notons, c'est vrai, que le CD&V s'y est déjà employé, lui-même, en mettant des bâtons dans les roues de son propre candidat). D'accord, la précarité énergétique est un vrai sujet. Non, la libéralisation du secteur n'est pas la seule cause principale, mais aussi et surtout la manière dont elle a été gérée avec la concentration de pans entiers entre les mains de certains acteurs (y compris des intercommunales). Quel que soit le constat, aller flatter la Vivaldi au parlement maintenant, c'est braquer les partis flamands qui pourraient la soutenir, Open VLD et CD&V en tête. Ou alors, mais encore faut-il le dire, la gauche francophone veut-elle gérer certaines matières avec davantage d'autonomie.

Ce n'est pas tout. DéFi a visiblement un nouvel élément de langage : la N-VA aurait "la couleur de l'extrême droite" et des méthodes, aussi. Son président, François De Smet, a répété plus fort encore ce que la députée fédérale Sophie Rohonyi nous disait déjà ce week-end PS, Ecolo et DéFi ne veulent donc pas gouverner avec le premier parti de Flandre, et le répètent à l'envi, mais ce n'est pas comme ça qu'ils vont convaincre le troisième parti de Flandre (le CD&V) de les rejoindre. Le risque est un match nul, dans tous les sens du terme.

Pendant ce temps, on ne cesse d'écarquiller les yeux en découvrant les potentiels cadavres dans le placard des affaires liégeoises. Le gouvernement wallon - c'est à saluer - prend le problème à bras-le-corps, mais on se dirige visiblement vers de nouveaux errements dans la gestion de l'aéroport de Liège. Des administrateurs indépendants vont être envoyés pour fouiller les comptes et, visiblement, cela suscite le malaise des gestionnaires. Comprendra-t-on un jour qu'il faut cesser les comportements de type mafieux en Wallonie ? Arrivera-t-on à générer auprès de tous les acteurs un sens des responsabilités et de la nécessité de redresser l'économie de la Région, mais aussi de veiller à son image !? Ah, et le président de l'aéroport de Liège n'est autre que José Happart, l'ancien hérisson fouronnais, le chantre de la Wallonie qui résiste ? Parfois, on croit rêver.

Alors oui, ce sont des matins où l'on comprend les réactions comme celle du ministre CD&V Pieter De Crem lorsqu'il affirme que "le monde francophone vit dans une réalité virtuelle". Trop souvent, nous prenons nos rêves pour des réalités. Trop souvent, nous ne sommes pas conséquents : en substance, nous, francophones, voulons le beurre (des politiques progressistes) et l'argent du beurre (les moyens financiers d'autrui pour y parvenir).

Bien sûr, Bart De Wever joue un sale petit jeu en affirmant une nouvelle fois que ce pays est "presque ingouvernable". Oui, il sème consciencieusement les cailloux pour nourrir son projet confédéral ou indépendantiste déguisé et il faut le dénoncer. Mais ce n'est pas en lui donnant les arguments pour se faire battre et en jouant aux dogmatiques bornés qu'on le combattra - et encore moins le Vlaams Belang qui se nourrit à son tour. Ou alors, amis francophones, soyons conséquents et revendiquons nous-mêmes à suivre notre propre chemin.

Le blocage du pays depuis plus d'un an a de quoi susciter une irritation croissante face aux vrais enjeux de notre époque. Mais il y a aussi des matins - à répétition, avouons-le - où l'on se demande quand même si les francophones ne devraient pas balayer devant leur porte. Ceux qui disent vouloir sauver le pays et sa solidarité sont certainement de bonne foi, mais ils agissent trop souvent de façon à provoquer l'effet inverse.Or donc, alors que Koen Geens mène une mission royale des plus délicates, le chef de file PS à Bruxelles et à la Chambre, Ahmed Laaouej, se présente-t-il en compagnie du président de la FGTB, Robert Verternueil, pour mener une campagne sur la précarité énergétique et laisser entendre qu'il pourrait trouver une majorité alternative. On voudrait court-circuiter la mission royale que l'on ne s'y prendrait pas autrement (notons, c'est vrai, que le CD&V s'y est déjà employé, lui-même, en mettant des bâtons dans les roues de son propre candidat). D'accord, la précarité énergétique est un vrai sujet. Non, la libéralisation du secteur n'est pas la seule cause principale, mais aussi et surtout la manière dont elle a été gérée avec la concentration de pans entiers entre les mains de certains acteurs (y compris des intercommunales). Quel que soit le constat, aller flatter la Vivaldi au parlement maintenant, c'est braquer les partis flamands qui pourraient la soutenir, Open VLD et CD&V en tête. Ou alors, mais encore faut-il le dire, la gauche francophone veut-elle gérer certaines matières avec davantage d'autonomie.Ce n'est pas tout. DéFi a visiblement un nouvel élément de langage : la N-VA aurait "la couleur de l'extrême droite" et des méthodes, aussi. Son président, François De Smet, a répété plus fort encore ce que la députée fédérale Sophie Rohonyi nous disait déjà ce week-end PS, Ecolo et DéFi ne veulent donc pas gouverner avec le premier parti de Flandre, et le répètent à l'envi, mais ce n'est pas comme ça qu'ils vont convaincre le troisième parti de Flandre (le CD&V) de les rejoindre. Le risque est un match nul, dans tous les sens du terme.Pendant ce temps, on ne cesse d'écarquiller les yeux en découvrant les potentiels cadavres dans le placard des affaires liégeoises. Le gouvernement wallon - c'est à saluer - prend le problème à bras-le-corps, mais on se dirige visiblement vers de nouveaux errements dans la gestion de l'aéroport de Liège. Des administrateurs indépendants vont être envoyés pour fouiller les comptes et, visiblement, cela suscite le malaise des gestionnaires. Comprendra-t-on un jour qu'il faut cesser les comportements de type mafieux en Wallonie ? Arrivera-t-on à générer auprès de tous les acteurs un sens des responsabilités et de la nécessité de redresser l'économie de la Région, mais aussi de veiller à son image !? Ah, et le président de l'aéroport de Liège n'est autre que José Happart, l'ancien hérisson fouronnais, le chantre de la Wallonie qui résiste ? Parfois, on croit rêver.Alors oui, ce sont des matins où l'on comprend les réactions comme celle du ministre CD&V Pieter De Crem lorsqu'il affirme que "le monde francophone vit dans une réalité virtuelle". Trop souvent, nous prenons nos rêves pour des réalités. Trop souvent, nous ne sommes pas conséquents : en substance, nous, francophones, voulons le beurre (des politiques progressistes) et l'argent du beurre (les moyens financiers d'autrui pour y parvenir).Bien sûr, Bart De Wever joue un sale petit jeu en affirmant une nouvelle fois que ce pays est "presque ingouvernable". Oui, il sème consciencieusement les cailloux pour nourrir son projet confédéral ou indépendantiste déguisé et il faut le dénoncer. Mais ce n'est pas en lui donnant les arguments pour se faire battre et en jouant aux dogmatiques bornés qu'on le combattra - et encore moins le Vlaams Belang qui se nourrit à son tour. Ou alors, amis francophones, soyons conséquents et revendiquons nous-mêmes à suivre notre propre chemin.