Le monde est endeuillé. Le coronavirus le touche en plein coeur. Ce week-end pascal, comme un triste symbole, nous devrions franchir le cap des 100000 morts dans l'ensemble des pays touchés. La Belgique est meurtrie comme tant d'autres, davantage peut-être, proportionnellement. Cette crise sanitaire pourrait être plus cruelle encore, si l'économie ne s'était pas arrêtée pour enrayer sa propagation. Pourtant, attaqué dans sa chair, le monde en profonde récession se déconfinera en tentant de panser l'immense balafre sociale qui risque de le meurtrir davantage encore. Et il pourrait alors se poser des questions.

Au début de la pandémie, des voix populistes, relayées notamment par le président américain Donald Trump, s'étaient interrogées : "Le remède n'est-il pas pire que le mal ?". Les épidémiologistes en tous genres ont, depuis, souligné combien l'absence de mesure de confinement aurait alourdi bien davantage la triste litanie des chiffres mortuaires. Pour autant, le débat n'est pas mort. Que du contraire.

S'il en fallait une nouvelle preuve, le message envoyé sur Twitter par le journaliste-polémiste Jean Quatremer en serait une belle. Jeudi soir, le correspondant européen de Libération, fort de ses 170000 followers et de ses innombrables débats lancés sur la toile, déposait cette réflexion : "C'est dingue quand on y songe: plonger le monde dans la plus grave récession depuis la seconde guerre mondiale pour une pandémie qui a tué pour l'instant moins de 100.000 personnes (sans parler de leur âge avancé) dans un monde de 7 milliards d'habitants".

Il n'en fallait pas plus pour provoquer une avalanche de réactions fusant de toutes parts. "Les gens qui en meurent tout seuls en ce moment, tandis qu'on écrit des tweets, ne sont pas du même avis que toi, ramasse le philosophe Raphaël Enthoven. Leurs familles non plus. Et encore moins ceux qui, grâce au confinement, sont toujours en vie." "C'est à cause de ce déni de la réalité que des pays se sont mal préparés, qu'ils ont tardé à prendre les bonnes mesures, que certains ont ensuite refusé le confinement, s'étrangle le journaliste François Beaudonnet. Mais ça, c'était il y a 2 mois. C'est juste dingue que tu puisses écrire ça le 9 avril." "Jean Quatremer a raison de poser le dilemme sans être traité de nazi, estime en revanche Sylvain Attal, producteur. Le confinement était indispensable pour aplatir la courbe et éviter la saturation hospitalière. C'est fait. Il faut maintenant passer à autre chose car le virus va rester là des mois."

Ce débat d'élites françaises rebondit jusqu'en Belgique. "Oui, c'est dingue, ce choix collectif de fragiliser durablement notre économie pour sauver des vies..., ironiste François De Smet, philosophe et président de DéFI. Mais moi, j'espère qu'on conservera cette échelle de valeur le plus longtemps possible." "Disons, pour le débat, que les conséquences d'une grâve crise économique pourraient tuer bien plus de monde que le covid (pauvreté, guerres, autres maladies avec système de santé exsangue, etc.) et de ce point de vue là, son raisonnement est infaillible", riposte Régis Warmont, Ingénieur civil en Informatique et gestion, qui fut l'un des fondateurs de feu Enmarche.be. Voilà pour le florilège prmi les milliers de réactions.

C'est précisément le thème mis à la "une" de l'hebdomadaire Trends-Tendances cette semaine : "Crise du coronavirus: sauver des vies ou l'économie ? Cruel dilemme pour les gouvernements". Chocking ? Dans le dossier de nos collègues, on peut notamment lire ceci : "D'ici à l'été, les économies enregistreront des pertes à deux chiffres de leur PIB trimestriel. Les citoyens auront enduré des mois de confinement, au détriment de la cohésion sociale et de leur santé mentale. Un lockdown d'un an coûterait aux Etats-Unis et à la zone euro environ un tiers de leur PIB. Les marchés s'effondreraient, les investissements seraient différés. L'essoufflement de l'innovation et l'étiolement des compétences anéantiraient la capacité de l'économie à rebondir. En fin de compte, même si le virus fait énormément de victimes, le coût de la distanciation pourrait peser plus lourd que les avantages."

"Le souci est simple : si on veut éradiquer à 100% l'épidémie et être sûr qu'elle ne reviendra pas sous la forme d'une seconde vague, il faudrait nous confiner jusqu'en juin ou juillet, selon certains experts, disait déjà Amid Faljaoui, directeur de l'hebdomadaire, dans sa chronique, fin mars. C'est impossible car alors là, l'économie ne s'en relèverait pas, et il faudrait non pas 4 ou 5 mois pour revenir à la normale mais 4 ou 5 ans. Et donc, oui, sauf si on trouve un traitement efficace d'ici la sortie du confinement, le choix des politiques risque d'être difficile : opter pour une guérison totale ou sauver l'économie".

Le choix sera difficile. Le débat, peut-être moins simple qu'il y paraît, risque de s'envenimer.

Le monde est endeuillé. Le coronavirus le touche en plein coeur. Ce week-end pascal, comme un triste symbole, nous devrions franchir le cap des 100000 morts dans l'ensemble des pays touchés. La Belgique est meurtrie comme tant d'autres, davantage peut-être, proportionnellement. Cette crise sanitaire pourrait être plus cruelle encore, si l'économie ne s'était pas arrêtée pour enrayer sa propagation. Pourtant, attaqué dans sa chair, le monde en profonde récession se déconfinera en tentant de panser l'immense balafre sociale qui risque de le meurtrir davantage encore. Et il pourrait alors se poser des questions.Au début de la pandémie, des voix populistes, relayées notamment par le président américain Donald Trump, s'étaient interrogées : "Le remède n'est-il pas pire que le mal ?". Les épidémiologistes en tous genres ont, depuis, souligné combien l'absence de mesure de confinement aurait alourdi bien davantage la triste litanie des chiffres mortuaires. Pour autant, le débat n'est pas mort. Que du contraire.S'il en fallait une nouvelle preuve, le message envoyé sur Twitter par le journaliste-polémiste Jean Quatremer en serait une belle. Jeudi soir, le correspondant européen de Libération, fort de ses 170000 followers et de ses innombrables débats lancés sur la toile, déposait cette réflexion : "C'est dingue quand on y songe: plonger le monde dans la plus grave récession depuis la seconde guerre mondiale pour une pandémie qui a tué pour l'instant moins de 100.000 personnes (sans parler de leur âge avancé) dans un monde de 7 milliards d'habitants".Il n'en fallait pas plus pour provoquer une avalanche de réactions fusant de toutes parts. "Les gens qui en meurent tout seuls en ce moment, tandis qu'on écrit des tweets, ne sont pas du même avis que toi, ramasse le philosophe Raphaël Enthoven. Leurs familles non plus. Et encore moins ceux qui, grâce au confinement, sont toujours en vie." "C'est à cause de ce déni de la réalité que des pays se sont mal préparés, qu'ils ont tardé à prendre les bonnes mesures, que certains ont ensuite refusé le confinement, s'étrangle le journaliste François Beaudonnet. Mais ça, c'était il y a 2 mois. C'est juste dingue que tu puisses écrire ça le 9 avril." "Jean Quatremer a raison de poser le dilemme sans être traité de nazi, estime en revanche Sylvain Attal, producteur. Le confinement était indispensable pour aplatir la courbe et éviter la saturation hospitalière. C'est fait. Il faut maintenant passer à autre chose car le virus va rester là des mois."Ce débat d'élites françaises rebondit jusqu'en Belgique. "Oui, c'est dingue, ce choix collectif de fragiliser durablement notre économie pour sauver des vies..., ironiste François De Smet, philosophe et président de DéFI. Mais moi, j'espère qu'on conservera cette échelle de valeur le plus longtemps possible." "Disons, pour le débat, que les conséquences d'une grâve crise économique pourraient tuer bien plus de monde que le covid (pauvreté, guerres, autres maladies avec système de santé exsangue, etc.) et de ce point de vue là, son raisonnement est infaillible", riposte Régis Warmont, Ingénieur civil en Informatique et gestion, qui fut l'un des fondateurs de feu Enmarche.be. Voilà pour le florilège prmi les milliers de réactions.C'est précisément le thème mis à la "une" de l'hebdomadaire Trends-Tendances cette semaine : "Crise du coronavirus: sauver des vies ou l'économie ? Cruel dilemme pour les gouvernements". Chocking ? Dans le dossier de nos collègues, on peut notamment lire ceci : "D'ici à l'été, les économies enregistreront des pertes à deux chiffres de leur PIB trimestriel. Les citoyens auront enduré des mois de confinement, au détriment de la cohésion sociale et de leur santé mentale. Un lockdown d'un an coûterait aux Etats-Unis et à la zone euro environ un tiers de leur PIB. Les marchés s'effondreraient, les investissements seraient différés. L'essoufflement de l'innovation et l'étiolement des compétences anéantiraient la capacité de l'économie à rebondir. En fin de compte, même si le virus fait énormément de victimes, le coût de la distanciation pourrait peser plus lourd que les avantages.""Le souci est simple : si on veut éradiquer à 100% l'épidémie et être sûr qu'elle ne reviendra pas sous la forme d'une seconde vague, il faudrait nous confiner jusqu'en juin ou juillet, selon certains experts, disait déjà Amid Faljaoui, directeur de l'hebdomadaire, dans sa chronique, fin mars. C'est impossible car alors là, l'économie ne s'en relèverait pas, et il faudrait non pas 4 ou 5 mois pour revenir à la normale mais 4 ou 5 ans. Et donc, oui, sauf si on trouve un traitement efficace d'ici la sortie du confinement, le choix des politiques risque d'être difficile : opter pour une guérison totale ou sauver l'économie".Le choix sera difficile. Le débat, peut-être moins simple qu'il y paraît, risque de s'envenimer.