Un quart du personnel de l'entreprise, qui emploie un peu plus de 4.000 personnes, est donc touché par cette annonce. Elle va également réduire sa flotte de 30%, en se délaissant de 16 avions.

Conditionner les aides ou nationaliser

Plusieurs partis politiques ont fait part de leur soutien aux travailleurs de Brussels Airlines, tout en se montrant furieux de l'attitude de la maison-mère de la compagnie aérienne, l'Allemande Lufthansa.

"La compagnie aérienne sollicite plus de 300 millions d'euros auprès de l'Etat belge. Dans ce contexte, l'attitude de Lufthansa est inacceptable aux yeux du MR et la réponse qu'elle apporte pour faire face à cette crise ne peut en aucun cas être définitive (...) La Lufthansa n'a pas à mettre la Belgique au pied du mur", s'est insurgé le président du MR Georges-Louis Bouchez dans un communiqué.

"Cette annonce a donc vocation à être remise en cause en cas d'intervention de l'Etat", ajoute le président du parti de la Première ministre Sophie Wilmès.

De son côté, le PTB rappelle que le groupe Lufthansa a réalisé un bénéfice de 2,8 milliards d'euros l'année dernière. "Ce n'est pas au personnel de Zaventem de payer aujourd'hui pour la crise. Il n'est pas question d'envisager un soutien public à une entreprise qui met un millier de personnes à la rue", réagit Raoul Hedebouw, chef de groupe à la Chambre. Le parti communiste appelle le ministre des Finances Alexander De Croo "à refuser cette logique et à garder la nationalisation comme moyen de pression et comme alternative."

Du coté du PS, le chef de groupe à la Chambre Ahmed Laaouej demande que la priorité soit mise "au soutien des travailleurs et à leurs familles". "Pas de chèque en blanc à Lufthansa qui a engrangé plus de 2 milliards de bénéfices l'an dernier", a-t-il ajouté sur le réseau social Twitter.

Pour le président du cdH Maxime Prévot, "un plan de reprise doit permettre une meilleure maîtrise belge de l'outil et un développement durable à long terme de l'entreprise dans l'intérêt des travailleurs et de l'économie."

"Le secteur aérien doit se transformer en profondeur et l'urgence est aujourd'hui d'accompagner le personnel", écrit le député fédéral Ecolo Gilles Vanden Burre.

Garantir la survie de la compagnie

Brussels Airlines dit devoir prendre ces mesures "substantielles et indispensables pour garantir la survie de la compagnie" face à l'impact "extrêmement négatif" de la crise du coronavirus sur ses finances et la toujours très faible demande pour des voyages en avion. Le transporteur doit réduire structurellement ses coûts à un niveau compétitif, insiste-t-il, demandant le soutien de son actionnaire Lufthansa et du gouvernement belge.

La compagnie va s'attaquer à sa structure de coûts de façon structurelle et optimiser son réseau en supprimant les liaisons marginalement rentables et non rentables, ce qui se traduira par une réduction de la flotte de 30%. Brussels Airlines collaborera avec ses partenaires sociaux pour réduire le nombre de licenciements forcés à un minimum absolu, assure-t-elle, convaincue qu'avec son plan de redressement, elle sera en mesure de sauvegarder 75% de son emploi et de se développer de manière rentable dès que la demande dans le transport aérien aura retrouvé une nouvelle normalité. Ce qui n'est pas prévu, selon elle, avant 2023.

Dieter Vranckx, CEO de Brussels Airlines, Belga
Dieter Vranckx, CEO de Brussels Airlines © Belga

Dieter Vranckx (CEO): "Nécessaire pour survivre à la crise"

"Cette restructuration est nécessaire de toute urgence pour survivre à la crise actuelle et devenir structurellement rentable à l'avenir", a justifié Dieter Vranckx, le patron de Brussels Airlines. L'année avait pourtant bien commencé pour Brussels Airlines, "avec des résultats positifs en termes de nombre de passagers et de revenus", a-t-il relevé. L'entreprise avait en outre prévu une offre d'été substantielle pour compenser une partie de celle perdue à la suite de la faillite du voyagiste Thomas Cook Belgique fin septembre dernier. "Mais la pandémie de coronavirus frappe particulièrement durement Brussels Airlines", a déploré Dieter Vranckx. "Cette crise sans précédent a aggravé notre situation financière, nous obligeant à prendre des mesures substantielles et essentielles. La restructuration est nécessaire de toute urgence pour survivre à la crise actuelle et devenir structurellement rentable à l'avenir".

Selon le patron de l'entreprise, l'annonce de mardi n'est toutefois pas une manière de mettre la pression sur Lufthansa, la maison-mère allemande de la compagnie belge, ni sur le gouvernement belge, alors que des négociations sont en cours entre les deux parties pour une aide d'Etat de 290 millions d'euros qui permettrait à Brussels Airlines de survivre à la crise. Le plan présenté, ose encore declarer M. Vranckx, est plutôt "une manière de montrer du respect aux travailleurs", qui sont au chômage économique depuis la mi-mars et dans une très grande incertitude.

La compagnie veut aboutir à un accord sur la restructuration d'ici la fin mai

Brussels Airlines souhaite aboutir à un accord sur le plan de restructuration que la compagnie aérienne a présenté mardi d'ici la fin mai, ont confié les représentants syndicaux à l'issue d'un conseil d'entreprise extraordinaire. Un timing serré qui se justifie par le manque de liquidités à court terme de l'entreprise, leur a-t-il été expliqué. Les discussions sur le plan social débuteront dès jeudi ou vendredi.

Concernant le nombre d'emplois touchés, tant la CNE, que le Setca ou la CGSLB se sont dit "choqués" par un tel nombre. Mais tous soulignent cependant que la direction de l'entreprise est disposée à examiner toutes les options permettant de réduire au maximum l'ampleur du plan. Sont ainsi sur la table les départs à la pension, les possibilités de prépension, la non-prolongation de contrats temporaires ou encore des départs volontaires. L'ambition est en outre de ne pas avoir de licenciements secs pour le personnel de cabine. Autant de signaux relativement positifs que relèvent les syndicats.

Le gouvernement attend "un signal clair" de Lufthansa

Les discussions en cours avec le gouvernement belge et Lufthansa restent cependant essentielles, insiste l'entreprise, qui espère une issue positive des pourparlers en cours quant à une aide d'Etat de 290 millions d'euros.

"C'est une annonce difficile pour les travailleurs et les travailleuses de Brussels Airlines ainsi que leur famille, dans un contexte où l'inquiétude est déjà omniprésente. Je recevrai les syndicats cet après-midi (mardi) en compagnie des ministres Alexander De Croo et Nathalie Muylle", a annoncé mardi la Première ministre Sophie Wilmès sur le réseau social Twitter.

Pour le ministre des Finances Alexander De Croo, "la première préoccupation du moment, ce sont les travailleurs de Brussels Airlines. La concertation sociale doit avoir toutes ses chances et le nombre de licenciements doit être contenu au maximum. Nous soutenons à cet égard les travailleurs et nous leur porterons aussi directement ce message cet après-midi lors de la rencontre entre le gouvernement fédéral et les représentants syndicaux. Les autorités fédérales veilleront à ce que toutes les procédures dans le cadre de la loi Renault soient correctement appliquées."

Selon M. de Croo, "il est nécessaire qu'un plan d'avenir crédible soit mis sur la table, prévoyant suffisamment de garanties quant au rôle que jouera Brussels Airlines après la crise. On ne veut pas d'un simple scénario de liquidation, il faut aussi qu'il y ait des investissements. Nous attendons un signal clair de la société-mère allemande (Lufthansa, ndlr)."

Les vols de Brussels Airlines sont suspendus depuis le 21 mars et au moins jusqu'au 31 mai. On ignore encore s'ils pourront reprendre début juin.

Un quart du personnel de l'entreprise, qui emploie un peu plus de 4.000 personnes, est donc touché par cette annonce. Elle va également réduire sa flotte de 30%, en se délaissant de 16 avions.Plusieurs partis politiques ont fait part de leur soutien aux travailleurs de Brussels Airlines, tout en se montrant furieux de l'attitude de la maison-mère de la compagnie aérienne, l'Allemande Lufthansa."La compagnie aérienne sollicite plus de 300 millions d'euros auprès de l'Etat belge. Dans ce contexte, l'attitude de Lufthansa est inacceptable aux yeux du MR et la réponse qu'elle apporte pour faire face à cette crise ne peut en aucun cas être définitive (...) La Lufthansa n'a pas à mettre la Belgique au pied du mur", s'est insurgé le président du MR Georges-Louis Bouchez dans un communiqué. "Cette annonce a donc vocation à être remise en cause en cas d'intervention de l'Etat", ajoute le président du parti de la Première ministre Sophie Wilmès. De son côté, le PTB rappelle que le groupe Lufthansa a réalisé un bénéfice de 2,8 milliards d'euros l'année dernière. "Ce n'est pas au personnel de Zaventem de payer aujourd'hui pour la crise. Il n'est pas question d'envisager un soutien public à une entreprise qui met un millier de personnes à la rue", réagit Raoul Hedebouw, chef de groupe à la Chambre. Le parti communiste appelle le ministre des Finances Alexander De Croo "à refuser cette logique et à garder la nationalisation comme moyen de pression et comme alternative." Du coté du PS, le chef de groupe à la Chambre Ahmed Laaouej demande que la priorité soit mise "au soutien des travailleurs et à leurs familles". "Pas de chèque en blanc à Lufthansa qui a engrangé plus de 2 milliards de bénéfices l'an dernier", a-t-il ajouté sur le réseau social Twitter. Pour le président du cdH Maxime Prévot, "un plan de reprise doit permettre une meilleure maîtrise belge de l'outil et un développement durable à long terme de l'entreprise dans l'intérêt des travailleurs et de l'économie." "Le secteur aérien doit se transformer en profondeur et l'urgence est aujourd'hui d'accompagner le personnel", écrit le député fédéral Ecolo Gilles Vanden Burre.Brussels Airlines dit devoir prendre ces mesures "substantielles et indispensables pour garantir la survie de la compagnie" face à l'impact "extrêmement négatif" de la crise du coronavirus sur ses finances et la toujours très faible demande pour des voyages en avion. Le transporteur doit réduire structurellement ses coûts à un niveau compétitif, insiste-t-il, demandant le soutien de son actionnaire Lufthansa et du gouvernement belge. La compagnie va s'attaquer à sa structure de coûts de façon structurelle et optimiser son réseau en supprimant les liaisons marginalement rentables et non rentables, ce qui se traduira par une réduction de la flotte de 30%. Brussels Airlines collaborera avec ses partenaires sociaux pour réduire le nombre de licenciements forcés à un minimum absolu, assure-t-elle, convaincue qu'avec son plan de redressement, elle sera en mesure de sauvegarder 75% de son emploi et de se développer de manière rentable dès que la demande dans le transport aérien aura retrouvé une nouvelle normalité. Ce qui n'est pas prévu, selon elle, avant 2023. Brussels Airlines souhaite aboutir à un accord sur le plan de restructuration que la compagnie aérienne a présenté mardi d'ici la fin mai, ont confié les représentants syndicaux à l'issue d'un conseil d'entreprise extraordinaire. Un timing serré qui se justifie par le manque de liquidités à court terme de l'entreprise, leur a-t-il été expliqué. Les discussions sur le plan social débuteront dès jeudi ou vendredi.Concernant le nombre d'emplois touchés, tant la CNE, que le Setca ou la CGSLB se sont dit "choqués" par un tel nombre. Mais tous soulignent cependant que la direction de l'entreprise est disposée à examiner toutes les options permettant de réduire au maximum l'ampleur du plan. Sont ainsi sur la table les départs à la pension, les possibilités de prépension, la non-prolongation de contrats temporaires ou encore des départs volontaires. L'ambition est en outre de ne pas avoir de licenciements secs pour le personnel de cabine. Autant de signaux relativement positifs que relèvent les syndicats. Les discussions en cours avec le gouvernement belge et Lufthansa restent cependant essentielles, insiste l'entreprise, qui espère une issue positive des pourparlers en cours quant à une aide d'Etat de 290 millions d'euros. "C'est une annonce difficile pour les travailleurs et les travailleuses de Brussels Airlines ainsi que leur famille, dans un contexte où l'inquiétude est déjà omniprésente. Je recevrai les syndicats cet après-midi (mardi) en compagnie des ministres Alexander De Croo et Nathalie Muylle", a annoncé mardi la Première ministre Sophie Wilmès sur le réseau social Twitter. Pour le ministre des Finances Alexander De Croo, "la première préoccupation du moment, ce sont les travailleurs de Brussels Airlines. La concertation sociale doit avoir toutes ses chances et le nombre de licenciements doit être contenu au maximum. Nous soutenons à cet égard les travailleurs et nous leur porterons aussi directement ce message cet après-midi lors de la rencontre entre le gouvernement fédéral et les représentants syndicaux. Les autorités fédérales veilleront à ce que toutes les procédures dans le cadre de la loi Renault soient correctement appliquées." Selon M. de Croo, "il est nécessaire qu'un plan d'avenir crédible soit mis sur la table, prévoyant suffisamment de garanties quant au rôle que jouera Brussels Airlines après la crise. On ne veut pas d'un simple scénario de liquidation, il faut aussi qu'il y ait des investissements. Nous attendons un signal clair de la société-mère allemande (Lufthansa, ndlr)." Les vols de Brussels Airlines sont suspendus depuis le 21 mars et au moins jusqu'au 31 mai. On ignore encore s'ils pourront reprendre début juin.