Les chiffres sont à nouveau à la hausse depuis une bonne semaine. Et cette hausse inquiète à ce point ceux qui nous gouvernent qu'ils ont avancé d'une semaine le Comité de concertation. Comme des mesures telles qu'un couvre-feu plus précoce ou la fermeture des magasins non essentiels dans les lieux où de nombreuses personnes se rassemblent sont politiquement très difficiles, ils semblent qu'ils se penchent sur les écoles.
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Les chiffres sont à nouveau à la hausse depuis une bonne semaine. Et cette hausse inquiète à ce point ceux qui nous gouvernent qu'ils ont avancé d'une semaine le Comité de concertation. Comme des mesures telles qu'un couvre-feu plus précoce ou la fermeture des magasins non essentiels dans les lieux où de nombreuses personnes se rassemblent sont politiquement très difficiles, ils semblent qu'ils se penchent sur les écoles. Un choix d'autant plus évident que la hausse du nombre d'infections semble particulièrement marquée chez les enfants et les jeunes jusqu'à 19 ans. Pour le biostatisticien Geert Molenberghs cela s'explique par le fait que l'épidémie se situe désormais dans un triangle entre l'école, le travail et la famille. Cela ne veut pas forcément dire que c'est là qu'on a forcément le plus de chance d'être infecté, après tout découvrir un cluster, où l'infection de deux personnes ou plus est détectée, est pratiquement impossible à détecter. Mais comme le précise encore Molenberghs dans De Standaard, cela donne tout de même une bonne indication. Tout comme le fait que, dans les derniers chiffres, l'école a dépassé le lieu de travail en tant que lieu où le plus grand nombre de cas d'infections ont été identifiés. " Le nombre de nouveaux clusters rapportés a fortement augmenté en Wallonie et légèrement augmenté en Flandre et à Bruxelles pour la période du 8 au 14 mars. Parmi tous les clusters actifs confirmés pour la semaine dernière, la majorité se trouve dans les écoles (37 %) et dans des lieux de travail (36 %)." C'est probablement cette constatation qui a poussé le ministre de la santé Frank Vandenbroucke (SP.A), a déclaré que les mesures actuelles dans le secteur de l'éducation ne sont pas suffisantes. Mais ce n'est là qu'un avis, voire un petit coup de pression sur les entités fédérées, car dans les faits il ne peut pas faire grand-chose: l'enseignement est en effet une compétence communautaire. Certains murmurent ainsi qu'il n'a dit cela que pour ne pas revenir lui-même sur son calendrier de déconfinement. Ce qui a fait dire à d'autre qu'on n'"allait pas sacrifier les écoles et la jeunesse à cause des ratés de la vaccination", peut-on lire dans la DH. Certains au sein du gouvernement avaient mis sur la table la possible fermeture des écoles dès ce lundi. Soit deux semaines avant les vacances de Pâques. Mais les experts et les ministres-présidents sont totalement opposés à la fermeture des écoles. Pour la ministre Désir, il est pour l'heure totalement hors de question d'envisager une quelconque fermeture des écoles, comme évoqué par certains médias jeudi. Ben Weyts a lui aussi fait savoir que "la fermeture des écoles n'est pas sur la table ". D'autres voix par contre n'y seraient pas opposées, surtout si cela permet d'épargner d'autres secteurs. En effet, pour les experts, et donc le fameux Plan B intitulé "maximal efforts to keep schools open"(efforts maximaux pour garder les écoles ouvertes), si l'on veut garder les écoles ouvertes, on doit à nouveau resserrer la vis ailleurs. Par exemple en fermant les centres commerciaux, les métiers de contact (y compris les coiffeurs) ou en rétablissant un couvre-feu généralisé à partir de 20h. Des décisions politiquement très difficiles et des belles tensions en perspectives. Pour éviter le clash, des voix médianes semblent être sur la table. Par exemple en ne reprenant que certains point du fameux Plan B. La prolongation des vacances scolaires est l'une des mesures du plan B que les experts ont élaboré à la mi-janvier pour faire face à la hausse des chiffres. Cela avait été fait en Flandre avant les vacances de carnaval, une semaine qui avait été baptisée semaine de refroidissement. Néanmoins, d'autres experts, comme Molenberghs, estime que ce n'est pas nécessaire, en état et sous réserve que la situation ne soit pas trop grave, puisque les vacances de Pâques durent déjà deux semaines. Un avis partagé par les différentes instances. Une prolongation ne devrait, normalement, pas être décidée.En Wallonie, la ministre de l'Education Caroline Désir (PS) va soumettre ce vendredi aux acteurs de l'école francophone l'idée de reporter le retour à 100% en présentiel des 3e et 4e secondaires au 19 avril prochain, soit après les vacances de Pâques, plutôt qu'au 29 mars, comme annoncé la semaine dernière. Le Premier ministre De Croo a également souligné hier à la Chambre que tout doit maintenant être fait pour que les écoles secondaires soient à nouveau complètement ouvertes le 19 avril. Une autre mesure du fameux Plan B est l'obligation de porter un masque à partir de l'âge de 10 ans à l'école, mais aussi hors de l'école. Le port du masque est déjà effectif dans les écoles flamandes en 5e et 6e primaires. En Wallonie, la ministre et les acteurs discuteront ce vendredi lors de leur réunion. Le plan B mentionne également une stratégie adaptée de dépistage et de traçage des enfants, qui était également l'un des sujets de discussion de la consultation avec les différents acteurs de l'éducation d'hier après-midi. Un autre point, et ce serait même le plus sérieusement envisagé, est une nouvelle restriction des activités parascolaires. Ainsi les activités et camps organisés avec un maximum de 25 participants de moins de 19 ans étaient l'une des mesures de flexibilité que le précédent comité de consultation avait présentées comme une perspective à partir du 1er avril si les chiffres allaient dans le bon sens. Or ils n'y vont pas et c'est donc probablement une des mesures qui pourrait sauter. Les centres de loisirs, les piscines et les activités extrascolaires pourraient donc être suspendus, excepté la garderie après l'école. Ou pour citer des exemples concrets un week-end scout ne serait pas possible, ni des stages de plus de dix enfants de moins de 12 ans.