Comme 16 autres membres de la FGTB, son président Thierry Bodson a été condamné ce mardi par le cour d'appel de Liège à un mois de prison avec sursis et au paiement d'une amende, concernant un barrage autoroutier qui avait été installé en octobre 2015 lors d'une grève, à Herstal. Une décision quiconsterne le syndicat socialiste et son leader. Selon le président de la confédération syndicale, la condamnation entrave fortement le droit de manifester. "Ici, on ne parle pas que du droit de grève, mai...

Comme 16 autres membres de la FGTB, son président Thierry Bodson a été condamné ce mardi par le cour d'appel de Liège à un mois de prison avec sursis et au paiement d'une amende, concernant un barrage autoroutier qui avait été installé en octobre 2015 lors d'une grève, à Herstal. Une décision quiconsterne le syndicat socialiste et son leader. Selon le président de la confédération syndicale, la condamnation entrave fortement le droit de manifester. "Ici, on ne parle pas que du droit de grève, mais surtout du droit de manifester ses opinions sur l'espace public. Ce qui est en train de se passer, c'est grave pour le mouvement syndical mais aussi pour les mouvements sociaux dans leur ensemble", dit-il au Vif."On nous condamne en faisant fortement évoluer la notion d'entrave méchante, soit l'article 406 du code pénal. Et d'une manière assez violente. Le fait même de bloquer la circulation est donc considéré par défaut comme une entrave méchante", souligne-t-il.Thierry Bodson évoque une problématique sans fin. "On tourne en rond", nous lâche-t-il. "Si demain, on veut que cet article 406 soit modifié, il faut influencer le rapport de force politique. Pour ce faire, il faut aller dans la rue, mais quand on y va, on risque la prison. C'est le serpent qui se mord la queue. Par rapport aux organisations syndicales, mais aussi par rapport à la démocratie dans laquelle on vit", dénonce-t-il."Ce qui est en train de se passer, ce n'est pas de la caricature, c'est vraiment grave. Si on considère au niveau politique et dans la magistrature que la démocratie évolue tous les quatre ans, on ne s'en contentera pas à la FGBT."Par ailleurs, Thierry Bodson craint que cette décision puisse en rebuter certains pour les futures actions syndicales. "Nos militants sont toujours déterminés quand un objectif est fixé. Mais il faut se rendre compte que le nombre est important dans la réussite d'une action, qu'elle soit de grève ou de manifestation. Le problème ne touche donc pas spécialement les cadres syndicaux ou les délégués, mais surtout les autres travailleurs qui souhaiteraient adhérer aux actions par sympathie. Ils risqueraient dès lors d'y réfléchir à deux fois", regrette-t-il.La FGTB a d'ores et déjà annoncé vouloir introduire l'affaire devant la cour européenne des droits de l'homme, via la cour de cassation. "La cassation est un passage obligé pour introduire l'action au niveau européen. On ira ensuite devant la cour européenne des droits de l'homme", nous confirme Thierry Bodson.