Changement de cap pour le ministre Vincent Van Peteghem. Les mesures adoptées en octobre dernier pour faire face à la hausse du prix de la facture énergétique ne sont visiblement pas suffisantes pour soulager le portefeuille des Belges. La prolongation du tarif social gaz/électricité jusqu'à fin mars 2022 et une prime de 80 euros ne font pas assez d'effet et ne concernent qu'un million de personnes. D'autres solutions doivent donc être trouvées pour soutenir un maximum de personnes, dont les classes moyennes.
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Changement de cap pour le ministre Vincent Van Peteghem. Les mesures adoptées en octobre dernier pour faire face à la hausse du prix de la facture énergétique ne sont visiblement pas suffisantes pour soulager le portefeuille des Belges. La prolongation du tarif social gaz/électricité jusqu'à fin mars 2022 et une prime de 80 euros ne font pas assez d'effet et ne concernent qu'un million de personnes. D'autres solutions doivent donc être trouvées pour soutenir un maximum de personnes, dont les classes moyennes. Le ministre des Finances vient de ressortir une idée, à laquelle il était initialement opposé. Vincent Van Peteghem s'est dit finalement favorable à la baisse du de la TVA, qui passerait de 21 à 6%. "Si cette mesure est appliquée, les gens verraient leur facture réduite de 500 euros par an. Les plus pénalisés, c'est-à-dire les personnes qui se chauffent au gaz, pourraient y gagner", indique le professeur à l'Université de Liège Damien Ernst.En se positionnant ainsi, le ministre CD&V rejoint la cause de l'opposition au fédéral, dont le PTB. Déjà en octobre 2021, le parti présidé par Raoul Hedebouw réclamait cette mesure, ainsi que plusieurs autres acteurs du secteur financier comme Bruno Colmant, économiste et professeur à l'ULB et l'UCLouvain. "J'ai toujours plaidé pour cette mesure parce qu'on est face à un problème qui est massif. C'est une baisse qui n'est pas définitive mais temporaire, le temps de surmonter le choc énergétique que nous sommes en train de vivre maintenant." Un argument partagé par Damien Ernst, qui milite depuis l'année dernière pour une intervention plus radicale de la part du gouvernement. "C'est une augmentation de l'ordre de plus de 2000 euros par an pour quelqu'un qui se chauffe au gaz. Cette augmentation est juste trop forte, il faut un interventionnisme de l'État. Et une manière de le réaliser, c'est de baisser la TVA."Pour rappel, cette baisse de TVA avait déjà été appliquée sous le gouvernement Di Rupo (2011-2014). Mais le gouvernement suivant, dirigé par Charles Michel, l'avait stoppée en raison de son coût. Pour défendre son point de vue, Vincent Van Peteghem avait également utilisé cet argument à la mi-septembre 2021. "Ça coûte cher, de l'ordre de 770 millions d'euros par an". Seulement aucune solution viable n'a été trouvée depuis, et le ministre des Finances a annoncé mercredi soir vouloir proposer cette mesure au gouvernement fédéral. Du côté de l'opposition, le PTB la remettra ce jeudi en séance plénière de la Chambre et les écologistes ont déjà indiqué que la ministre de l'Énergie Tinne Vander Straeten compte préparer des propositions.Selon le professeur de l'Université de Liège, une maison standard consommerait 3,5 mégawatts d'électricité par an et 17 mégawatts pour le chauffage au gaz. Depuis le début de la flambée du prix de l'énergie, le coût du gaz a augmenté de cent euros par mégawatt et deux euros pour l'électricité. En additionnant le tout, la facture d'énergie a augmenté de 2400 euros par an, soit deux cents euros par mois.Un calcul qui fait écho à la proposition du PS. Au micro de Bel-RTL et dans les colonnes de la Dernière Heure, le président du parti Paul Magnette a demandé qu'un chèque de 200 euros soit accordé aux ménages aux revenus moyens afin de les aider à payer leur facture énergétique. "Si ce chèque résolvait ce problème, il n'y aurait pas de problème. Il faudrait 200 euros par mois pour aider ces personnes, c'est ça l'ampleur du problème", affirme Damien Ernst. Pas de solution miracle donc, mais cette baisse de TVA de 15% pourrait visiblement aider une bonne partie de la population belge, le temps de passer à travers cette crise de l'énergie comme l'explique Bruno Colmant : "Les gens vont continuer à faire attention et économiser de l'énergie. Ce n'est pas parce que la TVA baisse que cela va changer leur comportement. Cela permet simplement d'accompagner un processus."