"Ce pays doit aller de l'avant. Les gens veulent des solutions." Mercredi soir sur la VRT, à l'avant-veille du nouveau rapport du missionnaire Egbert Lachaert au roi, Joachim Coens, président du CD&V, a enfin admis qu'il pourrait discuter avec les socialistes, libéraux et écologistes. Peut-on se permettre de dire qu'il était temps?
...

"Ce pays doit aller de l'avant. Les gens veulent des solutions." Mercredi soir sur la VRT, à l'avant-veille du nouveau rapport du missionnaire Egbert Lachaert au roi, Joachim Coens, président du CD&V, a enfin admis qu'il pourrait discuter avec les socialistes, libéraux et écologistes. Peut-on se permettre de dire qu'il était temps? Le choix n'est certes pas simple pour le CD&V de se déscotcher de Bart De Wever. Il est aussi potentiellement suicidaire pour ce parti face aux poids lourds nationalistes, N-VA et Vlaams Belang, qui vont tirer à vue depuis l'opposition. Mais le CD&V renouerait ainsi avec le sens des responsabilités qui le caractérise historiquement, jusqu'à viser le Seize. Sa quête de survie pourrait passer par ce souci de l'intérêt général.Carpe, je te baptiserai lapin, Joachim Coens a aussi rebaptisé la Vivaldi (et ses couleurs des Quatre Saisons) en Avanti pour symboliser cette envie d'aller de l'avant. Tant pis si les Belges sont déjà complètement perdus entre arc-en-ciel, Arizona, jamaïquaine, suédoise et autres... Peu importe le flacon pourvu que l'on ait enfin l'ivresse d'un gouvernement de plein exercice. En avant, en effet, vous avez assez perdu de temps en tergiversations de toutes sortes.En parlant de Avanti, les déclarations du numéro social-chrétien flamand ne représentent toutefois qu'un petit pas en avant. Il pose ses conditions à une participation et non des moindres : rigueur budgétaire, gel de la réforme de l'IVG, avancées institutionnelles avant une plus gande réforme de l'Etat en 2024, entre autres choses. Il exprime aussi son souhait de faire monter à bord le CDH, son parti-frère, même s'il se sont fortement écartés ces dernières années. Sans oublier l'envie d'obtenir le Seize pour Koen Geens. Le chemin vers un gouvernement de plein exercice reste épineux, d'autant que les tensions ne seront pas minces non plus entre.gauche et droite sur le plan socio-économique."Si l'on peut réaliser notre programme, pourquoi ne pas gouverner?", a lancé hier soir Joachim Coens. Cette avancée permettra sans doute à Egbert Lachaert de céder vendredi le témoin à des formateurs en bonne et due forme - on citait le nom de Paul Magnette (PS) et Alexander De Croo (Open VLD), mais l'appétit du CD&V fait qu'il souhaitera peut-être en être. En attendant, dans les rangs progressistes, on grimace à l'idée de voir les avancées éthiques potentiellement rangées au placard. "Ce sont à nouveau les femmes qui en paieront le prix", une "glissade de la vision des lumières vers autres choses": sera-ce le prix à payer pour un gouvernement?