Cela fait vingt-cinq ans que Ricardo Brey (1955), originaire de Cuba, vit à Gand. Récemment, le plasticien a aménagé un vaste atelier à l'arrière de la maison où, précédemment, il travaillait sous les combles. Dans ce nouveau lieu, l'ordre règne blanc sur blanc. Des colonnes de tiroirs contenant des années d'oeuvres sur ...

Cela fait vingt-cinq ans que Ricardo Brey (1955), originaire de Cuba, vit à Gand. Récemment, le plasticien a aménagé un vaste atelier à l'arrière de la maison où, précédemment, il travaillait sous les combles. Dans ce nouveau lieu, l'ordre règne blanc sur blanc. Des colonnes de tiroirs contenant des années d'oeuvres sur papier reposent sous une immense table lisse. Aucune oeuvre n'est exposée. Le long d'un mur, les étagères regorgent d'outils et d'objets glanés sur les marchés. D'habitude, Ricardo Brey crée debout selon une méthode mixte associant assemblages et dessins qui, réunis dans des boîtes précieuses, accueillent les mondes naturels et toutes les cultures. Chaque matin, dès 8 heures, il vient là. Sa journée sera longue mais apaisée, faite de lectures, de musique et de réflexions solitaires. Depuis quelque temps, sur une seconde petite table, il s'exprime à l'encre et au graphite sur de très petits formats. Le sujet : le plancton et ses krills, vers, larves, méduses et autres siphonophores. " A la suite d'une opération à la cheville, je dois garder un plâtre qui me force à travailler assis, explique l'artiste. Je mets à profit ce handicap pour prendre le temps et voyager plus encore vers les origines et l'incroyable énergie créatrice de l'univers... " Découvert par Jan Hoet, un des papes de l'art contemporain, qui l'a propulsé sur la scène internationale à l'occasion de la Documenta IX de Kassel en 1992, Ricardo Brey participait voici peu à All the World's Futures, l'exposition phare de la dernière biennale de Venise. Le M HKA d'Anvers lui a consacré une vaste rétrospective en 2015.