La nuit du 10 avril 1934, les Juges Intègres, le panneau inférieur de l'Adoration de l'Agneau mystique exposé dans la cathédrale Saint-Bavon à Gand, disparaît sans laisser de traces. Quelques mois plus tard, l'agent de change Arsène Goedertier avoue sur son lit de mort être l'auteur du vol, mais sans dévoiler la cachette du panneau. Depuis, ce vol qui passionne la Flandre entière fait l'objet des plus folles spéculations.
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La nuit du 10 avril 1934, les Juges Intègres, le panneau inférieur de l'Adoration de l'Agneau mystique exposé dans la cathédrale Saint-Bavon à Gand, disparaît sans laisser de traces. Quelques mois plus tard, l'agent de change Arsène Goedertier avoue sur son lit de mort être l'auteur du vol, mais sans dévoiler la cachette du panneau. Depuis, ce vol qui passionne la Flandre entière fait l'objet des plus folles spéculations.Interrogé par le quotidien De Standaard, Van Nieuwenhuyze suggère cette fois que le panneau des Juges Intègres git au fond d'un puits situé tout près de la cathédrale Saint-Bavon. Autour de la cathédrale D'après le guide, la nuit du vol, le panneau a été descendu dans le puits à l'aide d'une corde. Situé Achtersikkel, une petite place qui abrite le Conservatoire, le puits est accessible depuis la rue. "Je suis parti d'un propos du voleur présumé, l'agent de change de Wetteren Arsène Goedertier. Il aurait dit à sa femme qu'il chercherait le tableau 'autour de la cathédrale'", explique-t-il au quotidien De Standaard. Curieusement, c'est Reinaert de Vos, le héros de l'épopée Van den vos Reynaerde, la version en moyen néerlandais du Roman de Renart, qui a lancé Dirk Van Nieuwenhuyze sur la piste. "Quand j'ai vu sur une vieille photo une représentation de Reinaert sous la statue de la place Saint-Bavon, j'ai eu une illumination : dans l'épopée, le renard rusé avait lui aussi ridiculisé les autorités en volant le trésor et en le cachant. Dans ses lettres de rançon, le voleur fait peut-être référence à Reinaert?"Anagramme Pour son enquête, Van Nieuwenhuyze a étudié les fameuses lettres de rançon adressées à l'évêque de Gand, et particulièrement la quatorzième lettre jamais envoyée et remplie de jeux de mots cryptiques. "J'y ai découvert que les mots mystérieux et écrits à la main Nina, Arte et Re pourraient une anagramme de Reinaert et que les autres mots inexplicables Jean, Oiseau et 152 pourraient également mener à la cachette. Selon moi, Jean renvoie à la cathédrale appelée autrefois Saint-Jean et Oiseau à la statue d'aigle qui trône au milieu du Zandberg. Il faut peut-être chercher entre ces deux points", raconte-t-il. Le chiffre 152 correspond exactement au nombre de pas entre l'effigie du renard et le puits situé sur la petite place. Un élément troublant, quand on sait que Reinaert, le héros du chef-d'oeuvre flamand médiéval a caché un trésor volé dans un puits, le Kriekeputte. De plus, raconte triomphalement le détective amateur au Standaard, D.U.A, les initiales qui clôturent les lettres rédigées en français signifient "Dans Un Aqueduc". Aussi Van Nieuwenhuyze propose-t-il de demander aux pompiers d'explorer le puits pour vérifier son hypothèse. Le parquet confirme au quotidien De Standaard être informé de la nouvelle hypothèse. "Comme tous les indices sur le vol, celui-ci aussi sera sérieusement examiné."