La nuit du 10 avril 1934, les Juges Intègres, le panneau inférieur de l'Adoration de l'Agneau mystique exposé dans la cathédrale Saint-Bavon à Gand, disparaît sans laisser de traces. Quelques mois plus tard, l'agent de change Arsène Goedertier avoue sur son lit de mort être l'auteur du vol, mais sans dévoiler la cachette du panneau. Depuis, ce vol qui passionne la Flandre entière fait l'objet des plus folles spéculations.
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La nuit du 10 avril 1934, les Juges Intègres, le panneau inférieur de l'Adoration de l'Agneau mystique exposé dans la cathédrale Saint-Bavon à Gand, disparaît sans laisser de traces. Quelques mois plus tard, l'agent de change Arsène Goedertier avoue sur son lit de mort être l'auteur du vol, mais sans dévoiler la cachette du panneau. Depuis, ce vol qui passionne la Flandre entière fait l'objet des plus folles spéculations. Certains prétendent que le panneau des Juges Intègres recèlerait un indice lié à la mort du roi Albert Ier, survenue le 17 février 1934, quelques mois avant la disparition du tableau. Pour préserver le mystère, le panneau serait caché dans la crypte de Laeken, à quelques pas du tombeau du roi-chevalier. En 2014, l'historien et homme politique Paul De Ridder annonçait avec fracas que le tableau serait en possession d'une famille gantoise renommée. Convaincu à 100%"Je sais où Arsène Goedertier a caché le panneau des Juges intègres", confie à présent Marc de Bel au quotidien De Standaard. "Et non, ce ne sont pas des fadaises. Et certainement pas un coup de pub pour mon dernier livre. Mon coauteur, l'enquêteur amateur Gino Marchal a résolu le mystère après une enquête intensive. J'en suis convaincu à 100%. Si j'ai effectivement vu le panneau? Je ne veux pas répondre à cette question", ajoute-t-il.Fin mai, le bourgmestre de Gand Daniël Termont (sp.a) reçoit une lettre de Marc de Bel et Gino Marchal signée G.M.d.B. Les auteurs de la lettre prétendent savoir où se trouve le fameux tableau. Ils demandent un entretien avec le maïeur pour lui expliquer son enquête. Termont prend l'affaire au sérieux et informe le parquet. En fin de carrière, l'homme politique trouverait fantastique d'achever son mandat par la découverte des Juges Intègres.Jeudi prochain, les auteurs seront reçus par les enquêteurs gantois qui gèrent le dossier depuis des années. Ultra sceptiques, ces derniers n'auront que 24 heures pour vérifier la cachette du panneau puisque la conférence a lieu le lendemain, le vendredi 15 juin. Le livre de Marc de Bel raconte l'histoire d'un adolescent qui hérite une vieille machine à écrire de son grand-père avec laquelle le voleur a écrit ses lettres de chantage. Avec l'aide de la fille son prof d'histoire, il part à la recherche du panneau volé. "Le roman se base sur la véritable quête de l'enquêteur amateur qui a travaillé avec Marc de Bel", déclare Julie Verhaert de la maison d'édition Van Halewyck. À la fin de l'histoire, le jeune couple réussit à localiser le panneau et rejoint la réalité. "L'endroit attirera probablement quelques curieux, mais la description n'est pas assez détaillée pour dérober le panneau", conclut Verhaert.S'il est bien évidemment tentant de croire que le mystère des Juges Intègres est enfin percé, après 84 ans de rebondissements et de théories farfelues, la prudence reste de mise.