Avec l'arrivée des nouveaux variants, et en particulier le variant britannique, l'épidémie a changé de visage. Si au début de la crise, les personnes âgées et les résidents de maisons de repos étaient la "cible" privilégiée du virus, il s'attaque désormais à une population plus large, sans distinction d'âge ou d'état de santé. Les patients hospitalisés sont ainsi plus jeunes, plus gravement atteints et pas forcément marqués par une comorbidité.
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Avec l'arrivée des nouveaux variants, et en particulier le variant britannique, l'épidémie a changé de visage. Si au début de la crise, les personnes âgées et les résidents de maisons de repos étaient la "cible" privilégiée du virus, il s'attaque désormais à une population plus large, sans distinction d'âge ou d'état de santé. Les patients hospitalisés sont ainsi plus jeunes, plus gravement atteints et pas forcément marqués par une comorbidité.Les chiffres des contaminations parlent d'eux-mêmes : à l'heure actuelle, la population âgée de 10 à 19 ans présente le plus grand nombre de cas confirmés en Belgique."Les adolescents et les jeunes adultes ont les taux d'infection les plus élevés", confirmait Yves Van Laethem, porte-parole interfédéral de la lutte contre le Covid, lors de la conférence de presse du Centre de crise du 16 mars.Du côté des hôpitaux, les médecins ont, eux aussi, constaté une baisse de la moyenne d'âge des patients hospitalisés. À l'UZ Gand, notamment, la moitié des patients atteints de Covid hospitalisés en soins intensifs ont moins de 48 ans. L'un des plus jeunes aurait même 37 ans, selon Dominique Benoit, chef de service des soins intensifs. "Ces rajeunissements est un phénomène de ces dernières semaines", déclare-t-il au quotidien De Morgen.À l'hôpital AZ West de Furnes, même constat : lors de la première vague, les patients hospitalisés étaient âgés de plus de 80 et 85 ans. Aujourd'hui, il s'agit surtout des sexagénaires et des septuagénaires qui sont admis en soins intensifs.Une tendance qui se confirme dans d'autres centres hospitaliers du pays, notamment au CHC de Liège. "La moyenne d'âge des hospitalisations est un peu plus basse qu'au début de la deuxième vague", explique Philippe Devos, chef adjoint de l'unité des soins intensifs. "On n'a presque plus de patients des maisons de repos. On peut espérer que ça soit lié à la vaccination".Pour expliquer cette baisse d'âge des patients infectés et hospitalisés, deux théories : les effets positifs de la vaccination sur les populations âgées et la progression du variant britannique dans le pays, plus virulent et plus pathogène.Autre constat inquiétant : les personnes qui sont admises à l'hôpital ne présentent plus forcément de maladie préalable qui les rendrait plus vulnérables face au covid. " Nous avons vraiment des gens qui ont peu de causes sous-jacentes, ils étaient relativement en bonne santé ", confirme le professeur Dominique Benoit.À l'hôpital Jessa à Hasselt, notamment, 30% des patients admis en soins intensifs ne souffraient pas de problèmes de santé avant de contracter le covid. "Bien sûr, nous avons toujours des patients obèses qui ont des problèmes à cause du covid", témoigne au quotidien Het Laatste Nieuws le Dr Jasperina Dubois, médecin en soins intensifs. "Cependant, de plus en plus de patients peuvent arriver alors qu'ils font une taille 40 ou 42. Ils pèsent quelques kilos de trop comme la plupart des Belges, et ne souffrent pas d'hypertension artérielle ou d'un problème pulmonaire. Ce sont des gens dont on aurait pu penser qu'ils échapperaient à la maladie."Ces patients plus jeunes et en meilleure santé sont néanmoins plus gravement touchés par le virus, selon les médecins et hôpitaux. Dès leur admission à l'hôpital, les patients arrivent avec une dégradation très rapide de leur état de santé.Et pour cause : si les personnes âgées sont hospitalisées rapidement, dès l'apparition de symptômes inquiétants, les jeunes restent plus longtemps à la maison avant de se présenter à l'hôpital. "Leurs organes ont plus de réserves et camouflent les problèmes, ce qui fait qu'ils sont souvent plus malades qu'ils n'en ont l'air. Si vous mesurez ensuite leur saturation en oxygène, on remarque que leur corps est déjà en situation d'urgence. C'est pourquoi certains d'entre eux doivent aller aux soins intensifs presque immédiatement", explique le Dr Dubois au quotidien Het Laatste Nieuws.Autre explication possible, la virulence du variant britannique. "Ces jeunes patients n'ont pas reçu de cortisone à domicile, un traitement qui permet souvent au patient de rester dans un lit d'hôpital ordinaire. Mais à part cela, je commence à croire de plus en plus que le variant britannique rend vraiment les gens plus malades ", déplore le chef de département des soins intensifs covid de l'UZ Gand. "Il fallait auparavant sept jours en moyenne pour que les patients soient essoufflés, alors que maintenant ils développent plus rapidement des symptômes plus graves. " Au vu des chiffres des dernières semaines, les experts craignent une troisième vague. Une situation qui est loin d'être optimale, d'autant que ce nouveau profil type du patient covid rend les choses plus compliquées. Sans compter que nous abordons cette potentielle troisième vague avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, puisque contrairement aux deux premières vagues, plusieurs lits sont déjà occupés aux soins intensifs.