"Espérons qu'il n'y ait plus de secrets qui fassent surface", déclare un parlementaire N-VA inquiet. Il faut tourner la page noire de l'affaire Melikan Kucam le plus rapidement possible. "L'homme est condamné, tout est exposé." Cependant, le mandataire sait que c'est plus facilement dit que fait. La N-VA et l'ancien secrétaire à l'Asile et à la Migration Theo Francken risquent d'en sentir les conséquences encore longtemps.
...

"Espérons qu'il n'y ait plus de secrets qui fassent surface", déclare un parlementaire N-VA inquiet. Il faut tourner la page noire de l'affaire Melikan Kucam le plus rapidement possible. "L'homme est condamné, tout est exposé." Cependant, le mandataire sait que c'est plus facilement dit que fait. La N-VA et l'ancien secrétaire à l'Asile et à la Migration Theo Francken risquent d'en sentir les conséquences encore longtemps. Mardi dernier, le tribunal correctionnel d'Anvers a condamné l'ancien conseiller communal malinois Melikan Kucam (N-VA) à huit ans de prison, à une amende de 696.000 euros, ainsi qu'à une privation de ses droits politiques et civils pendant dix ans. L'homme était poursuivi pour trafic d'êtres humains, corruption passive et association de malfaiteurs. Melikan Kucam, qui était toujours au conseil municipal de Malines à l'époque, avait été désigné par le cabinet de l'ancien secrétaire d'État à l'Asile et à la migration Theo Francken (N-VA) pour dresser des listes de candidats à une opération humanitaire de sauvetage des chrétiens assyriens depuis les zones de guerre en Syrie et en Irak. Kucam jouissait d'une grande confiance du cabinet, il scannait les familles et déterminait qui pouvait figurer sur les listes.Le tribunal a estimé qu'il était prouvé qu'il avait abusé de cette position privilégiée pour se faire généreusement payer par ceux qui désiraient obtenir une place sur ces listes. Le prévenu savait également trop bien, selon le tribunal, qu'un certain nombre de ces candidats n'avaient jamais l'intention de demander l'asile en Belgique, ce qui était contraire aux conditions d'obtention d'un visa. Pour lui, c'était une raison de facturer des montants encore plus élevés.Le cabinet de Francken est mis hors de cause. Cependant, il n'y a pas de doutes sur la responsabilité politique de Theo Francken. Lui-même le reconnaît. S'il avait encore été secrétaire d'État, son "licenciement aurait probablement été inévitable", a déclaré Francken. Le quotidien De Standaard a pu consulter les auditions menées par les enquêteurs auprès de Francken et son ancienne collaboratrice de cabinet Lies V, tout comme les relevés écrits des conversations téléphoniques menées par l'ancien secrétaire d'État dans les heures et les jours avant et après la descente chez Kucam. Cependant, ce qui ressort de toutes les pages, écrit De Standaard, c'est le manque total de contrôle du cabinet des pratiques de Kucam. Le dossier révèle également que Francken ne considérait pas comme son boulot de vérifier les indices pourtant concrets et crédibles sur la fraude qui lui sont parvenus durant son mandat de secrétaire d'État. Les documents révèlent également que le cabinet Francken était au courant des sommes demandées par Kucam - à titre de garantie, il est vrai. Francken a porté plainte, estimant que les fuites pourraient constituer un délit. Le parquet d'Anvers enquête sur l'affaire.Au sein de la N-VA, peu de personnes souhaitent réagir, et certainement pas nommément. Un mandataire déclare que le parti a établi une stratégie interne. La N-VA est connue pour former une phalange autour de ses membres vulnérables. Tous sont conscients de la gravité de la situation. "L'écart entre les fans et les critiques de Theo s'est creusé", déclaré un ténor du parti. "Il n'y a pas d'ambiance anti-Theo, mais on lui a certainement répété de se montrer plus prudent." Francken s'en rend compte, et a fait passer le message en interne. "Sa politique volontariste tout à fait conforme à sa vision sur l'asile et la migration. Mais ici, les choses ont vraiment mal tourné", estime le ténor du parti interrogé par notre confrère de Knack.Le parti se rend bien compte que le jugement vient apporter de l'eau au moulin de ses opposants politiques. Thomas Vanwing, directeur de communication du président de l'Open VLD Egbert Lachaert, souligne la question sur Twitter. "Cet homme peut-il encore agir de manière crédible en tant que porte-parole en matière d'asile et de migration ? Le sp.a partage son avis. Des jours durant, le député Ben Segers a partagé la vidéo de campagne de la N-VA de 2014 où Kucam plaide pour une migration juste "sans échappatoires". Autorité moraleTim Vandenput (Open VLD) n'est pas tendre non plus envers l'ancien secrétaire d'État. " Theo Francken est un homme engagé et il connaît très bien le sujet. Mais je pense que la semaine dernière, il a perdu à jamais son autorité morale en matière d'asile et de migration", a décrété Vandenput à la Chambre.Un membre de la N-VA se dit dérangé par les photos de Francken et Kucam aux réceptions de Nouvel An qui circulent sur les réseaux sociaux. "Bien sûr que ça fait mal." "On verra les effets pour Theo. Mais que peut-il encore faire ? Démissionner de son poste de bourgmestre de Lubbeek ?" Avec Belga