Politiquement, la guerre du plexiglas est déclarée, à la veille de ce 8 mai où les terrasses de l'horeca vont enfin rouvrir - du moins ceux qui ont décidé de le faire. La polémique enfle, au point que de nombreux bourgmestres ont déjà annoncé qu'ils ne respecteraient pas la décision prise par le fédéral d'interdire les séparations de plexiglas entre les tables, à l'extérieur.
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Politiquement, la guerre du plexiglas est déclarée, à la veille de ce 8 mai où les terrasses de l'horeca vont enfin rouvrir - du moins ceux qui ont décidé de le faire. La polémique enfle, au point que de nombreux bourgmestres ont déjà annoncé qu'ils ne respecteraient pas la décision prise par le fédéral d'interdire les séparations de plexiglas entre les tables, à l'extérieur.Les hostilités ont été lancées ce vendredi par le vice-Premier ministre Open VLD, en charge de la Justice, Vincent Van Quickenborne. "Les plexiglass ne peuvent être utilisés, a-t-il lancé. Certainement pas en ce moment. Le risque de contamination est trop grand sur les terrasses fermées." A un jour de la réouverture des terrasses, il n'était pas clair aux yeux des tenanciers s'ils pouvaient installer ce type d'écrans. Selon le protocole adressé aux professionnels, leur recours serait permis. Le nouvel arrêté ministériel l'interdira explicitement toutefois, prévient le ministre de la Justice.Une série de bourgmestres, et non des moindres, ne décolèrent pas et annoncent qu'ils ne respecteront pas la décision. "Un jour avant la réouverture, ce n'est pas sérieux, s'indigne Bart De Wever (N-VA, Anvers). Selon lui, il est impossible pour les bourgmestres de faire respecter cette interdiction. Leader du principal parti d'opposition fédérale, le président nationaliste s'indigne aussi du fait que l'arrêté ministériel pour le 8 mai n'avait toujours pas été publié au Moniteur ce matin. A 15h53, vendredi, Annelies Verlinden (CD&V), ministre de l'Intérieur, a finalement annoncé que l'arrêté "plein air" venait d'être publié.En Flandre comme ailleurs, la fronde est ouverte. C'est la nouvelle désobéissance civile. "Nous n'allons pas nous y conformer" dans l'immédiat, a réagi Mathias De Clercq, pourtant du même parti, l'Open VLD, que le ministre de la Justice. "Annoncer cela la veille de la réouverture est incompréhensible", a tempêté Mathias De Clercq (Open Vld). "Nous allons donc laisser le temps aux tenanciers d'appliquer cette nouvelle règle." A Louvain, Mohamed Ridouani (Vooruit, parti également membre de la majorité fédérale), a annoncé qu'il suivrait la même voie. "Quel amateurisme!, s'indigne Fabien Maingain, échevin DéFI des Affaires commerciales de la Ville de Bruxelles. "Je m'interrogeais déjà pour savoir ce que le Fédéral avait fait depuis octobre pour préparer les protocoles de réouverture du secteur, je m'interroge maintenant sur leur professionnalisme à quelques heures de la réouverture de ces entreprises."Fabian Maingain ajoute: "Je réclame qu'on s'en tienne au protocole publié hier et communiqué aux exploitants en maintenant la possibilité d'utiliser des plexis et ainsi permettre une réouverture sereine et rentable pour un maximum d'acteurs du secteur."De toutes parts s'élèvent des voix pour affirmer qu'il s'agit d'un nouveau manque de respect de l'Horeca. Les représentants du secteur expriment leur inquiétude au sujet du manque de rentabilité de l'opération, a fortiori avec le plexiglas;Christophe Dister (MR), bourgmestre de La Hulpe, exprimait déjà jeudi son "ras-le-bol du manque de respect et de l'incompétence de ceux qui gèrent la crise". "Ce qui pose problème, c'est qu'on ne sait pas s'organiser, clamait-il. Et c'est comme ça depuis le début de la crise. On est toujours mis au courant après les autres ou à la dernière minute. Qui plus est, nous voulons soutenir nos établissements Horeca qui ont souffert et qui vont encore souffrir. On voudrait les aider à passer le cap, les aider avec l'infrastructure éventuelle ou à augmenter leurs terrasses. Mais sans ce protocole, comment peut-on prendre les bonnes mesures?"Désormais, c'est le protocole lui-même qui suscite la fronde.