La crise du Covid figurait tout en haut des questions d'actualité de la Chambre, ce jeudi après-midi. Et pour cause: la saturation complète menace dans les hôpitaux, le personnel soignant est à bout et les courbes poursuivent leur hausse infernale. Les mesures prises en ordre dispersée par les différents niveaux de pouvoir ont finalement été harmonisées - l'exception du couvre-feu - dans un arrêté ministériel entré en vigueur ce jeudi, mais elles sont déjà jugée insatisfaisantes. Un Comité de concertation est organisé vendredi pour, sans doute, resserrer encore la vis.

Lire aussi: Le fédéral reprend la main, avant un confinement plus large

Les interpellations des députés sont teintées d'inquiétude.

Catherine Fonck (CDH) entame: "Monsieur le Premier ministre, la situation est devenue hors de contrôle. Nous sommes arrivés là où nous n'aurions jamais dû arriver: choisir qui doit être soigné." Là où les autres pays ont décidé de reconfiner, "nous on fait quoi, on chipote". Depuis dix jours, souligne-t-elle, il y a eu sept aménagements consécutifs. "La lasagne institutionnelel crée le désordre. Où est le pilote dans l'avion? C'est vous! Vous devez reprendre la main avec des mesures fortes." Il faut aussi un renfort pour le personnel soignant et reprendre le testing, appuie-t-elle.

Sophie Rohonyi (DéFI) dénonce aussi la "cacophonie des derniers jours" due à un seul parti (la N-VA) qui refusait des mesures pour tout le territoire. "Comment voulez-vous que les Belges agissent quand les politiques ne le font pas?" des mesures drastiques ne seront prises qu'après évaluation: "Mais monsieur le Premier ministre la situation est déjà hors de contrôle. Pourquoi la France agit-elle et pas nous? Pourquoi attendre le Comité de concertation qui se réunit demain?"

Kristof Calvo (Groen) appelle à la gravité, à la solidarité et à des mesures sur tout le territoire. "Tous les gouvernements doivent être solidaires et suivre la même ligne", dit Joris Vandenbroucke (SP.A). "J'ai retenu une chose des derniers jours: le virus gagne lorsque nous sommes divisés. Qu'allez-vous faire pour mettre un terme à la cacophonie?"

"L'heure est grave, tous les voyants sont au rouge", enchaîne Hervé Rigot (PS), en regrettant les hospitalisations plus importantes qu'en mars et en avril. "C'était impensable, mais cette deuxième vague est pire que la première, avec un personnel soignant au bout du rouleau. Monsieur le Premier ministre, les appels au secours du personnel soignant se multiplient. L'émotion du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, en visitant les hôpitaux liégeois, résumait tout: il faut agir." Le PS plaide pour de nouvelles restrictions à l'issue du Comité de concertation de vendredi.

Peter De Roover (N-VA), dans l'opposition, se veut apaisant, mais plaide pour une approche plus mesurée: "Monsieur le Premier ministre, il faut faire preuve de sérénité, nous devons être des partenaires, nous sommes des alliés. Cette semaine-ci, contrairement à l'impression donnée, les mesures obtenues avec un consensus par le gouvernement flamand, ont été prises dans un arrêté ministériel, ce qui a été fait. Mais avant de prendre de nouvelles mesures, il faut s'assurer que les mesures actuelles sont repectées."

Gilles Vanden Burre (Ecolo) s'inquiète des seuils dramatiques atteints. "Derrière ces chiffres, nous sommes toutes et tous concernés. Ce virus frappe également l'ensemble de nos concitoyens. C'est tous ensemble que nous devons le combattre. Il est important d'avoir une unité de commandement au fédéral. C'est ce que vous avez fait hier et c'est ce que nous espérons pour la suite."

Raoul Hedebouw (PTB) demande que des efforts soient accomplis dans les entreprises pour faire en sorte que des travailleurs puissent respecter leur quarantaine, sans perte de pouvoir d'achat.

De Croo: "Un effort de longue haleine"

Alexander De Croo (Open VLD), Premier ministre, répond. "Les différents gouvernements ont pris des mesures" - qu'il rappelle. "C'est une bonne chose, nous nous retrouvons dans un confinement partiel. Hier, en concertation avec les ministres-présidents, nous avons coulé cela dans un arrêté ministériel." Il remercie ses collègues des Régions et Communautés qui ont permis "d'accélérer le processus décisionnel". "Les gouvernements luttent côte à côte, nous devons continuer dans cette solidarité", insiste-t-il.

Il parle d'une "unité dans la diversité" qui sera cruciale ces prochaines semaines.

La pression s'accentue sur les hôpitaux et sont préoccupants, reconnaît-il. "Derrière cela se cachent des souffrances personnelles, nous regardons les chiffres, mais c'est notre premier souci d'attention." Le taux de reproduction du virus est de 1,4, plus important que lors du pic de la première vague: "Nous devons tout faire pour qu'il diminue."

Restecter les règles ne suffira pas, estime-t-il. "Si nous voulons sortir de la période de risque, cela va demander un effort de longue haleine." Le sujet d'un confinement élargi sera donc bel et bien sur la table du Comité de concertation de vendredi, sur base des chiffres - très préoccupants - et des avis d'experts qui le réclament.

Alexander De Croo insiste sur "l'effort énorme" fournis dans les hôpitaux. Et annonce des mesures de soutien pour les soiins intensifs.

Le Premier ministre rappelle que la police interviendra pour faire respecter les règles. "Mais je compte sur le bon sens: maintenant, tout le monde comprend pourquoi il faut limiter les contacts." Il conclut: "Nous devons continuer à prendre soin les un des autres, cela reste une priorité. On doit rester vigilant à l'égard des personnes plus vulnérables. Prendre le téléphone, ce n'est pas quelque chose de dangereux."

"J'espère que l'unité dont vous parler sera effective demain, dit Catherine Fonck. Vous ne pouvez pas vous cacher!" "Le problème, c'est que le virus va plus vite que vous", dit Sophie Rohonyi (DéFi) qui appelle le Premier ministre à dépasser les égoïsmes. "Le fait de vouloir opérer dans l'unité, c'est un message clair", dit Kristof Calvo (Groen). "Nous ne pouvons pas arriver à une situation où les hôpitaux devront choisir, selon quels critères, ce serait idécent", dit Hervé Rigot. "Tous les députés ont eu droit à une réponse, sauf moi parce que la situation dans les entreprises est un tabou", regrette Raoul Hedebouw. "C'est un tabou."

La crise du Covid figurait tout en haut des questions d'actualité de la Chambre, ce jeudi après-midi. Et pour cause: la saturation complète menace dans les hôpitaux, le personnel soignant est à bout et les courbes poursuivent leur hausse infernale. Les mesures prises en ordre dispersée par les différents niveaux de pouvoir ont finalement été harmonisées - l'exception du couvre-feu - dans un arrêté ministériel entré en vigueur ce jeudi, mais elles sont déjà jugée insatisfaisantes. Un Comité de concertation est organisé vendredi pour, sans doute, resserrer encore la vis.Lire aussi: Le fédéral reprend la main, avant un confinement plus largeLes interpellations des députés sont teintées d'inquiétude.Catherine Fonck (CDH) entame: "Monsieur le Premier ministre, la situation est devenue hors de contrôle. Nous sommes arrivés là où nous n'aurions jamais dû arriver: choisir qui doit être soigné." Là où les autres pays ont décidé de reconfiner, "nous on fait quoi, on chipote". Depuis dix jours, souligne-t-elle, il y a eu sept aménagements consécutifs. "La lasagne institutionnelel crée le désordre. Où est le pilote dans l'avion? C'est vous! Vous devez reprendre la main avec des mesures fortes." Il faut aussi un renfort pour le personnel soignant et reprendre le testing, appuie-t-elle.Sophie Rohonyi (DéFI) dénonce aussi la "cacophonie des derniers jours" due à un seul parti (la N-VA) qui refusait des mesures pour tout le territoire. "Comment voulez-vous que les Belges agissent quand les politiques ne le font pas?" des mesures drastiques ne seront prises qu'après évaluation: "Mais monsieur le Premier ministre la situation est déjà hors de contrôle. Pourquoi la France agit-elle et pas nous? Pourquoi attendre le Comité de concertation qui se réunit demain?"Kristof Calvo (Groen) appelle à la gravité, à la solidarité et à des mesures sur tout le territoire. "Tous les gouvernements doivent être solidaires et suivre la même ligne", dit Joris Vandenbroucke (SP.A). "J'ai retenu une chose des derniers jours: le virus gagne lorsque nous sommes divisés. Qu'allez-vous faire pour mettre un terme à la cacophonie?""L'heure est grave, tous les voyants sont au rouge", enchaîne Hervé Rigot (PS), en regrettant les hospitalisations plus importantes qu'en mars et en avril. "C'était impensable, mais cette deuxième vague est pire que la première, avec un personnel soignant au bout du rouleau. Monsieur le Premier ministre, les appels au secours du personnel soignant se multiplient. L'émotion du ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, en visitant les hôpitaux liégeois, résumait tout: il faut agir." Le PS plaide pour de nouvelles restrictions à l'issue du Comité de concertation de vendredi.Peter De Roover (N-VA), dans l'opposition, se veut apaisant, mais plaide pour une approche plus mesurée: "Monsieur le Premier ministre, il faut faire preuve de sérénité, nous devons être des partenaires, nous sommes des alliés. Cette semaine-ci, contrairement à l'impression donnée, les mesures obtenues avec un consensus par le gouvernement flamand, ont été prises dans un arrêté ministériel, ce qui a été fait. Mais avant de prendre de nouvelles mesures, il faut s'assurer que les mesures actuelles sont repectées."Gilles Vanden Burre (Ecolo) s'inquiète des seuils dramatiques atteints. "Derrière ces chiffres, nous sommes toutes et tous concernés. Ce virus frappe également l'ensemble de nos concitoyens. C'est tous ensemble que nous devons le combattre. Il est important d'avoir une unité de commandement au fédéral. C'est ce que vous avez fait hier et c'est ce que nous espérons pour la suite."Raoul Hedebouw (PTB) demande que des efforts soient accomplis dans les entreprises pour faire en sorte que des travailleurs puissent respecter leur quarantaine, sans perte de pouvoir d'achat.Alexander De Croo (Open VLD), Premier ministre, répond. "Les différents gouvernements ont pris des mesures" - qu'il rappelle. "C'est une bonne chose, nous nous retrouvons dans un confinement partiel. Hier, en concertation avec les ministres-présidents, nous avons coulé cela dans un arrêté ministériel." Il remercie ses collègues des Régions et Communautés qui ont permis "d'accélérer le processus décisionnel". "Les gouvernements luttent côte à côte, nous devons continuer dans cette solidarité", insiste-t-il.Il parle d'une "unité dans la diversité" qui sera cruciale ces prochaines semaines.La pression s'accentue sur les hôpitaux et sont préoccupants, reconnaît-il. "Derrière cela se cachent des souffrances personnelles, nous regardons les chiffres, mais c'est notre premier souci d'attention." Le taux de reproduction du virus est de 1,4, plus important que lors du pic de la première vague: "Nous devons tout faire pour qu'il diminue."Restecter les règles ne suffira pas, estime-t-il. "Si nous voulons sortir de la période de risque, cela va demander un effort de longue haleine." Le sujet d'un confinement élargi sera donc bel et bien sur la table du Comité de concertation de vendredi, sur base des chiffres - très préoccupants - et des avis d'experts qui le réclament.Alexander De Croo insiste sur "l'effort énorme" fournis dans les hôpitaux. Et annonce des mesures de soutien pour les soiins intensifs.Le Premier ministre rappelle que la police interviendra pour faire respecter les règles. "Mais je compte sur le bon sens: maintenant, tout le monde comprend pourquoi il faut limiter les contacts." Il conclut: "Nous devons continuer à prendre soin les un des autres, cela reste une priorité. On doit rester vigilant à l'égard des personnes plus vulnérables. Prendre le téléphone, ce n'est pas quelque chose de dangereux.""J'espère que l'unité dont vous parler sera effective demain, dit Catherine Fonck. Vous ne pouvez pas vous cacher!" "Le problème, c'est que le virus va plus vite que vous", dit Sophie Rohonyi (DéFi) qui appelle le Premier ministre à dépasser les égoïsmes. "Le fait de vouloir opérer dans l'unité, c'est un message clair", dit Kristof Calvo (Groen). "Nous ne pouvons pas arriver à une situation où les hôpitaux devront choisir, selon quels critères, ce serait idécent", dit Hervé Rigot. "Tous les députés ont eu droit à une réponse, sauf moi parce que la situation dans les entreprises est un tabou", regrette Raoul Hedebouw. "C'est un tabou."