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A peine 5% d' »hommes au foyer » en Belgique

Environ 300.000 Belges de moins de 65 ans étaient « femme ou homme au foyer » en 2020, contre encore plus d’un million en 1986, selon une étude de l’Institut pour un développement durable (IDD) publiée mercredi.

Un grand nombre d’entre eux étaient mobilisés par la garde d’enfants ou de personnes dépendantes. A 95%, il s’agissait de femmes. Tous âges confondus, ils et elles étaient 350.000 à ne pas ou plus avoir de lien avec le marché du travail.

L’analyse, qui s’appuie principalement sur les données de l’Enquête sur les forces de travail réalisée par Statbel, s’est concentrée sur les moins de 65 ans, notamment dans la perspective d’alimenter le débat sur le taux d’emploi des 20-64 ans.

Le nombre de femmes et hommes dans cette catégorie de la population à être au foyer a considérablement baissé depuis 1986, passant d’un peu plus de 1.000.000 à un peu moins de 300.000 en 2020, note l’IDD. En pourcentage de la population correspondante, on est passé d’un peu moins de 18% à l’époque à un peu plus de 4% l’an dernier.

En un peu moins de 35 ans, la structure par âge de la population des femmes/hommes au foyer est restée plus ou moins stable: +/- 45% de 50-64 ans, +/-35% de 35-49 ans et +/- 20% de 20-34 ans.

Bruxelles concentre une part des femmes/hommes au foyer largement supérieure à sa part dans la population globale, relève encore l’IDD. C’est en particulier le cas pour les 20-34 ans: la capitale concentre 29% des femmes/hommes au foyer alors que sa part dans la population totale correspondante est de 13%.

A noter encore que 39% des femmes/hommes au foyer ont déjà exercé un emploi dans le passé et que, dans 81% des cas, le dernier job remonte à trois ans au moins et que la quasi-totalité (99%) des femmes/hommes au foyer n’ont pas cherché un emploi au cours du mois précédent l’enquête.

Plus de huit femmes/hommes au foyer sur dix (86%) ne cherchent pas ou ne souhaitent pas un emploi pour des motifs personnels ou familiaux, dont 35% avancent comme raison la garde d’enfants ou de personnes dépendantes. Quelque 82% des sondés dans ce cas de figure (soit 84.000 personnes) disent d’ailleurs vouloir prendre en charge eux-mêmes cet accueil.

Cette population constitue-t-elle dès lors une ressource de main-d’oeuvre (à côté d’autres) pour contribuer à atteindre un taux d’emploi de 80%? « Difficile de répondre sur la base des seules données de l’Enquête sur les forces de travail mais on notera quand même le grand nombre de personnes mobilisées par la garde d’enfants ou de personnes dépendantes », répond l’IDD. Selon qui, il est probable que plus de structures d’accueil pour enfants et plus de services d’aides pour les personnes dépendantes permettraient de libérer des énergies pour le marché du travail.

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