Le gouvernement entend imposer aux entreprises des modèles zéro carbone. Exit, donc, les voitures de société hybrides classiques ou rechargeables (plug-in), qui combinent les atouts de l'électrique en ville et l'autonomie sur route. Filip Rylant (Traxio) le regrette et interroge : "Quelles solutions seront proposées aux représentants et autres conducteurs qui doivent parcourir chaque jour pour leur société de longues distances, ou pour les infirmières et autres prestataires de soins à domicile qui font d'incessants trajets...

Le gouvernement entend imposer aux entreprises des modèles zéro carbone. Exit, donc, les voitures de société hybrides classiques ou rechargeables (plug-in), qui combinent les atouts de l'électrique en ville et l'autonomie sur route. Filip Rylant (Traxio) le regrette et interroge : "Quelles solutions seront proposées aux représentants et autres conducteurs qui doivent parcourir chaque jour pour leur société de longues distances, ou pour les infirmières et autres prestataires de soins à domicile qui font d'incessants trajets quotidiens et n'auront pas la possibilité de recharger la batterie entre deux rendez-vous ?" L'organisation Touring déplore, elle aussi, la mise à l'écart des modèles hybrides, qui limite l'éventail de motorisations autorisées. En revanche, InterEnvironnement s'en félicite : "Le niveau réel des émissions de CO2 des voitures hybrides rechargeables est bien plus élevé que celui annoncé par les constructeurs, signale Pierre Courbe (InterEnvironnement Wallonie). Qu'elles soient plug-in ou sans prise, les hybrides sont de fausses bonnes solutions environnementales." Les nouveaux hybrides rechargeables émettent, en moyenne, 2,5 fois plus de CO2 que les valeurs de test officielles, selon l'organisation Transport & Environnement. Ils seraient presque aussi polluants que les hybrides sans prise : 28 tonnes de CO2 émises par un plug-in hybrid tout au long de sa "vie" (y compris les émissions liées à la production d'électricité ou de carburant), pour 33 tonnes par un hybride classique, 39 par un moteur essence, 41 par un diesel et 3,8 par un 100 % électrique. > Voiture: quelle motorisation choisir?Les modèles plug-in hybrid surconsomment de l'énergie en raison du poids plus élevé du véhicule pour cause d'hybridation. Et ils sont le plus souvent ou même exclusivement utilisés en mode thermique. "Ces conducteurs ne prennent pas la peine de recharger la batterie, reconnaît Joost Kaesemans (Febiac). Même pour les petits trajets en semaine, ils n'utilisent pas la puissance du moteur électrique." La plupart des voitures de société hybrides rechargeables sont des modèles haut de gamme. Les entreprises les ont intégrées dans leur flotte pour bénéficier d'une déduction fiscale attractive. "L'intérêt pour ces motorisations est stimulé par l'aspect financier, pas par des préoccupations environnementales", admet Joost Kaesemans. L'administration belge pénalise désormais les modèles considérés comme de "faux hybrides" : les plus émetteurs de CO2 et ceux dont la batterie est trop petite. Néanmoins, bon nombre de voitures plug-in hybrid restent fiscalement avantageuses (déductibles à près de 100 %).