Cinq îles préservées de la présence humaine révèlent leurs secrets

05/05/15 à 11:26 - Mise à jour à 13:31

Source: Le Vif

Elles s'appellent Europa, Bassas da India, Juan de Nova, Glorieuses et Tromelin et entourent l'île de Madagascar dans l'océan Indien. Ces îles préservées sont en train de livrer leurs secrets aux scientifiques.

Cinq îles préservées de la présence humaine révèlent leurs secrets

Juan de Nova © Capture d'écran Google Maps

Ces îles confettis n'ont jamais été habitées par l'homme, car elles n'ont pas de source d'eau douce. Ce qui en fait des sanctuaires où la vie primitive a été préservée, rapporte Sciences et Avenir. Une aubaine pour les scientifiques qui tentent d'"étudier les changements globaux affectant la planète et observer les dynamiques des écosystèmes hors de toute intervention humaine directe", expliquait, en 2014, à Sciences et Avenir Marc Troussellier, directeur de recherche au CNRS.

Voici ce que ces îles, regroupées sous le nom d'îles Éparses, révèlent aujourd'hui aux scientifiques.

Un "pont" entre l'Afrique et Magadascar

Des lémuriens.

Des lémuriens. © iStock

Les GPS placés sur les îles Europa et San Juan ont permis d'étudier la ride de Davie, une chaine de montagnes sous-marine de 1500 mètres. Ces deux îles sont en effet situées de part et d'autre du massif. Cela a permis d'étudier les mouvements locaux de la croûte terrestre. Selon les scientifiques, la ride s'affaisserait depuis plusieurs dizaines de millions d'années. Ce qui signifie qu'à une époque, cette chaine pouvait relier Madagascar et le continent africain. Les scientifiques affirment même que ce "pont" aurait servi de passage aux lémuriens pour coloniser Madagascar.

Prédire l'arrivée d'un cyclone

Des enregistrements du bruit de fond microsismique marin ont permis de prédire l'arrivée de cyclone à 1000 kilomètres de distance, grâce à la sensibilité des instruments de mesure qui avaient été placés sur les cinq îles pour étudier la croûte terrestre.

Entraide entre les coraux

Cinq îles préservées de la présence humaine révèlent leurs secrets

© iStock

Les coraux de la zone des îles Éparses sont protégés depuis 1975. C'est-à-dire que tout prélèvement de corail y est interdit. Les scientifiques ont découvert que ces zones protégées fournissaient également des larves aux zones voisines abimées. Mais la faible biodiversité de ces récifs protégés témoigne également de l'influence néfaste des récifs détériorés. Selon les scientifiques, l'éloignement de ces îles ne suffit pas à les protéger.

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Des bactéries vierges

À Juan de Nova, une équipe de chercheurs a prélevé des bactéries presque vierges de toute influence humaine (polluant chimique, résidu antibiotique et déjections). D'autres prélèvements ont également été faits à Mayotte à titre de comparaison. Les premiers résultats montrent que les micro-organismes sont très sensibles à la présence de nutriments, certaines îles s'étant révélées être très pauvres en phosphate et nitrate.

Des populations d'oiseaux décimées

Les îles Éparses sont un havre de paix pour les oiseaux marins et une zone propice à la reproduction. Leur population a été étudiée, car elle est un bon indicateur de la chaine alimentaire locale. Le nombre d'oiseaux marins étant corrélé avec le nombre de poissons disponibles.

En 2003, sur San de Juan, vivaient 1.9 million de couples d'hirondelles de mer (sternes fuligineuses). Dix ans plus tard, ils étaient quatre fois moins. Les scientifiques peinent à donner une explication, même si selon eux "El Nino" y serait pour quelque chose.

Le cas particulier des frégates

Une frégate.

Une frégate. © iStock

D'autres scientifiques se sont intéressés aux frégates, ces oiseaux marins qui se nourrissent en grande majorité de poissons volants, mais qui ne touchent jamais la mer. Ainsi, elles partent parfois plusieurs jours à la recherche de nourriture. Pour les étudier, les scientifiques ont placé sur certains oiseaux des accéléromètres et des systèmes de mesure d'activité cardiaque. Ce que les chercheurs ont découvert est surprenant : pour se reposer les oiseaux se mettent face au vent durant la nuit, à 1500 mètres d'altitude, pour pouvoir dormir les ailes déployées et le coeur à l'arrêt.

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