Six raisons pour lesquelles les super-bactéries seront pires que le sida

12/05/15 à 11:10 - Mise à jour à 11:10

Source: Knack

Selon l'Organisation mondiale de la santé, le monde se trouve devant une crise d'un genre nouveau. Les bactéries sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques. De quoi faire craindre le pire.

Six raisons pour lesquelles les super-bactéries seront pires que le sida

© Reuters

Il ne s'agit pas ici d'un scénario catastrophe pour un futur lointain. L'échec des antibiotiques est déjà une réalité selon l'OMS. "De simples infections ou de petites plaies qui étaient auparavant traitées avec des antibiotiques peuvent à nouveau être mortelles" selon Keji Fukuda, assistant-directeur de l'organisation. Pour lui, il est primordial que le monde apprenne à se comporter différemment avec les antibiotiques. "Nous devons trouver une autre manière de prévenir les infections et en parallèle changer notre façon d'utiliser les antibiotiques. Cela demande du temps et de la recherche, mais si nous ne le faisons pas les conséquences vont être désastreuses." L'OMS prévient que cette crise de l'antibiotique pourrait se révéler encore plus grave que la crise du sida dans les années 80. Voici pourquoi.

1) Aucune protection

Éviter d'être contaminé par le sida est possible en se protégeant lors des rapports sexuels. Éviter d'être contaminé par une super-bactérie veut dire que l'on doit éviter de se blesser, d'avoir une infection urinaire, d'être en maison de repos ou à l'hôpital, de se casser une jambe , d'avoir la grippe ou encore la diarrhée, des griffes ou même une micro-blessure.

2) Le nombre de cas explose

En 2012, ils y avaient 2 millions de personnes qui étaient infectées par une bactérie résistante aux antibiotiques et 2,3 millions de personnes qui étaient infectées par le sida. Les nouveaux cas de SIDA ont baissé de 30% depuis 2001. Alors qu'à titre de comparaison, entre 2005 et 2012, le nombre de tuberculoses qui résistent aux antibiotiques a augmenté de 650 % en Afrique.

3) Pour l'instant, il n'y a pas de vraie solution

Il y a peu de moyens financiers pour chercher une solution. Ce qui fait que la recherche pour de nouveaux médicaments s'est fortement ralentie. Entre 1980 et 1984, la US Food and Drug Administration a validé 20 nouveaux antibiotiques. Entre 2005 et 2009, seulement trois. Pourquoi ? Parce que créer un nouveau médicament coute des centaines de millions d'euros. Et que les antibiotiques rapportent peu. Lorsqu'un médecin prescrit un antibiotique, on ne doit prendre le traitement que quelques semaines. Ils ne peuvent donc concurrencer les médicaments que l'on doit prendre toute sa vie, comme c'est le cas pour le sida.

4) Les gens n'ont pas encore assez peur

Les gens ont peur du cancer et du sida. Les infections ne suscitent pas, encore, autant de craintes.

5) Sensibilisé la population risque d'aggraver le problème

À l'inverse du SIDA, une campagne de sensibilisation pourrait encore aggraver le problème. En insistant auprès des médecins pour qu'ils prescrivent moins d'antibiotiques, les industries pharmaceutiques risquent de perdre le peu d'intérêt qu'il leur restait pour créer de nouveaux antibiotiques.

6) Éviter les hôpitaux

Les super-bactéries prolifèrent dans les mêmes endroits que là où on les combat: les hôpitaux. Des personnes avec de plus faibles défenses immunitaires y rentrent en contact avec des porteurs potentiels de telles bactéries que sont les médecins, les infirmières et le personnel nettoyant. Certains experts pensent même que ces super-bactéries pourront détruire notre système de santé.

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