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Le Benelux uni pour lutter contre la surconsommation animale d’antibiotiques

Le Vif

Les pays du Benelux ayant le même type d’élevage et les trois marchés étant très enchevêtrés, l’Union Benelux a inscrit comme priorité dans son plan annuel 2014 le renforcement de la collaboration transfrontalière en matière de lutte contre la résistance aux antibiotiques chez les animaux destinés à l’alimentation. Pour présenter et poser la première pierre du projet, un symposium sur le sujet rassemblait jeudi politiques, scientifiques, producteurs et consommateurs au salon agricole Agribex, à Brussels Expo.

« Une concertation entre les trois pays a lieu depuis plus de 40 ans quant à la lutte contre la surconsommation d’antibiotiques dans les élevages », précise Nick Van Haver, du Secrétariat général de l’Union Benelux. « Mais cela reste un sérieux problème pour la sécurité alimentaire. Nous souhaitons donc intensifier cette collaboration, mettre en place un échange d’information sur les manières d’atteindre les objectifs nationaux fixés par l’Union Européenne. Les trois pays pourront s’inspirer les uns des autres et réfléchir ensemble ».

Si des normes existent pour éviter l’apparition de germes résistants aux antibiotiques, le bilan est loin d’être parfait en Belgique, selon Laurette Onkelinx. « En médecine vétérinaire (…), les données fournies au niveau européen par l’ESVAC (The European Surveillance of Veterinary Antimicrobial Consumption) indiquent encore une consommation trop élevée par rapport aux autres états membres avec une même type d’élevage », indique-t-elle. Les Pays-Bas, entre autres, sont bien plus avancés que la Belgique dans la limitation de la consommation d’antibiotiques chez les animaux.

Si les campagnes d’information ont fait baisser l’usage de ces médicaments chez les citoyens, le même effet n’a pas pu être observé du côté des vétérinaires, note-t-elle.

« En Belgique, encore très récemment, une publication de Test-Achats a démontré la présence de germes résistants dans 73% des filets de poulets », explique la ministre. Parmi les pistes à mettre en place pour contrer le phénomène, elle pointe l’investissement dans la recherche scientifique d’alternatives (vaccins, etc) et l’élimination de l’usage d’antibiotiques en guise de traitement préventif. Le fait que le salaire des vétérinaires soit « si fortement dépendant de la vente de médicaments » est également lancé dans le débat.

Les antibiotiques, utilisés pour combattre des bactéries présentes dans l’organisme, ont la particularité de favoriser en cas d’usage excessif le développement de souches résistantes à leurs effets. Le secrétaire général de l’Union Benelux, Jan van Laarhoven, espère que la discussion transfrontalière et l’échange de bonnes pratiques permettent d’atteindre un consensus quant à la meilleure manière de réduire l’utilisation des antibiotiques dans les élevages, tout en tenant compte des spécificités de chacun sur le terrain.

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