De Block n'a "pas d'argent" pour les victimes de contamination par transfusion sanguine

20/10/16 à 09:32 - Mise à jour à 09:32

Source: Belga

La ministre de la Santé publique Maggie De Block "n'a provisoirement pas de moyens financiers pour indemniser les victimes de transfusion avec du sang contaminé", a fait savoir jeudi son cabinet.

De Block n'a "pas d'argent" pour les victimes de contamination par transfusion sanguine

© Getty Images/iStockphoto

La ministre réagit ainsi à la proposition du Centre fédéral d'expertise des soins de santé (KCE) de confier au Fonds des accidents médicaux (FAM) la mission d'indemniser de manière forfaitaire les victimes contaminées dans les années 80 par les virus de l'hépatite C et du sida à la suite d'une transfusion sanguine.

En Belgique, les centres de transfusion sanguine vérifient seulement depuis 1985 l'absence de virus HIV dans le sang et depuis 1990 pour l'hépatite C. Avant cela, au moins 41 personnes ont été contaminées par le sida et 1.243 par l'hépatite C lors d'une transfusion sanguine, selon les données du KCE.

Comme, à l'époque, ces virus étaient à peine découverts et qu'il n'existait pas de tests permettant de les identifier, il n'était pas possible sur le plan juridique de désigner des responsables. Depuis lors, des lois ont été adoptées pour éviter que ce genre de situation ne se répète mais elles ne sont pas applicables aux faits antérieurs à leur entrée en vigueur. A la demande de la ministre Maggie De Block, le KCE a imaginé une solution pour les victimes des années 1980.

L'institution propose que le Fonds des accidents médicaux accorde 20.000 euros aux victimes directes et entre 10.000 et 5.000 euros aux victimes secondaires, ce qui représenterait un budget de maximum 67 millions d'euros, à répartir sur 15 ans. "Nous avons prévu une solution pour ces personnes dans l'accord de gouvernement. Nous voulons la mettre en oeuvre mais, pour le moment, nous ne disposons pas des moyens financiers nécessaires", a réagi le cabinet de Mme De Block. En cause, les économies dans les soins de santé et la sécurité sociale décidées dans le cadre du contrôle budgétaire. L'indemnisation aura lieu "dès que les moyens seront disponibles", assure la porte-parole de la ministre, sans avancer de date.

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