Pussy Riot: "Ce système pénitentiaire forme une mentalité d'esclave"

23/01/13 à 15:57 - Mise à jour à 15:57

Source: Le Vif

(Belga) L'une des deux jeunes membres du groupe russe Pussy Riot condamnées à deux ans de camp s'insurge contre les conditions de détention et la "mentalité d'esclaves" qui domine en détention, dans un entretien publié mercredi.

Pussy Riot: "Ce système pénitentiaire forme une mentalité d'esclave"

Dans un entretien avec une journaliste du journal d'opposition Novaïa Gazeta, Maria Alekhina, 24 ans, dénonce "des violations des droits de l'homme omniprésentes" dans la colonie n°28, où elle est détenue depuis fin octobre. "La chose la plus dure est de réaliser comment marche ce système, comment il forme une mentalité d'esclave chez les gens et comment ils s'y résignent", a déclaré Maria Alekhina. "Ignorance, lâcheté, trahison, dénonciations sont une règle de conduite." "Les droits de l'homme y sont violés partout: pour les conditions de vie, le niveau de salaire, l'attitude des employés envers les détenus ordinaires (pas envers moi) qu'ils tutoient le plus souvent", a dit la jeune femme. L'autre membre emprisonnée des Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova, 23 ans, détenue dans un autre camp en Mordovie (500 km à l'est de Moscou), se plaint moins, de son côté. "Je suis une ascète", explique cette ancienne étudiante en philosophie, qui passe désormais ses journées à coudre des blousons pour l'armée. Trois membres des Pussy Riot ont été condamnées en août à deux ans de camp pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse" après avoir chanté dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou une "prière punk" demandant à la Sainte Vierge de chasser du pouvoir le président russe Vladimir Poutine. La troisième, Ekaterina Samoutsevitch, a bénéficié d'une libération anticipée en octobre. (NATALIA KOLESNIKOVA)

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