USA: la randonnée mortelle d'un chauffeur Uber

22/02/16 à 18:20 - Mise à jour à 18:20

Source: Afp

Près de 48 heures après sa mortelle randonnée, les enquêteurs tentaient de comprendre les motivation du chauffeur Uber au casier judiciaire vierge qui a semé la mort dans un coin tranquille du Michigan, abattant 6 personnes et en blessant plusieurs autres.

USA: la randonnée mortelle d'un chauffeur Uber

Jason Brian Dalton © AFP

Jason Brian Dalton, 45 ans, qui travaillait en indépendant pour le service de réservation de voitures avec chauffeur, devait comparaître devant un tribunal lundi après-midi, a expliqué Jeff Getting, le procureur du comté de Kalamazoo, où a eu lieu la série de trois fusillades.

Les enquêteurs continuent de rassembler tous les éléments qui pourraient mener à une rapide inculpation du père de deux enfants dont les motivations restent troubles, explique le procureur.

"Je m'attends à ce que de cette revue (des éléments) découlent six chefs d'accusation de meurtre, deux chefs d'accusation d'agression avec l'intention de commettre un meurtre et huit chefs d'accusation (...) d'utilisation d'une arme à feu pendant un crime", a-t-il détaillé.

Pour les chefs d'accusations de meurtre, Jason Brian Dalton risque une peine de prison à vie, sans possibilité de faire appel, précise le procureur sur la chaîne CNN.

Samedi en fin d'après-midi à Kalamazoo, petite ville de 76.000 âmes du nord des Etats-Unis, il a tué six personnes dans des fusillades lors desquelles il semblait, selon les autorités, avoir choisi ses victimes au hasard.

Des faits d'autant plus troublants que, reconnaît le procureur Getting, "il n'avait aucun passif criminel". "Il n'y avait rien qui aurait pu le placer sur le radar de la police", déplore-t-il.

Cheveux mi-long poivre et sel, moustache et fine barbe, M. Dalton s'est rendu sans opposer de résistance à la police lors d'une contrôle routier à la sortie d'un parking vers 00H40 dimanche (05H40 GMT), soit plus de six heures après les premiers tirs.

Dans le véhicule de l'homme qui semble avoir agi seul, les enquêteurs ont saisi son téléphone et espèrent pouvoir l'exploiter, ainsi que d'"autres preuves", pour reconstituer le parcours exact du tireur, qui possédait une arme semi-automatique.

"Monsieur tout-le-monde"

Les enquêteurs ont tout mis en oeuvre "pour qu'il comparaisse aujourd'hui", à 13h30 (18H30 GMT), a expliqué le chef de la sécurité publique de la ville, Jeffrey Hadley, reconnaissant que les raisons de ces actes demeurent une zone d'ombre.

"Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas pour l'instant et nous travaillons activement à chercher des réponses (...) et une motivation".

L'enquête se penchera également sur "l'aspect Uber" du crime, ainsi que toute autre information sur "ses activités des dernières heures et des derniers jours", précise-t-il.

Uber, par l'intermédiaire de son responsable de la sécurité, a rapidement après la fusillade expliqué avoir "contacté la police afin de faire tout notre possible pour l'aider dans son enquête", affirmant que le groupe américain avait vérifié les antécédents judiciaires de Jason Brian Dalton avant qu'il ne rejoigne son service.

"Ce gars n'avait aucun antécédent criminel. C'était monsieur tout-le-monde. Ce qui s'est passé ne pouvait pas être anticipé", a encore regretté M. Hadley.

Le suspect aurait d'abord ouvert le feu à 18H00 locale sur le parking d'un lotissement dans le nord-est de Kalamazoo, tirant à plusieurs reprises sur une femme accompagnée de ses trois enfants. Grièvement blessée, sa vie n'était pas en danger, les enfants n'ayant eux pas été touchés.

Peu après 22H00, il tire sur le parking d'un concessionnaire automobile dans le sud-ouest de la ville, tuant deux hommes, dont un âgé de 18 ans.

Entre 10 et 15 minutes plus tard, affirmait le procureur dimanche, une autre fusillade éclate sur le parking d'un restaurant non loin de là, tuant quatre femmes.

Les fusillades sont quasi-quotidiennes aux Etats-Unis. Le site gunviolencearchive.org, qui fait référence, en a dénombré 330 ayant tué ou blessé au moins quatre personnes en 2015.

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