Un "guet-apens" contre Sarkozy?

01/03/12 à 23:10 - Mise à jour à 23:10

Source: Le Vif

En déplacement dans le Pays basque, Nicolas Sarkozy a été accueilli ce jeudi par des huées et des sifflets dans le centre-ville de Bayonne. L'UMP a accusé le PS d'avoir organisé des "manifestations de rue" avec des "indépendantistes basques".

Un "guet-apens" contre Sarkozy?

© Reuters

La polémique enfle après l'accueil agité de Nicolas Sarkozy par des opposants à Bayonne. Ce jeudi soir, le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dénoncé "un guet-apens" après les huées à l'encontre de Nicolas Sarkozy dans les rues de la ville. "J'exprime mon indignation devant le guet-apens qui a été monté contre Nicolas Sarkozy et cette conjonction entre des indépendantistes basques, dont on sait souvent les excès voire la violence, et des militants socialistes qui brandissaient le programme de François Hollande. Donc c'était signé d'une certaine manière", a estimé le maire de Bordeaux.

La première à avoir lancé une offensive contre le PS a été Nathalie Kosciusko-Morizet, porte-parole du candidat Sarkozy. "Il semble que le PS ait organisé à Bayonne des manifestations de rue contre Nicolas Sarkozy et qu'il n'ait pas hésité à s'associer à des indépendantistes basques à cette occasion". Pour Jean-François Copé, "certains militants socialistes ont franchi les limites de l'acceptable". Le secrétaire général de l'UMP a exigé que François Hollande "condamne avec la plus grande fermeté" l'incident. François Fillon a enfoncé le clou un peu plus tard: "chaque candidat se grandirait à condamner ces dérives inacceptables". "La démocratie ça n'est pas la violence et les insultes" mais "le respect des autres", a-t-il ajouté.

Sarkozy attaque Hollande et "l'épuration"

Nicolas Sarkozy, lui, a lancé devant des journalistes: "Hollande a annoncé l'épuration s'il était élu, de tous les magistrats, de tous les fonctionnaires et de tous les ambassadeurs qui ne pensaient pas comme lui, alors forcément, ça échauffe les esprits des gens de la base". Le 19 février, son rival socialiste l'avait accusé d'avoir mis en place "un État UMP, "un système" dans la police et la justice, en avertissant que les hauts fonctionnaires, "liés à ce système auront forcément à laisser la place à d'autres" s'il était élu à l'Elysée. L'UMP avait aussitôt dénoncé une "chasse aux sorcières". Un peu plus tôt, le président-candidat s'était dit "désolé de voir que des militants socialistes de M. Hollande s'associent à des indépendantistes dans des manifestations de violence pour terroriser les braves gens qui n'avaient qu'une seule envie: venir me rencontrer et parler avec moi".

Pour le PS, ces "accusations n'ont pas de sens"

François Hollande a réagi lors d'un meeting à Lyon en déclarant qu'il fallait dans cette campagne "ne jamais céder à la polémique inutile, à la violence verbale et encore moins à la violence physique". Delphine Batho, l'une des porte-parole du candidat PS a affirmé que le parti "ne cautionnait aucun incident" et demandé que l'équipe de Nicolas Sarkozy "ne cherche pas à cacher son désarroi en manipulant la réalité". Pour elle, les accusations de Nathalie Kosciusko-Morizet n'ont "pas de sens". "Nous ne cautionnons aucun incident. Nous avons toujours condamné toute forme de violence ou même de chahut", a-t-elle ajouté. "La déclaration de la porte-parole de Nicolas Sarkozy n'a pas le moindre fondement. C'est une déclaration par laquelle elle se décrédibilise. Nous souhaitons que l'équipe de Nicolas Sarkozy ne cherche pas à cacher son désarroi en manipulant la réalité de ce qui s'est produit", a-t-elle ajouté. "Nous avons toujours rappelé que la démocratie, c'est le respect", a insisté Delphine Batho.

"Sarko président des riches!"

Les dizaines de jeunes opposants ont accueilli le président-candidat à sa descente de voiture, aux cris de "Sarko président des riches!", "Sarkozy dégage!", couvrant largement les "Sarkozy président" de partisans du chef de l'État, en moins grand nombre.

LeVif.be avec L'Express

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