Un ancien pilier du régime Kadhafi arrêté en Mauritanie

18/03/12 à 19:51 - Mise à jour à 19:51

Source: Le Vif

Abdallah al-Senoussi, ex-chef des services de renseignement libyens, est accusé par la Cour pénale internationale de crimes contre l'humanité, par la France de participation à l'attentat du vol UTA 772, par Tripoli de détournements de fonds.

Un ancien pilier du régime Kadhafi arrêté en Mauritanie

© Capture d'écran Youtube

La Cour pénale internationale (CPI), la France et la Libye ont demandé l'extradition du colonel libyen Abdallah al-Senoussi, ex-chef des renseignements de Mouammar Kadhafi, accusé de multiples crimes et arrêté à Nouakchott, où il continuait d'être entendu ce dimanche par la police mauritanienne.

La Mauritanie a reçu de la CPI et de la France deux demandes en ce sens. Interpol a ensuite relayé la demande libyenne d'arrestation pour extrader cet ancien pilier du régime de Kadhafi.

Interpol a envoyé à ses 190 pays membres une demande d'arrestation pour extradition, à la requête de Tripoli. Cette demande vise différentes fraudes, dont "le détournement de fonds publics et l'abus de pouvoir pour un bénéfice personnel".

Elle s'ajoute à une précédente demande visant le colonel, émise à la requête de la CPI pour "crimes contre l'humanité".

Tripoli avait annoncé samedi avoir demandé à la Mauritanie l'extradition d'al-Senoussi, arrêté dans la nuit de vendredi à samedi à l'aéroport de Nouakchott à son arrivée de Casablanca (Maroc) par vol régulier, avec un faux passeport malien.

Selon le responsable mauritanien de la sécurité, "la Libye ne s'est pas encore manifestée", mais Nouakchott attend "la visite d'une délégation du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir à Tripoli) à une date non encore précisée".

La CPI a émis un mandat d'arrêt à l'encontre de l'ancien beau-frère de Kadhafi le 27 juin 2011, l'accusant d'avoir commis "des meurtres et des persécutions de civils constitutifs de crimes contre l'humanité" dès le début de la révolte anti-Kadhafi à la mi-février 2001.

Paris rappelle qu'al-Senoussi fait "l'objet d'un mandat d'arrêt international à la suite de sa condamnation par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité dans l'affaire de l'attentat du 19 septembre 1989 contre le vol UTA 772, qui avait coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français" en s'écrasant au Niger.

La Libye, selon son ministre de la Justice, est capable de lui offrir un procès équitable pour les crimes dont il est accusé dans son pays. "Nos tribunaux sont très bons, particulièrement à Tripoli et nous sommes à même de le juger conformément aux normes internationales", a assuré Ali Hmida Achour.

Amnesty International a toutefois dit en douter et a souhaité que le ressortissant libyen soit remis à la CPI.

La Mauritanie ne compte pas parmi les 120 pays parties à la CPI. Ce n'est pas forcément rédhibitoire. Le mandat d'arrêt de la CPI résulte d'une résolution du 26 février 2011 du Conseil de sécurité de l'ONU qui, elle, s'applique à la Mauritanie.

Levif.be, avec Lexpress.fr

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