Turquie: deux dirigeants d'un journal inculpés et écroués pour "tentative de coup d'Etat"

03/11/15 à 15:06 - Mise à jour à 15:12

Source: Afp

Un tribunal d'Istanbul a inculpé et écroué mardi deux responsables du magazine d'opposition Nokta qui avait critiqué la victoire du président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan aux législatives de dimanche, a-t-on appris auprès du journal.

Turquie: deux dirigeants d'un journal inculpés et écroués pour "tentative de coup d'Etat"

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, après sa rencontre avec Charles Michel et Didier Reynders à Val Duchesse. © BELGA/Nicolas Maeterlinck

"Le rédacteur en chef Cevheri Güven et son directeur de la publication Murat Çapan ont été inculpés et écroués pour tentative de coup d'Etat", a précisé à l'AFP un journaliste de Nokta.

Ces deux journalistes avaient été arrêtés par la police à Istanbul lundi après que le dernier numéro du magazine avait présenté en "une" le triomphe du Parti de la justice et du développement (AKP) comme "le début de la guerre civile en Turquie".

Le succès de l'AKP, qui a retrouvé au parlement la majorité absolue qu'il avait perdue il y a cinq mois, a alimenté les craintes des rivaux du chef de l'Etat, qui redoutent qu'il n'en profite pour renforcer son pouvoir sur le pays.

La semaine dernière, la police avait pris de force le contrôle de deux chaînes de télévision de la holding Koza-Ipek, proches de l'opposition, en application d'une décision de mise sous tutelle judiciaire.

Depuis, 58 journalistes de ce groupe ont été licenciés, a rapporté la presse locale.

Le gouvernement islamo-conservateur turc est régulièrement épinglé par les ONG de défense de la liberté de la presse, qui lui reprochent ses pressions sur les médias.

Lundi, les Etats-Unis ont déploré les "pressions" et les "intimidations" visant les médias durant la campagne, tandis que les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont pour leur part reproché au régime turc des "interventions dans l'autonomie éditoriale des médias".

Le vice-Premier ministre turc Yalçin Akdogan a fermement rejeté ces critiques mardi.

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