Tunis: 22 morts, dont 20 touristes, dans l'attaque du musée du Bardo

18/03/15 à 14:10 - Mise à jour à 21:46

Source: Belga

Les deux assaillants armés ont été tués lors d'une opération spéciale menée par les forces de l'ordre après l'attaque du musée national du Bardo à Tunis qui a fait 22 morts dont 20 touristes et 42 blessés dont des Belges. Cette attaque est la première à viser des étrangers depuis la révolution tunisienne.

Tunis: 22 morts, dont 20 touristes, dans l'attaque du musée du Bardo

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(cet article est mis à jour régulièrement)

Le bilan revu à 22 morts dont 20 touristes et 42 blessés, dont des Belges

Vingt deux personnes dont 20 touristes ont été tuées lors de l'attaque du musée du Bardo mercredi à Tunis, a indiqué à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui.

"Il y a 22 morts dont 20 touristes sud-africains, français, polonais et italiens", a indiqué le porte-parole sans préciser le nombre de morts par nationalités. Selon lui, 42 personnes ont été blessées, parmi lesquels figurent des Belges. Leur nombre n'a cependant pas été précisé. Un assaut de la police a mis fin à l'attaque menée par les deux hommes armés contre le musée du Bardo.

Les victimes seraient de nationalités polonaise, italienne, allemande et espagnole. Les deux victimes tunisiennes sont un policier et un civil.

Le Premier ministre a indiqué que les assaillants, vêtus selon lui d'uniformes militaires, avaient ouvert le feu sur les touristes alors que ces derniers descendaient de leurs bus puis les avaient pourchassés à l'intérieur. Il n'a pas évoqué de tentative de prise d'otages.

Par ailleurs, le ministre de la Santé Saïd Aïdi a indiqué à la presse que 38 personnes avaient été blessées, notamment des ressortissants de France, d'Afrique du Sud, de Pologne, d'Italie et du Japon.

Selon la télévision nationale, deux assaillants ont aussi été tués. La même source a indiqué que l'opération de police était terminée et que l'évacuation des touristes du musée était finie.

Deux ou trois complices possibles recherchés

Le Premier ministre tunisien Habib Essid a indiqué mercredi que la police recherchait deux ou trois personnes susceptibles d'avoir été les complices des deux auteurs de l'attaque contre le musée du Bardo de Tunis.

"Il y a une possibilité, mais il n'y a pas de certitude, (les deux assaillants tués) pourraient avoir été appuyés par deux ou trois éléments et nous sommes en train de mener de larges opérations de recherches pour identifier ces deux ou trois terroristes qui ont peut-être participé à l'opération", a-t-il déclaré dans un discours diffusé par la télévision nationale.

La majorité des touristes évacués

Selon le porte-parole du ministère tunisien, une centaine de touristes se trouvaient dans le musée lorsque l'attaque s'est produite et "la majorité des touristes ont été évacués".

Un peu plus tôt dans la journée, des photos qui semblent avoir été prises à l'intérieur du musée ont été publiées sur Twitter, elles montrent des touristes assis contre un mur, dans l'attente.

"Il y a une prise d'otages, sans aucun doute des touristes touchés, tués", a indiqué de son côté, en début d'après-midi, Manuel Valls lors d'une conférence de presse à Bruxelles, ajoutant que cette "attaque terroriste (...) illustre cruellement les menaces auxquelles nous sommes tous confrontés en Europe, en Méditerranée, dans le monde". Le Premier ministre français Manuel Valls condamne "avec la plus grande fermeté" l'attaque contre le musée national.

Le musée est mitoyen du Parlement tunisien où les travaux des commissions parlementaires ont été suspendus après les tirs. Les députés ont reçu l'ordre de se rassembler dans le hall de l'assemblée, a dit à l'AFP Monia Brahim, élue du parti islamiste Ennahda.

Sayida Ounissi, députée tunisienne, parle de panique:

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi, va s'adresser aux Tunisiens dans la journée, a indiqué à l'AFP le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui. Le Premier ministre Habib Essid s'est de son côté réuni avec les ministres de l'Intérieur et de la Défense.

Mouvance djihadiste armée

La Tunisie fait face depuis la révolution de janvier 2011 à l'essor d'une mouvance djihadiste armée. Une soixantaine de policiers et militaires ont été tués dans des heurts armés notamment près de la frontière algérienne où un groupe armé lié à Al-Qaïda est actif.

Dans ce contexte, les Affaires étrangères belges ont affirmé qu'elles se pencheraient sur le conseil aux voyageurs concernant la Tunisie, mais l'avis publié en février dernier reste actuellement valable. "Une vigilance accrue est recommandée dans le contexte de l'intervention de la coalition internationale contre Daech", peut-on lire sur le site de la diplomatie.

Depuis la révolution de janvier 2011, qui a chassé du pouvoir le président Zine El Abidine Ben Ali, la Tunisie a vu émerger une mouvance djihadiste responsable de la mort de dizaines de policiers et de militaires, selon les autorités.

Liée au réseau Al-Qaïda, la Phalange Okba Ibn Nafaâ est considérée comme le principal groupe djihadiste de Tunisie, actif dans la région du mont Chaambi, à la frontière avec l'Algérie.

De 2.000 à 3.000 Tunisiens combattraient par ailleurs dans les rangs des djihadistes à l'étranger, en Syrie, en Irak et en Libye. Cinq cents autres djihadistes tunisiens sont pour leur part rentrés au pays, selon la police, et sont considérés comme une des plus grandes menaces pour la sécurité du pays.

Le musée du Bardo, mitoyen du Parlement à Tunis

Le musée du Bardo abrite une exceptionnelle collection de mosaïques dans un bâtiment mitoyen du Parlement à Tunis. La richesse de ses collections, qui couvrent la Préhistoire et les époques phénicienne, punique, numide, romaine, chrétienne et arabo-islamique, est unique. Installé dans un palais beylical du XIXe siècle, le musée accueille des centaines de milliers de visiteurs chaque année, le pic ayant été atteint en 2005 avec 600.000 personnes. En 2011, année de la révolution, seules 100.000 personnes l'avaient visité.

La Tunisie va tout faire pour empêcher de nouvelles attaques

Après les événements de ce mercredi, la Tunisie va tout faire pour empêcher de nouvelles attaques, a déclaré à l'AFP le président Béji Caïd Essebsi.

"Les autorités ont pris toutes les mesures pour que de telles choses n'arrivent plus", a-t-il dit après avoir rendu visite aux blessés à l'hôpital Charles-Nicolle de Tunis.

"J'espère qu'avec les moyens dont nous disposerons nous deviendrons plus performants (...). Toutes les autorités sont averties et j'espère qu'un tel désastre n'arrivera plus", a déclaré M. Caïd Essebsi après ce "crime horrible".

Le chef de l'Etat a souligné que ce défi était le même pour toute la région. Evoquant la descente dans le chaos de la Libye voisine où le groupe Etat islamique est actif, M. Caïd Essebsi a dit: "Nous nous attendions à ce qu'il y a une action d'un degré élevé" en Tunisie aussi.

Enfin, le président tunisien a dit avoir assuré les blessés de "notre soutien, de notre sympathie et nos regrets qu'une telle chose soit arrivée".

Thomas Cook et Jetair n'ont pas connaissance de la présence de Belges à Tunis

Les tour-opérateurs Thomas Cook et Jetair ont affirmé mercredi ne pas avoir connaissance de la présence de touristes belges dans la capitale tunisienne, où une attaque a été menée par des hommes armés dans le musée Bardo, faisant 19 morts.

Jetair n'effectue pas de vols vers Tunis. Quelque 1.200 touristes belges se trouveraient en Tunisie, principalement dans les villes côtières de Djerba et Enfidha, selon le tour-opérateur.

Tunis ne fait pas partie non plus des destinations de Thomas Cook. Un porte-parole du tour-opérateur a ajouté que "théoriquement" aucun touriste d'origine belge ne devrait se trouver à Tunis. "Aucune excursion n'a été planifiée aujourd'hui, mais il est toujours possible que certains (touristes) se soient rendus par leur propres moyens à Tunis."

Charles Michel dénonce un acte "odieux" et "écoeurant"

Le Premier ministre Charles Michel a condamné mercredi l'attentat commis au musée national Bardo, qualifiant cet acte terroriste d'"odieux", d'"écoeurant".

"Je souhaite exprimer mes condoléances et ma sympathie pour les familles des victimes et dire aussi toute ma solidarité avec les autorités tunisiennes" confrontée à un tel attentat, a-t-il affirmé à la presse à l'issue d'une rencontre à Bruxelles avec son homologue français Manuel Valls.

Les deux hommes ont notamment discuté lors de cette première rencontre de la lutte contre le terrorisme à la fois dans les limites des deux pays mais également à l'étranger et des moyens de renforcer la coopération et le combat contre le radicalisme.

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